tresorsdisney
Chargement...

Jack Hannah : "30 ans après, les rires retentissent toujours autant"

Jack Hannah (1913-1994) fut associé en tant qu'animateur ou réalisateur à la plupart des courts métrages de divertissement des studios D...


Jack Hannah (1913-1994) fut associé en tant qu'animateur ou réalisateur à la plupart des courts métrages de divertissement des studios Disney, connus comme de vrais chefs d'oeuvre de l'animation. On lui doit, entre autres, une centaine de petits films de Donald, Tic et Tac ou encore l'ours Humphrey, la plupart réalisés dans les années 1940 et 1950, en plus de quelques participations pour la télévision. Dans cette version inédite en français d'une interview réalisée par l'historien de l'animation Jim Korkis, Jack Hannah nous en dit plus sur quelques courts métrages qu'il a réalisé en particulier No Hunting (1955),  Double Dribble (1946) et Dude Duck (1951).

Jim Korkis : No Hunting (1955) semble être un court-métrage de la série Donald assez différent de ce que l’on pouvait voir auparavant.
Jack Hannah : J’ai récemment projeté ce court-métrage à l’une de mes classes de la CalArts et leurs réactions étaient assez positives. Trente ans après, les rires retentissent toujours autant. Les gens ne changent pas vraiment vous savez, et la bonne comédie de base ne semble jamais changer également. J’avais l’habitude d’aller chasser avec mon père dans mon enfance, et ce court-métrage était une caricature de ces chasseurs et pêcheurs. Ils sont vraiment comme çà. C’est aussi dangereux pour eux que pour le gibier qu'ils chassent. On m’avait également dit que le jour de l’ouverture de la chasse, on entendait plus de coups de fusils qu’on ne voyait de cerfs. Cela montre à quel point ce court-métrage est hors du temps, parce qu’ils y sont vraiment parodiés. Ils agissent toujours comme çà.

Mes étudiants ont particulièrement aimé le gag lorsque les déchets descendent la rivière. Je suis resté fidèle à ce que la maman de Bambi disait : « Les hommes sont dans la forêt. Allons nous-en ».

Il y avait une sorte de sentiment étrange dans le court métrage qui fait que Donald n'était pas réellement lui-même, ce qui explique pourquoi il ne parle pas. La chasse ne signifie pas grand-chose pour lui mais c’est l’esprit de son grand-père qui sort du tableau, entre dans sa peau et qui maintenant fait de lui un monstre. Il est possédé, en quelque sorte. C’est pour cela qu’il ne parle pas. Donald n’est simplement pas lui-même. Je n’ai jamais pensé que ce film serait un de mes meilleurs courts métrages, mais après l'avoir vu récemment j’ai changé d’avis.


Plusieurs fois, quand nous avons eu besoin de voix additionnelles pour des personnages secondaires, nous avons trouvé des personnes au sein même de notre équipe. Milt Shaeffer était un scénariste aux studios Disney. Nous avons utilisé sa voix quand l’huissier dit "Two down front" lorsque les chasseurs tentent de trouver un endroit où dormir dans le campement. Je ne pense pas qu’il ait été crédité pour cela, mais je sais qu’il a quand même travaillé dessus.

En parlant de ce court-métrage, j’ai également prêté ma voix de nombreuses fois. Souvenez-vous quand l’esprit du grand-père avait des cornes sur la tête et que l’élan est en bas du trou avec lui, l’élan dit alors : "Hmmm, you’re a cute one". C’est ma voix. L’animateur qui a travaillé sur cette séquence, John Sibley, a adoré la manière dont je l’ai fait, donc nous l’avons enregistré comme tel. Dans plusieurs de mes courts métrages, je faisais ce genre de choses, quelques petites répliques.

J.K : Il semble qu'il y avait blague entre les animateurs dans l’un de vos courts métrages Dingo, Double Dribble (1946). Les joueurs de basket se nomment Kinney, Berg, Loundsder, Hannah, Sibley, etc.
J.H : Oui, les scénaristes avaient imaginé cette blague entre nous. Evidemment, le public n’a pas trouvé çà particulièrement drôle parce qu’ils ne connaissaient pas les noms des artistes ayant travaillé sur le court métrage. Cela a sûrement été fait pour dissiper l’ennui d’écrire une histoire. D’ailleurs, nous avons pensé à Dick Kinney, qui était le petit frère de Jack Kinney et travaillait dans le story department à l’époque. Mais je n’arrive pas à me rappeler des autres blagues de ce genre. Nous ne nous sommes pas donnés tant de mal pour les incorporer dans le film, cela convenait très bien à l’histoire. Je veux dire par là que vous êtes obligés de donner des noms à vos personnages, Kinney était tout aussi bien que John ou Brown. Si Walt avait eu quelques objections, je peux vous dire qu’il nous l’aurait fait savoir, mais ce ne fût pas le cas. Nous n’avons pas ajouté d’oreilles sur les personnages pour que les gens puissent voir qu’il ne s’agissait que de personnages gaffeurs et non pas de Dingo lui-même. Naturellement, j’étais très content d’animer un autre personnage après voir dessiné Donald pendant la majeure partie de ma carrière.

J.K : Avez-vous déjà utilisé la rotoscopie dans l’un de vos courts métrages ?
J.H : Oui, une fois. Vous voyez les filles dans Dude Duck (1951) ? Bill Justice a animé ces filles en utilisant la rotoscopie juste pour le guider. On avait une scène préconçue, on a filmé les filles quand elles sortent du bus et s’avancent vers la caméra (...) Le problème avec la rotoscopie, c’est que vous pouvez être très déçu si on peut reconnaître que la scène a été faite grâce à la rotoscopie. Beaucoup de personnes ont du mal avec cette technique.

Traduction par Laura

Références


In His Own Words: Jack Hannah Remembers Some Disney Shorts
author image

Créateur du site, animateur des réseaux sociaux, rédacteur Articles

@twitter


Accueil item