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Ferdinand the Bull (Ferdinand le Taureau) (1938)

Résumé Il était une fois, sous le chaud soleil de l'Espagne, un petit taureau qui s'appelait Ferdinand... Analyse Ferdinand ...


Résumé
Il était une fois, sous le chaud soleil de l'Espagne, un petit taureau qui s'appelait Ferdinand...

Analyse
Ferdinand the Bull est, à l'origine, une adaptation du livre pour enfants écrit par Munro Leaf et illustré par Robert Lawson, The Story of Ferdinand sorti deux ans plus tôt en 1936. Ferdinand est un taureau bien différent de l'image que l'on peut s'en faire, c'est un animal gentil qui rechigne à se battre depuis qu'il est tout petit, préférant de loin respirer le parfum des fleurs. Les années passant, Ferdinand devient adulte et déteste toujours autant la violence. Mais quand vient le jour où les amateurs de corrida recherchent un taureau pour l'arène, Ferdinand est, malgré lui, sélectionné pour affronter le plus combatif des toréadors...

En octobre 1937, Disney acheta les droits pour l'adaptation de l'histoire de Munro Leaf, ce qui lui permit d'en faire un court métrage d'animation. Comparé au livre original, peu d'éléments ont été modifiés dans le film, mis à part sans doute quelques petits clins d’œils ajoutés par les artistes ; la scène du défilé des toreros est ainsi prétexte à caricaturer les animateurs des studios, le matador étant calqué sur Walt Disney et le personnage du serviteur, imaginé l'animateur principal de la séquence, Ward Kimball. D'autres animateurs, Bill Tytla, Fred Moore, Art Babbitt, Hamilton Luske, ou Jack Campbell ont aussi leur personnage équivalent dans l'histoire.

La corrida, thème déjà abordé auparavant dans El Terrible Toreador (1929), fait ici à nouveau l'objet d'un autre court métrage, Ferdinand the Bull, mais cette fois-ci vu à travers l’œil du taureau. Alors que dans El Terrible Toreador, ce dernier était montré comme un figurant du spectacle, c'est ici le toréador qui se trouve prit au piège, face à un taureau refusant de l'affronter en duel par simple dégoût de la violence.

L'autre message sous-jacent porté par le court métrage est, paradoxalement, le combat du plus faible contre le plus fort, ou plus précisément le refus de se plier au conformisme comme l'analyse S. Watts : "Des films comme The Ugly Duckling (1931), Three Blind Mouseketeers (1936) et Ferdinand the Bull mettaient en scène des personnages marginalisés qui allaient contre le système, surmontaient leur ostracisme et enfin finissaient par triompher des inégalités. Dans ces films, l'outsider gagne toujours"

En 1939, Ferdinand the Bull remporte l'oscar du meilleur court métrage face à trois autres cartoons de Disney, dont le Mickey The Brave Little Tailor et le Donald Good Scouts. Ferdinand the Bull a sans conteste un temps d'avance sur la concurrence, comparé à ce que réalisaient MGM ou Warner Bros. alors ; l'animation est d'un haut niveau avec juste ce qu'il faut d'humour et d'action, et l'histoire possède une (sinon plusieurs) morale simple, mais toujours pleine de bon sens : restez vous-même et vous aurez une vie heureuse.

Ferdinand the Bull devait ainsi initialement être commercialisé sous le label "Silly Symphonies", dont la série était toujours en production, mais sortira en fin de compte en tant que court métrage "spécial" pour des raisons restées inconnues ; peut-être Disney avait-il l'intention de mettre fin définitivement aux Silly Symphonies et, considérant qu'il valait mieux s'inspirer d'histoires plus récentes pour ses films, lancer une nouvelle série animée sous un autre nom ?

Considéré à tort comme le premier "non-officiel" - c'est en réalité The Hot Chocolate Soldiers (1934) qui occupe ce titre -, Ferdinand the Bull n'en reste pas moins un film à la fois touchant, par le personnage de Ferdinand, et folklorique, reprenant le thème des corridas. A la suite du succès du court métrage de Disney réalisé par Dick Richard, le livre de Munro Leaf connaîtra lui aussi la renommée, récompensé par un prix littéraire en 1938 et traduit dans de nombreuses langues à travers le monde.

Forts de l'engouement autour de Ferdinand the Bull, les animateurs recycleront plusieurs séquences pour d'autres productions comme Stop That Tank (1942), un court métrage de propagande où le matador prend le visage d'Adolf Hitler, ou encore For Whom the Bulls Toil (1953) avec Dingo.

Note
4/5
Ferdinand the Bull se laisse regarder avec amusement de bout en bout ; le personnage principal, Ferdinand, y est non seulement très attendrissant mais c'est aussi sans doute un des personnages les plus amusants jamais créé dans les courts métrages d'animation.

Détails
Date de sortie : 25 novembre 1938 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Autre(s) date(s) :
5 octobre 1938 : dépôt de copyright
24 novembre au 7 décembre 1938 : première à New York au Radio City Music Hall
4 au 10 janvier 1939 : première à Los Angeles au Grauman's Chinese Theatre et Loew's State

Réalisation :
Dick Rickard
Ford Beebe (assistant réalisateur)

Direction artistique :
Ken Anderson

Directeur de production :
David Hand

Animation :
Art Babbitt
Milt Kahl
Hamilton Luske
Bob Stokes
John Bradbury
Stan Quackenbush
Jack Campbell
Ward Kimball
Don Lusk
Marc Davis ?
Ken Anderson (layout)
Thor Putnam (layout)
Gordon Legg (générique)

Scénario :
George Stallings (d'après l'histoire de Munro Leaf et Robert Lawson)

Musique originale :
Albert Hay Malotte
Larry Morey
"Ferdinand The Bull"

Voix originales :
Milt Kahl (Ferdinand)
Don Wilson (narrateur)
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