TRÉSORS DISNEY

Tous les courts métrages, créateurs et raretés des studios Disney : secrets de productions, projets avortés de courts métrages, documents originaux...




Frank Churchill : la biographie

Sans lui, il n'y aurait pas eu "Who's Afraid of the Big Bad Wold ?" (Qui a peur du grand méchant loup ?), ni même "Heigh-Ho" ou encore "Un jour mon prince viendra" de Blanche Neige et les Sept Nains (1937).

Franck Churchill (au centre), aux côtés de Walt Disney (à gauche) et de Johnny Cannon (à droite)
Frank Churchill est né le 20 octobre 1901 à Rumford, dans le Maine aux États Unis. A 4 ans, il part s'installer avec sa famille en Californie. En musicien instinctif, inspiré par la musique classique et par le compositeur Franz Schubert, Frank commence sa carrière tout en bas de l'échelle comme pianiste à Ventura en Californie où il fait l'accompagnement des films muets dans un petit théâtre local. A la demande de ses parents, il commence des études à l'Université de Californie mais abandonne vite l'école pour se lancer dans la musique.
Il ère quelques années entre l'Arizona et le Mexique, avant de rejoindre Hollywood en 1924 où il signe un contrat comme accompagnateur et soliste pour la station de radio KNX. Plus tard, il enregistre pour la célèbre compagnie RKO Radio Pictures où son talent est vite remarqué par Disney. En décembre 1930, il rejoint les studios Disney où il compose les musiques des Silly Symphonies et de quelques Mickey Mouse. Au total, quelques 65 participations pour les courts métrages, comme Whoopee Party (1932) ou Camping Out (1934). Parmi les musiques qu'il compose, il y a "Who's Afraid of the Big Bad Wold ? pour The Three Little Pigs (Les Trois Petits Cochons, 1933) qui devient très populaire auprès du public, à tel point que la musique devient un hymne contre la crise économique de 1929 aux États Unis. En effet, plus de 39,000 exemplaires de la partitions sont venus en seulement trois jours !

Fort de ce succès retentissant, Frank Churchill est amené à travailler avec Larry Morey sur la musique du premier long métrage d'animation de Disney, Blanche Neige et les Sept Nains (1937). Aux studios, ses collègues le décrivent comme un homme calme et réservé. Son inspiration musicale, il la prend dans la simplicité des personnages et de l'histoire. Après le succès de Blanche Neige et les Sept Nains, Churchill est élevé au rang de superviseur au département musique des studios et contribue à la réalisation du film The Reluctant Dragon (Le dragon récalcitrant) en 1942, aux côtés de l'humoriste Robert Benchley. En 1941, Churchill et Oliver Wallace reçoivent un Academy Award pour leur travail sur la musique de Dumbo, dont "Baby Mine". Churchill participe aussi à la composition de la musique de Bambi, mais il ne verra malheureusement pas la sortie du film et décède à la suite d'un suicide le 14 mai 1942 en Californie, à seulement 41 ans. En 2001, près de 60 ans après, le compositeur reçoit à titre posthume le titre de Disney Legends, spécialité musique.

Citations originales ...
"On dirait qu'elle est sur tous les disques... et pratiquement tous les orchestres du pays la joue." - Frank Churchill, à propos du succès de Who's Afraid of the Big Bad Wold ?
"Franck Churchill était avant tout un pianiste accompli. Il pouvait avoir une variété infinie de titres dans son répertoire (...) La musique de Frank était mélodieuse et simple, on pouvait facilement la siffler ou même la fredonner. Je pense que Leigh Harline avait une éducation musicale plus large que Frank, et sa musique semblait très différente." - Wilfred Jackson, animateur et réalisateur aux studios Disney

Ses participations chez Disney
- comme compositeur :
1931 : Mother Goose Melodies (Les Chansons de la mère l'oie)
1931 : The China Plate (L'Assiette de porcelaine)
1931 : The Busy Beavers (En plein boulot)
1931 : The Cat's Nightmare
1931 : Egyptian Melodies (Mélodies égyptiennes)
1931 : The Clock Store
1932 : Flowers and Trees (Des arbres et des fleurs)
1932 : Bugs in Love
1932 : Santa's Workshop (L'Atelier du Père Noël)
1933 : Ye Olden Days (Mickey au Moyen Âge)
1933 : The Three Little Pigs (Les Trois Petits Cochons)  
1933 : Mickey's Gala Premier
1933 : Old King Cole (Le Vieux Roi Cole)
1933 : Lullaby Land (Au pays de la berceuse)
1933 : Puppy Love (Le Premier Amour)
1933 : The Steeple Chase
1934 : Shanghaied (Marin malgré lui)
1934 : Playful Pluto (Pluto jongleur)
1934 : Funny Little Bunnies (Les Petits Lapins joyeux)
1934 : The Big Bad Wolf (Le Grand Méchant Loup)
1934 : Gulliver Mickey (Mickey Gulliver)
1934 : The Flying Mouse (La Souris volante)
1934 : Orphan's Benefit (Le Gala des Orphelins)
1934 : The Dognapper (Un enlèvement de chien)
1935 : The Tortoise and the Hare (Le Lièvre et la Tortue)
1935 : Mickey's Man Friday (Robinson Mickey)
1935 : The Golden Touch (Le Roi Midas)
1935 : The Robber Kitten (Le Petit Chat voleur)
1935 : Pluto's Judgement Day (Le Jour du jugement de Pluto)
1935 : On Ice (Mickey patine)
1935 : Three Orphan Kittens (Trois petits orphelins)
1936 : Thru the Mirror (De l'autre côté du Miroir)
1936 : Toby Tortoise Returns (Le Retour de Toby la tortue)
1936 : Donald and Pluto (Donald et Pluto)
1936 : More Kittens
1939 : The Practical Pig (Le Cochon pratique)
1940 : Bone Trouble (Pluto a des envies)
1941 : Seven Wise Dwarfs (Les Sept Nains Avisés)
1942 : Sky Trooper (Donald Parachutiste)

Références
GOLDMARK (Daniel), TAILOR (Yuval), The Cartoon Music Book
HISHAK (Thomas S.), ROBINSON (Mark A.), The Disney Song Encyclopedia

Mickey's Nephews (projets avortés) (1938)

Résumé
Devant des orphelins, Mickey joue le rôle du Père Nöel...

Analyse
Dans cet épisode, Mickey fait connaissance avec ses neveux, véritables petits diablotins à l'image de Riri, Fifi et Loulou qui avaient fait leur apparition dans Donald's Nephews (Les Neveux de Donald) en 1938. Le 18 septembre 1932, marque la première apparition des neveux de Mickey, Jojo et Michou, dans une B.D, sous la plume du dessinateur Floyd Gottfredson. En anglais, ils sont appelés baptisés Morty (peut être en référence au nom imaginé pour Mickey à sa création, Mortimer) et Ferdie Fieldmouse. Dans l'animation, ils ne font que quelques apparitions peu remarquées, ne réussissant pas réellement à percer à l'écran. C'est dans Mickey's Steamroller (Le Rouleau-compresseur de Mickey, 1935) qu'ils apparaissent pour la première fois dans la série, avant de faire une brève apparition dans Boat Builders en 1938 puis dans Mickey's Christmas Carol (Le Noël de Mickey, 1983). En revanche, aucune moyen de savoir s'ils apparaissent dans les épisodes où Mickey se trouve avec des orphelins comme dans Gulliver Mickey (Gulliver Mickey, 1934), Orphans' Benefit (Le gala des orphelins, 1934), et Orphan's Picnic (Partie de campagne, 1936). Tout comme un autre projet avorté de 1938, Pilgrim Mickey, Mickey's Nephews entre dans sa phase de pré-production en 1938 avant d'être mis au placard définitivement l'année suivante.

Références
Disney Animation Archive (anglais)

Détails
Pays : États Unis
Walt Disney Studios 
Série : Mickey Mouse
Date du projet : 1938-1939

Seven Wise Dwarfs (Les Sept Nains Avisés) (1941)

Résumé
Les sept nains se rendent à la banque pour déposer les diamants qu'ils ont découvert à la mine... 

Analyse
Seven Wise Dwarfs est le second film de propagande réalisé par Disney pour le gouvernement canadien ; le premier était The Thrifty Pig, qui reprenait les personnages des trois petits cochons. Sorti en 1941, il reprend la même forme en deux temps qu'avait adopté The Thrifty Pig (Le Cochon Économe) : dans la première partie, on retrouve les nains en train de creuser dans la mine. Et comme ils ont trouvé des diamants et des pierres précieuses, ils les apportent à la banque pour acheter des bons de guerre. La deuxième partie du court métrage explique au public canadien pourquoi il est si important de participer à l'effort de guerre à l'arrière.  

Seven Wise Dwarfs reprend des séquences du long métrage Blanche Neige et les 7 nains (1937), en particulier la séquence de la mine, mais la plupart des décors ont été changés par rapport au long métrage. On y retrouve aussi les musiques du film comme "Heigh Ho" mais ce n'est pas les mêmes paroles ; elles incitent ici clairement à acheter des bons de guerre canadiens. A aucun moment Blanche neige n'apparait et ce sont seulement les 7 nains du film qui participent à l'effort de guerre à l'arrière en montrant l'exemple. Après avoir ramassé des diamants dans la mine, ils l'apportent à la banque pour acheter des bons de guerre. C'est clairement un geste civique de la part des nains que l'on retrouvera plus tard en 1943 dans The Winged Scourge (Le Fléau Ailé). Le talent vocal de Pinto Colvig est mis à contribution pour la voix originale de Prof. Colvig avait doublé les voix de Dormeur et de Grincheux dans le long métrage de 1937. Mais ne cherchez pas de divertissement quelconque dans ce film.
Seven Wise Dwarfs a seulement une valeur historique, il permet de voir les toutes premières productions commerciales réalisées par Disney, dans l'unique but de propagande de guerre.
Seven Wise Dwarfs sort le 12 décembre 1941 à la fois aux États Unis et au Canada, à travers l'Office National du Film du Canada (National Film Board of Canada). En juin-juillet 1941, l'ONFC passe commande auprès des studios de Disney en Californie. Le contrat final prévoit la livraison de 4 ou 5 courts métrages de propagande mettant en scène Donald, les 7 nains ou encore les 3 petits cochons, pour un total de 20,000$US, somme qui représente alors le coût de production d'une Silly Symphony. Au total, quatre films sont produits par Disney ; il s'agit de Thrifty Pig, Seven Wise Dwarfs, Donald's Decision et All Together qui sont tous produits en 1941-1942. Un cinquième film, destiné cette fois-ci au seul public militaire, est par la suite commandé par l'Office National du Film du Canada : il s'agit de Stop That Tank - Boys Anti-Tank Rifle (1942). Cette initiative du gouvernement canadien relance considérablement la production de ce genre de films, notamment aux États Unis où le gouvernement, conscient de l'enjeu existant, passe commande de plusieurs films auprès de Disney. D'autres studios américains comme les studios Fleisher sont aussi sollicités pour promouvoir la propagande de guerre.

Références
BOWDOIN VAN RIPER (A), Learning from Mickey, Donald and Walt: Essays on Disney's Edutainment Films, pp 17-18.
Disney Animated Shorts

Vidéos
7 Wise Dwarfs sur Youtube (version originale sous titrée français)

Détails
Walt Disney Studios, Office National du Film du Canada

Date de sortie : 12 décembre 1941 (États Unis, Canada) par RKO Radio Pictures et l'Office National du Film du Canada
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Ford Beebe
Richard Lyford

Musique originale :
Frank Churchill

Voix originale :
Pinto Colvig (voix de Prof)

Jack and the Beanstalk (Jack et le Haricot Magique) (1922)

Résumé
Jack et sa mère ne peuvent plus payer leur loyer. Pour sécher les larmes de sa mère, Jack utilise d'abord un parapluie ! Par la suite, il se rend au marché pour vendre la vache. Mais Jack ne revient pas avec de l'argent, mais avec des haricots magiques ! Sa mère, furieuse, décide alors de jeter les haricots dehors. Pendant la nuit, un des haricots se met à pousser jusqu'au ciel, à la grande surprise de la mère de Jack, du chien blanc et du chat noir. Peu après, une bonne fée qui se trouve dans les nuages donne des ailes à Jack, afin qu'il découvre ce qui se passe au dessus des nuages. Jack finit par atterrir devant le château d'un géant. Ce dernier, entouré par des sacs d'argent et par un poulet, écoute la musique d'une harpe magique.

Jack imagine alors un stratagème pour délivrer la harpe et s'enfuir. Pour attirer le géant en dehors du château, Jack prend un pot de peinture et peint un trou dans les nuages. Le géant tombe alors dans le piège tendu par Jack et traverse les nuages, atterrissant de l'autre côtés de la Terre. A la grande surprise de trois enfants qui jouent près d'un panneau indiquant "10 Miles To Hong Kong", le géant est parvenu jusqu'en Chine ! Débarrassé du géant, Jack prend une brouette pour emmener chez lui la harpe magique, le poulet et des sacs d'argent. De retour chez lui, Jack et sa mère organisent une fête...

Analyse
Jack and the Beanstalk est le 4ème court métrage de la série Laugh-O-Grams, qui a commencé en 1922. C'est l'adaptation par Disney du conte anglais du même nom. Il reprend les personnages du conte original, Jack et le géant, et met en scène des personnages propres à la série, comme le chat et le chien du garçon, mais aussi sa mère. Le chien et le chat noir des films précédents font à nouveau leur apparition dans Jack and the Beanstalk, ils apparaîtront au total dans 7 courts métrages de la série. Plusieurs années après, le garçon, la fille, le chat noir et le chien blanc sont considérés comme les personnages récurrents dans la série à tel point qu'ils en deviennent presque le symbole et figurent même au générique. Dans l'affiche originale de Jack and the Beanstalk, Jack apparaît bien habillé ; il tient une hache aux côtés de son chien et de son chat et s'apprête à escalader le haricot magique. Rudolf Ising, qui a participé à l'animation de Jack and the Beanstalk, se souvient également que Disney avait fait des feuilles de modèle de ces personnages pour garder la ressemblance d'un film à l'autre. Selon Ising, Jack and the Beanstalk marque la première utilisation par Walt - du moins partiellement - de cellulos (auparavant, Disney utilisait exclusivement du papier pour l'animation).
"La première fois que nous avons dû utiliser des cellulos - et je pense que c'était mon idée - était dans Jack and the Beanstalk. Walt a du animé huit dessins de la tige de haricot qui poussait de plus en plus." - Rudolf Ising
Quand Disney réalise Little Red Riding Hood (Grand-Mère Va S'amuser), il le fait à ses heures perdues dans le garage de son père. Cependant, le court métrage sera diffusé bien après sa réalisation. The Four Musicians of Bremen (Les Quatre Musiciens de Brême), qu'il réalise juste après, est quant à lui le premier court métrage destiné à être diffusé. Disney travaille alors à la Kansas City Slide Company qui deviendra plus tard la Kansas City Film Ad Company. Les deux films ont séduit le patron de Disney qui signe un contrat pour la production de quatre autres films sur le même principe : Jack and the Beanstalk (Jack et le Haricot Magique), Goldie Locks and the Three Bears (Boucle d'Or et les Trois Ours), Puss In Boots (Le Chat Botté) et Cinderella (Cendrillon). Entre avril et novembre 1922, les animateurs du studio Laugh-O-Gram réalisent 6 films en tout. Jack and the Beanstalk est produit en juin et juillet 1922 dans les nouveaux bureaux de McConahy.

Au même titre que Cinderella, réalisé lui aussi en 1922, une version sonore de Jack and the Beanstalk est réalisée quelques années après par les sociétés Sound Film Distributing Corp (New York) et Wardour Films (basée en Angleterre). La version sonore sort sous le titre "On the Up and Up" en 1929. Le succès de Mickey aidant, Disney revisite le conte des frères Grimm dans deux versions de Mickey. La première est Giantland (Mickey au Pays des Géants) datant de 1933, dans lequel Mickey combat un géant qu'il retrouvera dans en 1938 dans Brave Little Tailor (Le Brave Petit Tailleur). En 1947, une version plus longue de Jack and the Beanstalk est produite, avec Mickey, Donald et Dingo en personnages principaux. Il s'agit de Mickey and the Beanstalk, une séquence du film Fun and Fancy Free. Au total, ce sont donc trois adaptations que Disney fait du conte : en 1922, 1933 et 1947. En 1933, ayant ouvert son propre studio, Ub Iwerks réalise lui aussi une adaptation du conte Jack and the Beanstalk pour sa série animée ComiColor, distribuée par Celebrity Pictures.
"De toutes les raretés de cette série, Jack and the Beanstalk est le plus précieux. [Il a été] découvert dans la collection de John E. Allen, et récemment acquis par la Bibliothèque du Congrès (Library of Congress)" - Russell Merritt & J.B. Kaufman
Comme pour deux autres films de la série Laugh-O-Grams, Jack the Giant Killer, et Goldie Locks and the Three Bears, la bobine originale de Jack and the Beanstalk semble définitivement perdue. Le 14 octobre 2010, à la suite de recherches fructueuses, l'historien de l'animation David Gerstein annonce que des copies de ces trois films existent et ont été retrouvées dans des collections privées. Celle de Jack and the Beanstalk (1922) se trouve notamment dans la collection John E. Allen Collection et c'est le Library of Congress qui en fait l'acquisition par la suite. Le 8 octobre 2011, à l'occasion des journées du cinéma muet à Pordenone en Italie, le film restauré de Jack and the Beanstalk est enfin projeté. Alors qu'on croyait auparavant Jack and the Beanstalk and Jack the Giant Killer comme étant un seul et même film, c'est grâce à un communiqué de presse datant de 1922 qu'on s'aperçoit que ce sont en réalité deux films différents. Mais plus réjouissant encore pour les fans : la totalité des Laugh-O-Gram, la série historique par excellence qui a révélé le talent de Disney pour l'animation, existe bel et bien. Reste à savoir si ces films seront un jour dans leur totalité accessibles au grand public...

Références
BURNES (Brians), VIETS (Dan), BUTLER (Robert W.), Walt Disney's Missouri: The Roots of a Creative Genius
SUSANIN (Timothy S.), DISNEY MILLER (Diane), Walt Before Mickey: Disney's Early Years, 1919-1928
David Gerstein, Lost Laugh-O-Grams Found—And Shown

Détails
Date de sortie : 4 septembre 1922 (États Unis) par Leslie B. Mace
Noir & Blanc (muet)

Réalisation :
Walt Disney

Animation :
Walt Disney
Hugh Harman
Rudolf Ising
Carmen Maxwell
Lorey Taque
Otto Walliman

Scénario :
Walt Pfeiffer

Donald's Gold Mine (La Mine d'or de Donald) (1942)

Résumé
Donald se retrouve à creuser dans une mine aux côtés d'une bourrique qui n'en fait qu'à sa tête...

Analyse
A la fin de l'année 1941, avec l'entrée en guerre des États Unis, les studios sont réquisitionnés par le Navy Bureau of Aeronautics qui passe commande à Disney de vingt courts métrages d'entraînement concernant la marine et l'aviation. Parallèlement, la firme de Mickey poursuit la production des séries animées commencées avant la guerre à quelques exceptions près qu'il convient de noter. La série Silly Symphonies s'est ainsi arrêtée en 1939 et seulement deux courts métrages de la série Mickey Mouse sont produits pour la seule année 1942. Autre chiffre qui témoigne de l'implication croissante des studios dans la guerre : entre 1941 et 1945, Disney tourne pas moins de 77 courts métrages de propagande, dont le plus célèbre est sans conteste Der Fuehrer's Face (1943).


Donald's Gold Mine permet à notre canard de retrouver pour une 3ème et dernière fois un personnage qui avait fait son apparition dans la premier court métrage de la série, il s'agit de l'âne Jenny. A chacune de ses participations, le bourricot (Jenny, the Burro dans la version originale) en fait voir de toutes les couleurs à Donald et ne se montre pas très coopératif, c'est le moins que l'on puisse dire. Il gêne d'abord l'idylle de Donald avec Daisy (qui s'appelle alors Dona Duck) dans Don Donald (1937), et rend littéralement fou de rage notre ami canard dans The Village Smithy. Dans Donald's Gold Mine, l'attitude de Jenny confirme que l'expression "être têtu comme un âne" a tout son sens. Entre Donald et Jenny, c'est à qui sera le plus rancunier et le plus malin. Le style de Donald's Gold Mine se rapproche de celui de The Village Smithy (Donald forgeron) ou de Bellboy Donald (Donald groom d'hôtel), où Donald se trouve encore à travailler dans la société civile, cependant qu'il devient soldat et fait ses premiers pas dans l'armée dés l'année 1942 avec Donald Gets Drafted (Donald à l'armée). 

Références
Disney Animated Shorts

Vidéos
La Mine d'or de Donald sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 24 juillet 1942 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Dick Lundy
Norman Wright (assistant réalisateur)

Animation :
Bob Carlson
Ted Bonnicksen
Walt Clinton
Volus Jones
Dick Lundy
Ray Patterson
McLaren Stewart (layout

Effets visuels :
Andy Engman
Ed Parks

Scénario :
Carl Barks        
Harry Reeves

Musique originale :
Oliver Wallace

Voix originales :
Clarence Nash (Donald Duck)

The Art of Skiing (Leçon de Ski) (1941)

Résumé
Alors qu'il se trouve à Sugar Bowl, Dingo se prépare pour sa leçon de ski...

Analyse
L'année 1941 marque un tournant décisif dans l'histoire des studios qui déménagent pour Burbank. En proie à des problèmes financiers, Disney est contraint de licencier du personnel au printemps, entraînant une grève sans précédent pour les studios. Cette grève ralentie considérablement la production des longs métrages mis en chantier (Cendrillon, Peter Pan). C'est dans cette période trouble qu'est produit le 4ème court métrage de la série Dingo, The Art of Skiing (Leçon de Ski).

The Art of Skiing est sans nul doute le court métrage de la série Dingo le plus populaire. La série a tout juste débuté en 1939, avec un premier épisode sous la direction de Dick Huemer. Comme Goofy's Glider (Le Planeur de Dingo), le seul Dingo sorti en 1940, The Art of Skiing préfigure la série "How to" (Comment faire...) qui sera développée par Jack Kinney en 1941 avec la mise en chantier de How to Ride a Horse (Comment faire de l'équitation). Étant donné que les possibilités de développement du personnage de Dingo sont limitées, il est décidé de réorienter la série en lui donnant des allures burlesques. A travers les "How to", Dingo se trouve confronté aux différents sports (boxe, équitation, base-ball...) et tente de s'en sortir du mieux qu'il peut... et bien sûr, ses tentatives tombent à l'eau ! Pour palier au départ temporaire de Pinto Colvig - et donc de la voix de Dingo -, il est décidé de trouver un narrateur. C'est john McLeish qui double la voix-off, destinée à remplacer l'absence de voix de Dingo. Mais McLeish n'est pas mis dans la confidence et, au moment où il enregistre le texte pour The Art of Skiing, il pense commenter un film éducatif. Alors qu'il est mit au courant du rôle qu'il doit jouer, il décide d'adopter un ton ironique et absurde plus en phase avec le récit. Ce premier essai est prometteur et permet à McLeish de devenir la voix-off de nombre d'épisodes de Dingo.


The Art of Skiing est le premier court métrage de la série où Dingo crie le célèbre goofy hooler lorsqu'il fait une chute ou se retrouve dans une situation périlleuse. yaaaaaaa-hoo-hoo-hooey!! est enregistré à l'occasion de la production de The Art of Skiing par le yodeler et skieur autrichien Hannès Schroll. C'est lui qui inaugure la station de ski Sugar Bowl Ski Resort en 1939. Aussi, il n'y a pas de hasard quand on sait que dans l'histoire de The Art of Skiing, Dingo se rend au Sugar Bowl Ski Resort pour recevoir sa leçon de ski. Le thème du sport - et du ski plus précisément - n'est pas inconnu à la famille Disney qui fréquente pendant l'hiver la station de ski Yosemite. Disney aide aussi personnellement au financement de la station de ski Sugar Bowl alors en construction, et au premier télésiège de Californie à la fin des années 1930. En 1941, trois ans après l'ouverture de la station - toute la famille se rend à Sugar Bowl pour skier avec Hannès Schroll. Ces moments restent mémorables pour Diane, la fille de Disney, toute excitée qu'elle était de prendre le télésiège avec Shroll et ses parents. Disney va même jusqu'à donner son nom à une place du télésiège et à un mont de Sugar Bowl : le Mt Hemlock est ainsi baptisé Mt Disney par Hannès Shroll. Pour se rendre compte de l'importance de Sugar Bowl Ski Resort après son ouverture le 15 décembre 1939, il faut savoir que des stars du cinéma d'Hollywood comme Errol Flynn en font leur destination phare pour les sports d'hiver. 

Mais revenons au goofy hooler ; ce cri de Dingo fut un tel succès auprès du public qui éclata de rire lors de la sortie de The Art of Skiing que les animateurs décidèrent de l'utiliser à chaque nouvelle apparition de Dingo à l'écran. Un gag en particulier est resté célèbre : celui où Dingo, dévalant la pente, doit choisir une direction. Ce gag est né d'un désaccord entre les deux storymen. Lors de la production, Leo Thiele et Ralph Wright n'étaient pas d'accord sur la direction que devait prendre Dingo. L'un proposait que Dingo parte vers la gauche, et l'autre vers la droite. Après de longues discussions, quelqu'un proposa de combiner les deux et de là est né le gag de la pente. La première de The Art of Skiing a lieu en novembre 1941 au Fairmont Hotel à Los Angeles, lors du bal annuel des skieurs. A cette occasion, Walt Disney et sa femme Lilian sont invités et font la présentation du film. Le succès de The Art of Skiing est tel que la société RKO Pictures - qui distribue alors les films de Disney - décide de l'inclure comme séquence du film de 1941 The Reluctant Dragon (Le Dragon Récalcitrant).

Vidéos
Leçon de Ski sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 14 novembre 1941 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Autre(s) date(s) :
7 août 1941 : date de copyright
novembre 1941 : première à Fairmont Hotel (San Francisco) 

Réalisation :
Jack Kinney

Animation :
Frank Oreb
John Sibley
Jack Gayek
Edwin Fourcher

Scénario :
Leo Thiele
Ralph Wright 

Musique :
Charles Wolcott

Voix originales :
George Johnson (voix de Dingo)
John McLeish  (narrateur)
Hannès Schroll (yodeler)

Jack King : la biographie

Jack King est connu pour avoir été animateur puis réalisateur aux studios Disney. Pionnier dans l'animation, il est nominé trois fois aux Academy Awards au cours de sa carrière de réalisateur chez Disney et signe la plupart des courts métrages de Donald de 1937 à 1948...parmi les plus réussis.

(Jack King, debout, 1er en partant de la gauche)

Né le 11 avril 1895 en Alabama, Jack King (1895-1958) fait ses débuts dans l'animation en 1920 aux studios J.R Bray Studios. Il a alors 25 ans et anime la célèbre série animée Judge Rummy, basée sur la bande dessinée réalisée par Tad Dorgan. En 1921, la production de Judge Rummy prend fin. Comme d'autres animateurs de sa génération, Jack King est fasciné par le cinéma parlant et part dans l'ouest des États-Unis rejoindre les studios Disney. Il y fait son entrée le 17 juin 1929 et devient animateur de plusieurs courts métrages de la nouvelle série Silly Symphonies, dont Three Little Pigs qui est récompensé par l'Academy Award. Le 17 mai 1933, Jack King quitte Disney pour les studios Leon Schlesinger qui produisent les Merry Melodies et les Looney Toons pour Warner Bros. Jack y travaille d'abord comme animateur sous la direction d'Earl Duvall, puis devient réalisateur de plusieurs épisodes de la série Beans The Cat.

En avril 1936, à la demande de Disney, Jack King fait son retour aux studios Disney où il est nommé réalisateur de courts métrages dans la série Donald Duck, aux côtés de Ben Sharpsteen (et plus tard de Dick Lundy, Jack Hannah et Jack Kinney). Mais Jack King revient chez Disney à la condition qu'il réalisera des courts métrages en couleur, chose qu'il ne pouvait pas faire les années précédentes alors qu'il était chez Leon Schlesinger. Il réalise d'abord Modern Inventions (Inventions Modernes, 1937), avant de signer pas moins de 40 courts métrages, dont trois sont nominés à l'Academy Awards : Good Scouts (1938), Truant Officer Donald (1941) et Donald's Crime (1945). King est aussi assistant-directeur sur les longs métrages Pinocchio, Saludos Amigos ou encore Dumbo dans les années 1940. En 1948, il laisse la réalisation de la série Donald à Jack Hannah et quitte définitivement les studios Disney pour prendre sa retraite. Il décède à Los Angeles dix ans plus tard, à l'âge de 62 ans.

Citations originales ...
"Jack King était un dessinateur méticuleux ; il ne faisait pas beaucoup d'ébauches. Il faisait toujours des dessins très soignés" - Chuck Couch, scénariste aux studios Disney.
"Jack King a quitté Disney en 1933, c'était un directeur et un animateur relativement bon chez Disney, mais il n'avait pas d'imagination, alors il avait besoin d'aide" - Chuck Jones, animateur aux studios Leon Schlesinger de 1933 à 1962.
Ses participations chez Disney
- comme animateur :
1929 : El Terrible Toreador
1930 : Cannibal Capers
1930 : Frolicking Fish
1930 : Arctic Antics
1930 : Midnight in a Toy Shop
1930 : Night (Nuit)
1930 : Monkey Melodies
1930 : Winter (Hiver)
1930 : Playful Pan
1931 : Birds of a Feather (Woody goguenarde)
1931 : Mother Goose Melodies (Les Chansons de la mère l'oie)
1931 : The China Plate (L'Assiette de porcelaine)
1931 : The Busy Beavers (En plein boulot)
1931 : The Clock Store
1931 : The Fox Hunt
1932 : Bugs in Love
1932 : King Neptune (Le Roi Neptune)
1933 : Three Little Pigs (Les Trois Petits Cochons)

- comme réalisateur :
1937 : Modern Inventions (Inventions Modernes)
1937 : Donald's Ostrich (L'Autruche de Donald)
1938 : Self Control (Le Sang-froid de Donald)
1938 : Donald's Better Self (L'Ange gardien de Donald)
1938 : Donald's Nephews (Les Neveux de Donald)
1938 : Good Scouts (Bons scouts)
1938 : Donald's Golf Game (Donald joue au golf)
1939 : Donald's Lucky Day (Donald le chanceux)
1939 : The Hockey Champ (Champion de hockey)
1939 : Donald's Cousin Gus (Le Cousin de Donald)
1939 : Donald's Penguin (Le Pingouin de Donald)
1939 : The Autograph Hound (Chasseur d'autographes)
1940 : Donald's Dog Laundry (La Blanchisserie de Donald)
1940 : Mr. Duck Steps Out (L'Entreprenant M. Duck)
1940 : Donald's Vacation (Donald fait du camping)
1940 : Window Cleaners (Nettoyeurs de carreaux)
1940 : Fire Chief (Donald capitaine des pompiers)
1941 : Timber (Donald bûcheron)
1941 : Early to Bed (Bonne nuit Donald)
1941 : Truant Officer Donald (Donald garde-champêtre)
1941 : Old MacDonald Duck (Donald fermier)
1941 : Chef Donald (Donald cuistot)
1942 : Donald's Snow Fight (Donald bagarreur)
1942 : Donald Gets Drafted (Donald à l'armée)
1942 : The Vanishing Private (Donald se camoufle)
1942 : Sky Trooper (Donald parachutiste)
1942 : Bellboy Donald (Donald groom d'hôtel)
1943 : The Spirit of '43 (L'État d'Esprit de '43)
1943 : Fall Out,Fall In (Gauche... Droite)
1943 : The Old Army Game (Facéties militaires)
1943 : Home Defense (A l'attaque)
1943 : Defense Against Invasion (La Défense Contre l'Invasion)
1944 : Trombone Trouble (Donald joue du trombone)
1944 : Donald Duck and the Gorilla (Donald et le Gorille)
1944 : Contrary Condor (L'Œuf du condor géant)
1944 : Commando Duck
1944 : The Plastics Inventor (Inventions nouvelles)
1945 : The Clock Watcher (Donald emballeur)
1945 : Donald's Crime (Le crime ne paie pas)
1945 : Cured Duck (Donald a sa crise)
1945 : Old Sequoia (Le Vieux Séquoia)
1946 : Donald's Double Trouble (Donald et son double)
1946 : Wet Paint (Peinture fraîche)
1946 : Dumb Bell of the Yukon (Donald dans le Grand Nord)
1947 : Sleepy Time Donald (Dodo Donald)
1947 : Donald's Dilemma (Le Dilemme de Donald)
1947 : Wide Open Spaces (Donald et les Grands Espaces)
1948 : Drip Dippy Donald
1948 : Donald's Dream Voice (Voix de rêve)
1948 : The Trial of Donald Duck (Le Procès de Donald)

Références
JONES (C), FURNISS (M), Chuck Jones : Conversations
LENBURG (J), Who's Who in Animated Cartoons : An International Guide to Film & Television, pp 179-180

Donald's Nephews : documents originaux (3)


Documents originaux de Donald's Nephews (1938)

Donald's Nephews : documents originaux (2)



Documents originaux de Donald's Nephews (1938)

Donald's Nephews : documents originaux (1)




Documents originaux de Donald's Nephews (1938)

Good Scouts (Bons scouts) (1938)

Résumé
Donald, chef de troupe, part en expédition dans la forêt avec ses neveux Riri, Fifi & Loulou...

Analyse
En 1938, Donald Duck est de loin la star incontestée des studios Disney. Longtemps cantonné à des rôles secondaires aux côtés de Mickey et de Dingo, il prend définitivement son envol dans une série qui lui est entièrement consacrée. Aux yeux des animateurs, le personnage de Donald est destiné à monter en puissance et à gagner en popularité, si bien qu'il devient le rival principal de Mickey. Donald est ainsi la vedette aux côtés de Dingo, dans une sous-série animée qui commence en 1938. Cette dernière préfigure la série Dingo qui commence en 1939 avec Goofy and Wilbur (Dingo et Wilbur).

Good Scouts est le 8ème court métrage de la série Donald Duck, débutée officiellement en 1937 avec Don Donald. Il marque la deuxième apparation des neveux de Donald à l'écran. Ces derniers étaient apparus pour la première fois dans Donald Nephews (Les Neveux de Donald) où ils se montraient turbulents et indisciplinés. Cette fois-ci, le comportement de Riri, Fifi et de Loulou est plus tempéré, ils essayent d'aider Donald quand il est dans une mauvaise passe, ils travaillent dans un esprit d'équipe. C'est aussi le premier film où Donald prend la place de leadership, en devenant le chef d'un groupe de scouts. Donald se montre encore plus têtu et inflexible, mais malgré tout assez drôle face à un environnement qui lui est défavorable. Donald rivalise de maladresse du début à la fin. En effet, qu'il s'agisse d'abattre un arbre, de monter une tente ou d'éviter un ours sauvage, Donald fait tout de travers ! Le résultat final offre un court métrage amusant et plein de rebondissements.


C'est la première fois que Donald et ses neveux se retrouvent dans une troupe de scouts. Carl Barks, à l'origine du scénario de Good Scouts, a l'idée lumineuse d'associer Riri, Fifi et Loulou dans une troupe de petits aventuriers, férus de connaissances en tout genre : les Castors Juniors dont la création remonte seulement en 1951 dans la bande dessinée. Arrivée en 1935 aux studios Disney, Carl Barks est d'abord in-betweener, une tâche assez ingrate qu'il considère comme pénible. Par la suite, il s'intéresse aux comic books et apprend les ficelles du métier de scénariste au story department. Carl est affecté à l'unité Donald Duck (Duck unit) où il travaille d'abord sur le scénario de Modern Inventions (Inventions Modernes, 1937). Aux débuts de la série, Carl Barks et Jack King réfléchissent au développement de Riri, Fifi & Loulou. Mais l'arrivée des neveux de Donald dans la série pose débat : certains jugent que Riri, Fifi & Loulou pourraient gêner le développement du personnage de Donald.
"On ne voulait pas voir que cela mènerait à une sorte de dynastie Duck, complètement détachée de l'influence de Mickey Mouse." - Carl Barks
Les animateurs craignent aussi l'image de trublions qu'apportent les neveux dans la série et pensent qu'ils sont trop turbulents pour rester des personnages - même secondaires - dans la série. Carl Barks et Harry Reeves - qui a rejoint l'unité de production des Donald en 1938 - sont les deux scénaristes qui travaillent sur l'histoire de Good Scouts en 1938. Conscients que ces nouveaux personnages sont un filon à exploiter pour la série, ils décident de lisser les personnages de Riri, Fifi & Loulou afin de les intégrer pleinement aux côtés de Donald. Good Scouts permet ainsi aux scénaristes de résoudre le problème qui se posaient avec les neveux de Donald. Riri, Fifi & Loulou y sont moins indisciplinés et cherchent à obéir aux désirs de Donald qui se montre en patriarche.

Clarence Nash, la voix officielle de Donald depuis ses débuts dans The Wise Little Hen (Une Petite Poule Avisée, 1934), réalise également le doublage de Riri, Fifi et Loulou. Au 11e Academy Awards de 1939, Good Scouts remporte une nomination pour l'oscar du meilleur court métrage d'animation, titre qui récompense chaque année depuis 1932 de nombreux films réalisés par Disney. Lors du 11e Academy Awards, c'est finalement un cartoon spécial, Ferdinand the Bull (Ferdinand le Taureau), qui remporte l'oscar du meilleur court métrage d'animation. Il n'empêche : Good Scouts est le premier épisode de la série Donald Duck à recevoir une nomination pour l'oscar du meilleur court métrage. Après ce premier succès, Sea Scouts (Scouts marins) qui sort en 1939, fait office de suite où Donald occupe à nouveau une place de leader sur ses neveux.

Références
ANDRAE (Tom), Carl Barks And the Disney Comic Book: Unmasking the Myth of Modernity, pp 40-41
Disney Shorts (anglais)

Vidéos
Bons Scouts sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 8 juillet 1938 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Jack King

Animation :
Paul Allen
Al Eugster
Frank Follmer
Jack Hannah
Ed Love

Scénario :
Carl Barks (story director)
Harry Reeves (storymen)
Charles "Chuck" Couch (storymen) (?)

Musique :
Oliver Wallace

Voix originales :
Clarence Nash (Donald / Rifi, Fifi & Loulou)

The Opry House (L'Opéra) (1929)

Résumé
On retrouve Mickey dans un théâtre dans lequel il réalise plusieurs numéros sur scène, dans la tradition des spectacles de vaudeville. Devant une assemblée d'animaux réunis à l'occasion, Mickey endosse tour à tour les rôles de charmeur de serpent, danseur de ventre, ou encore joueur de piano.

Analyse
The Opry House marque une première évolution stylistique du personnage de Mickey, apparut dans Steamboat Willie l'année précédente en 1928. Notre héros possède désormais des gants qu'il porte seulement à la fin du court métrage. Cette évolution stylistique a une explication, admise par la plupart des spécialistes, selon laquelle il s'agissait de distinguer les mains de Mickey lorsque ces dernières passaient devant son corps. On remarque cependant que les gants de Mickey (il les portera toute sa carrière durant) apparaissent déjà au début de chaque court métrage depuis le début de la série. Autre évolution : la forme de Mickey s’arrondit dans l'ensemble et préfigure un personnage aux contours plus humains.

Alors qu'on pourrait croire à une apparition de Minnie, cette dernière n'est présente à aucun moment : seule une affiche la montre parmi les "Yankee Doodle Girls", un groupe de chanteuses. C'est d'ailleurs le premier court métrage où Minnie n'apparaît pas réellement aux cotés de Mickey (elle fera son retour dans When the Cat's Away). La nouveauté - et non des moindres - est la première apparition du chat Kat Nipp. Ce dernier reste cependant un personnage très secondaire puisqu'il ne fera par la suite que deux autres apparitions en 1929 dans When The Cat's Away et dans The Karnival Kid comme rival de Mickey. Il apparaît aussi dans quelques bandes dessinées au début des années 1930, sous la plume de Floyd Gottfredson.

Avant que la production de The Opry House soit finie, la série Silly Symphonies était mise en chantier avec la production du "pilote", The Skeleton Dance (1929). En février 1929, Walt Disney et Carl Stalling se rendent à New York pour enregistrer la bande sonore de The Opry House. Ce court métrage est aussi considéré comme le premier film "comédie musicale" de Disney. La musique y joue en effet un rôle crucial, c'est le moins qu'on puisse dire. Il n'y a aucun dialogue et le récit s'appuie sur une série de gags visuels comme Mickey nous a habitué depuis ses débuts, ainsi qu'une succession de numéros musicaux comme "Yankee Doodle" ou "Carmen" de Bizet. Le spectacle de vaudeville est aussi très répandu dans les années 1920. A travers ces gags musicaux, on découvre Mickey successivement dans les habits de charmeur de serpent et de danseur du ventre. Mais Mickey est destiné à devenir un personnage parlant, comme l'a bien compris Disney.

Après The Opry House, son cinquième film, il faut une voix [à Mickey]. Disney s'aperçoit qu'il est le seul à pouvoir lui donner le timbre qu'il désire. The Opry House est enfin le dernier court métrage à être animé en grande partie par Ub Iwerks (Les Clark l'assiste dans le travail d'animation). Cinquième court métrage de Mickey, le budget total se monte à un peu plus de 6,000$, soit 2,500$ de plus que le budget de Plane Crazy ! En 1929, Mickey est en pleine ascension et part à la conquête du monde. The Opry House est ainsi le premier de la série Mickey Mouse à être diffusé au Japon en septembre 1929, où il reçoit un très bon accueil.

Références
BARRIER (Michael), Hollywood Cartoons: American Animation in Its Golden Age, pp 59-60
RAZ (Aviad E.), Riding the Black Ship: Japan and Tokyo Disneyland, pp 160-161

Vidéos
The Opry House sur Youtube

Détails
Date de sortie : 28 mars 1929 (États Unis) par Celebrity Pictures
Noir & Blanc

Autre(s) dates :
20 mars 1929 (États Unis) ?
septembre 1929 (Japon)

Réalisation :
Walt Disney

Animation :
Ub Iwerks
Les Clark

Scénario :
Walt Disney

Musique originale :
Carl W. Stalling

Alice’s Fishy Story (1924)

Résumé
La petite Alice se hâte de finir sa leçon de piano pour rejoindre ses amis qui l'attendent dehors...


Analyse
Alice's Fishy Story est le 5ème épisode de la série Alice comedies. C'est aussi le seul épisode de la série à sortir au mois de juin 1924. Alice y retrouve le chat noir, qui préfigure le personnage de Julius (il ne s'appelle pas encore Julius dans Alice’s Fishy Story) et qui était déjà apparu dans Alice's Spooky Adventure. Le chat noir ressemble à celui qui apparaît dans un court métrage de la série Laugh-O-GramsLittle Red Riding Hood (Grand-Mère Va S'amuser, 1922). En effet, à la demande de M.J Winkler, et selon ses propres termes, Disney a utilisé "dans la mesure du possible" le chat dont l'apparence se rapproche du célèbre chat Félix de Pat Sullivan. On voit aussi Alice aux côtés de ses amis voisins, et c'est elle qui prend la tête du groupe, en dépit de son jeune âge. La ribambelle d'amis apparaît au total cinq fois en 1924 dans la série, en commençant par Alice's Spooky Adventure. Fait rarissime, Walt Disney apparaît lui-même dans Alice’s Fishy Story comme conducteur de la voiture. Plus intéressant encore : la mère d'Alice - dont c'est la 2ème et dernière apparition dans la série - a peut être été jouée par la femme de Robert Disney (l'oncle de Walt et de Roy), Charlotte. Qui plus est, la scène du salon semble avoir été tournée dans la maison de Robert et de Charlotte Disney.

En avril 1924, le 5ème épisode de la série Alice entre dans sa phase de production. L'histoire prévoit de faire figurer Alice en train de raconter une de ses aventures à ses amis au bord de l'étang. A ce propos, les scènes "live" tournées lorsque les enfants pêchent, ont peut être été prises près de Griffith Park, à Los Angeles. Disney a d'ailleurs un souvenir précis du tournage de ces scènes, parce que - comme Alice et ses amis - Walt et son équipe de tournage y avaient été chassés par les autorités, étant donné qu'il n'avaient pas d'autorisation. 
"On devait garder un oeil sur les policiers du parc, et courir comme des fous avant qu'ils nous attrapent. On essayait alors de trouver un autre endroit dans le parc." Walt Disney
Histoire dans l'histoire, Alice's Fishy Story montre la petite fille sous un nouveau jour. Aux côtés du chat noir qui se trouve au Pôle nord, Alice va résoudre un problème majeur qui affecte la population du Pôle nord : une pénurie de poissons. Le chat cherche à attirer les poissons hors de l'eau avec du tabac et les assomme une fois le coup réussi. Ce gag est repris plusieurs années après dans On Ice (Mickey patine, 1935) par Dingo. Alice's Fishy Story (1924) laisse place à une majorité de scènes live, tandis que l'animation apparaît en marge. La première partie du film se présente sous la forme d'un film live et la deuxième partie met en scène le chat d'Alice dans des scènes animés, avec quelques apparitions d'Alice. A cette date, Disney cherche à trouver un juste milieu pour la série entre l'animation et le live. C'est par la suite que Walt mettra en avant l'animation dans les autres épisodes de la série. Mais pour l'heure, Disney a un faible budget pour la production des courts métrages de la série (qui n'est pas tout à fait une série animée) et il ne peut entreprendre des évolutions significatives.

C'est le 5ème rôle de la jeune Virginia Davis, qui a fait ses débuts dans la série avec Alice's Wonderland (Alice au Pays des Merveilles, 1923). L'actrice n'a pas encore cinq ans quand elle commence la série qui raconte l'histoire d'une petite fille à Cartoonland. Pour l'anecdote : c'est à Kansas City que Walt repère Virginia dans une publicité pour le pain Warneker. C'est plus tard, au moment de lancer la série Alice comedies, qu'il pense à cette fillette si attendrissante au sourire charmant. Elle obtient le rôle phare sur les conseils de M.J. Winkler qui demande à Disney d'écrire aux parents de la fillette pour lui proposer un contrat. Virginia Davis se souviendra plus tard :
"C'était toujours une petite histoire où j'entrais dans le dessin animé à travers un rêve ou quand j'étais frappée par une balle de baseball et soudain, je me retrouvais dans un monde de personnages de dessins animés".
Virginia Davis signe au total 14 épisodes de la série Alice, avant que ses parents ne mettent fin au contrat avec Disney en 1925, en raison d'une baisse de salaire. Le 7 mai, Disney envoi le 5e film de la série Alice comedies à M.J. Winkler Productions et ce n'est qu'un mois après, le 1er juin 1924, qu'Alice's Fishy Story est projeté dans les salles de cinéma. En Allemagne, Alice's Fishy Story est distribué par Südfilm AG sous le titre "Alice geht Angeln"

Références
SUSANIN (Timothy S.), DISNEY MILLER (Diane), Walt Before Mickey: Disney's Early Years, 1919-1928 
Disney Shorts (anglais)

Vidéos
Alice’s Fishy Story sur Youtube

Détails
Date de sortie : 1er juin 1924 (États Unis)
Distribué par : M. J. Winkler Productions, Universal Studios
Noir & Blanc (muet)

Autre(s) date(s) :
4 mai 1924 : avant-première au Bard's Hollywood Theatre (Los Angeles)

Produit par :
Walt Disney
Roy E. Disney

Animation :
Walt Disney
Rollin Hamilton

Encre et peinture :
Lillian Bounds
Kathleen Dollard
Ann Loomis

Scénario :
Walt Disney

Caméra :
Roy E. Disney

Acteurs "Live" :
Virginia Davis (Alice)
Walt Disney (conducteur automobile)
Tommy Hicks
Leon Holmes (Tubby)
Spec O'Donnell

Pilgrim Mickey (projets avortés) (1938)

Résumé
Mickey s'en va à la chasse pour le dîner de Thanksgiving...

Analyse
L'histoire de Pilgrim Mickey commence avec un plan sur une cabane ; Mickey raconte une histoire à ses neveux dans laquelle il lutte avec un chef indien. Au cours de l'histoire, Mickey apparaît vêtu comme un des premiers colons américains. Au moment de partir à la chasse à la dinde, Mickey confond les plumes que porte un indien avec les plumes d'une dinde. L'indien capture Mickey qui est finalement délivré par ses neveux. La pré-production de Pilgrim Mickey commence en 1938 et le projet est suspendu au printemps de l'année suivante. S'il avait abouti, il aurait été le premier court métrage Disney à porter sur la fête de Thanksgiving. Il reste quelques gags de ce projet avorté, notamment celui où Mickey se trouve face-à-face avec un indien. Ce n'est que 60 ans après que Mickey et ses amis célèbrent la fête dans l'émission ""Mickey's Mouse Works."

Références
SOLOMON, Charles (1995). Disney That Never Was. New York: Disney Editions. p. 225.
Animation Archive (anglais)

Détails
Pays : États Unis
Walt Disney Studios 
Série : Mickey Mouse
Date du projet : 1938-1939

Alice's Medicine Show (1927)

Résumé
Lors d'un spectacle itinérant, Alice et son chat de compagnie Julius vendent des médicaments...

Analyse
Alice's Medicine Show (1927) est le 53ème épisode de la série Alice comedies, commencée en 1923 avec Alice's Wonderland (Alice au Pays des Merveilles). Pour comprendre ce à quoi peut ressembler l'histoire d'Alice's Medecine Show, il faut s'imaginer Alice aux côtés de Julius dans un des nombreux wagons qui font partie d'un convoi itinérant qui traverse le pays (on les trouve surtout au sud et dans le nord-est des États Unis). Au début du siècle, il est courant que ces wagons vendent des médicaments, mais aussi des remèdes miracles à la population. Ces élixirs sont présentés comme pouvant guérir de plusieurs maladies, prolonger la vie, ou empêcher le vieillissement... Et le but est simple : faire acheter aux gens les élixirs pour gagner de l'argent. En l'absence de la bobine originale, on peut imaginer qu'Alice et son partenaire crient et réalisent des numéros de spectacle - cirque de puces, tours de magie - pour vendre leurs médicaments.

La production d'Alice's Medicine Show peut commencer en mars 1927. 3 mois plus tôt, Disney reçoit la demande de Charles Mintz qui envisage de lancer une nouvelle série entièrement animée, qui remplacera Alice ; Walt est enthousiasmé par cette décision et réalise plusieurs esquisses d'Oswald le lapin, avant de les envoyer à Universal Pictures. Alice comedies est nettement en perte de vitesse comme le constate Disney. Dans une lettre adressée à Mintz datant du 26 février, Walt pense avoir trouvé la voie pour relancer la série :

"A l'heure actuelle, je pense que nous sommes dans une impasse en ce qui concerne le style et la construction des scénarios et des gags. J'ai recherché en vain pour savoir ce qu'il manquait et maintenant je crois que j'ai trouvé. Voulez-vous prendre connaissance des futurs épisodes et me dire ce que vous en pensez. J'apprécierai à coup sûr vos critiques constructives." 

Mais la décision de Charles Mintz de mettre un terme à la série Alice est arrêtée depuis plusieurs semaines déjà. En mars, Universal approuve les premiers dessins d'Oswald et signe un contrat avec Disney pour la production de 26 futurs courts métrages. Le contrat prévoit que Disney sera rémunéré de 2,250$ par film produit. Pour relever ce défi, Disney engage de jeunes animateurs très talentueux (que l'on retrouve pour la production d'Alice's Medicine Show) : Les Clark, Friz Freleng, Ben Clopton, Norm Blackburn, et Paul Smith. Le 26 avril sont tournés les scènes en prises de vue réelles par Rudolph Ising avec Lois Hardwick dans le rôle d'Alice. Lois est la 4ème et dernière actrice à jouer le rôle principal, depuis Alice's Circus Daze jusqu'à Alice in the Big League, en passant par Alice's Three Bad Eggs. L'animation d'Alice's Medicine Show commence le 14 avril et la bobine est livrée le 30 à Winkler Pictures. Le budget final avoisine les 1,400$. La bobine originale d'Alice's Medicine Show (1927) est toujours perdue à ce jour.

Références
SUSANIN (Timothy S.), DISNEY MILLER (Diane), Walt Before Mickey: Disney's Early Years, 1919-1928
Animation Archive (anglais)
Les « medicine shows » américains (français)

Détails
Date de sortie : 11 juillet 1927 (États Unis) par FBO (Film Booking Offices)
Noir & Blanc (muet)

Réalisation :
Walt Disney

Animation :
Norm Blackburn
Les Clark
Ben Clopton (assistant-animateur)
Friz Freleng
Rollin Hamilton
Hugh Harman
Rudolf Ising
Ub Iwerks
Paul J. Smith

Scénario :
Walt Disney

Caméra :
Rudolph Ising

Acteurs "live" :
Lois Hardwick (Alice)

Out of the Frying Pan Into the Firing Line (1942)

Résumé
Aux côtés de Pluto, Minnie explique l'importance de récupérer les huiles usagées pour l'effort de guerre...

Analyse
Avec l'entrée en guerre des États Unis en décembre 1941, le gouvernement américain décide de s'installer aux studios Disney. L'arrivée de l'armée aux studios permet de sortir provisoirement d'une situation financière très difficile. Le gouvernement passe alors commande auprès de Disney de plusieurs courts métrages de propagande et ce sont d'abord des films destinés à l'armée qui sont réalisés. Mais très vite sont produits des films à destination du grand public visant à encourager les populations civiles à payer leurs impôts, ou encore à souscrire aux bons de guerre. Ces films à destination du grand public et commandés par le gouvernement américain sont d'ailleurs diffusés dans les salles de cinéma. La coopération Disney-gouvernement américain culmine en juin 1942, date à laquelle près de 93% des productions Disney sont réalisées dans le cadre de ces contrats avec l'armée. Après plusieurs mois de difficultés financières, les studios sortent enfin la tête de l'eau mais pas totalement puisque les contrats passés avec l'armée sont peu rémunérateurs. Dans l'immédiat, les animateurs travaillent d'abord sur une série de films pour l'U.S Navy, intégrés à la série WEFT (US The US Army Identification Series) mais aussi pour l'Armée de l'air (Army Air Force), les Communications (Army Signal Corps) ou encore les Transports (Air Transport Command). A l'hiver 1942, les studios lancent une série de courts métrages éducatifs commandés par le gouvernement américain ; cette série comprend des films comme Food Will Win The War (L'Intendance Suivra Jusqu'à la Victoire) réalisé pour le ministère de l'agriculture ou encore Out of the Frying Pan Into the Firing Line (De la Poêle à Frire aux Lignes de Front)

De la Poêle à Frire aux Lignes de Front se veut bien sûr un court métrage de propagande, donc à portée historique. Pédagogique, le film se présente comme une leçon patriotique donnée à la population. Minnie s'adresse en particulier aux ménagères et aux femmes américaines et les appelle à récupérer les huiles utilisées pour la cuisson de bacon ou d'autres aliments, tout en expliquant que ces matières grasses serviront pour fabriquer des munitions pour l'armée au front. Minnie et Pluto sont représentés de façon traditionnelle, tels qu'ils apparaissent dans les séries animés, alors que les munitions, les oeufs, etc... sont plus réalistes. C'est le seul dessin animé où Mickey apparaît en uniforme de soldat dans un cadre photo accroché au mur, signe que lui aussi participe à cet effort de guerre. Dans les autres films de propagande, ce rôle était en général dévolu à Donald. 

Références
BOWDOIN VAN RIPER (A), Learning from Mickey, Donald and Walt: Essays on Disney's Edutainment Films, pp 24, 51-52.
SHULL (Michael S), WILT (David E), Doing Their Bit: Wartime American Animated Short Films, 1939-1945, pp 41-42, 80, 127.
WATTS (S), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life, pp 229-230

Vidéos
Out of the Frying Pan Into the Firing Line (VO sous titrée français)

Détails
Walt Disney Studios, War Production Board

Date de sortie : 30 juillet 1942 (États Unis) par War Activities Committee of the Motion Pictures Industry
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Ben Sharpsteen
Jack Atwood (assistant réalisateur)

Animation :
Josh Meador (?)
Marvin Woodward (?)
John Lounsbery
Les Clark (?)
Norman Tate (?)
Andy Engman (?)
George Rowley (?)
George Nicholas (?)
Nick Nichols
Jack Hannah

Voix originales :
Pinto Colvig (Pluto)
Thelma Boardman (Minnie)

Aircraft Carrier Landing Signals (1942)

Résumé
(?)

Analyse
Aircraft Carrier Landing Signals est réalisé en 1942 par les studios Disney pour le compte de l'U.S Navy, dans le cadre de la participation de Disney à l'effort de guerre. Dés 1941, avec l'entrée en guerre des États Unis, les studios mettent de côté les projets de longs métrages et se lancent dans la production de films à visée commerciale ou de propagande. Aircraft Carrier Landing Signals (1942) se veut avant tout un film technique et pédagogique sur la signalisation d'atterrissage sur les porte-avions.

Détails
Walt Disney Studios, U.S. Navy
Date de production : 1942 (États Unis)

Réalisation :
Hamilton Luske

Midnight in a Toy Shop (1930)

Résumé
A la nuit tombée, une araignée trouve refuge dans un magasin de jouets...

Analyse
Midnight in a Toy Shop laisse place à une araignée qui se réfugie dans un magasin de jouets à la nuit tombée, alors qu'il neige dehors. Ce n'est pas ici l'image traditionnelle de l'araignée menaçante qu'on avait pu voir dans Hell's Bells (Les Cloches de l'Enfer, 1929). Bien au contraire, l'araignée de Midnight in a Toy Shop semble presque sympathique et se veut plus consensuelle. Dans la droite ligne de la série Silly Symphonies, créée en 1929, les objets d'ordinaires inanimés comme les horloges, les poupées et autres jouets sont humanisés et deviennent vivants. Cet univers des jouets qu'affectionnent les enfants se trouve à la fois dans Midnight in a Toy Shop (1930) et dans Broken Toys (1935). Au final, l'animation de Midnight in a Toy Shop est lisse, mais reste à ce stade très simple.


Au moment de la production en 1930, plusieurs titres sont prévus : on pense d'abord à appeler cette histoire "Christmas Toyland", "The Dancing Toys" ou encore "Fireworks" (Feux d'artifice) avant de pencher pour le titre définitif Midnight in a Toy Shop qui résume toutes les séquences du court métrage. Midnight in a Toy Shop est remarquable avant tout par l'animation réalisée par Wilfred Jackson, David Hand, Johnny Cannon, Les Clark ou encore Norm Ferguson qui est arrivé aux studios Disney en 1929. Ce dernier donne un nouveau souffle à la série Silly Symphonies, en rompant en partie avec le style d'Ub Iwerks qui a quitté les studios en janvier 1930. David Hand réalise pour sa part l'affiche de Midnight in a Toy Shop en plus de plusieurs scènes qu'il anime avec d'autres animateurs.

Après le départ d'Iwerks qui avait donné ses premiers pas à la série avec The Skeleton Dance (Danse macabre, 1929), le staff Disney continue à se réunir une fois par semaine dans le bureau de Walt, ou dans la salle de musique, afin de discuter des futurs gags. Tous y compris assistants et animateurs, apportent leur grain de sel et leurs idées à la production des cartoons. Leurs innovations sont d'ailleurs vues d'un oeil bienveillant par Disney qui les accueille favorablement, jusqu'à encourager ses propres animateurs à réaliser les changements nécessaires ! A l'image du recours croissant au pencil test dés 1930 et qui sera généralisé par la suite.

Adoptés par les animateurs, les pencil tests permettent de repérer plus facilement les erreurs qui se sont glissées. Mais en 1930, ils sont encore peu utilisés. D'une scène à l'autre, des erreurs peuvent apparaître lorsqu'un personnage change d'apparence. Dans Midnight in a Toy Shop (1930), au moment où l'araignée s'apprête à franchir le trou de serrure de la porte, elle paraît bien trop grande pour réussir cet exploit. Mais elle y parvient tout de même ! Ce petit défaut est significatif de l'animation d'alors où modifier des scènes coûtait très cher. Dans les années 1930, Disney travaille dans les limites qui lui sont imposées par Columbia Pictures. La société qui distribue les cartoons de la série donne une avance de 7,000$ pour chaque court métrage, ce qui semble d'abord salvateur pour les finances du studio qui ont grand besoin de fonds. Mais bien vite, cette somme ne suffit plus à Disney qui cherche à agrandir ses locaux et à embaucher de nouveaux animateurs. C'est entre février et juillet 1931 que les studios sont aménagés, notamment avec une scène sonore, pour la somme impressionnante de 250,000$.
 
A l'occasion de la sortie en 2006 du DVD "More Silly Symphonies" de la collection "Walt Disney Treasures", la scène où la poupée crie "Mammy" a été restaurée et ajoutée à Midnight in a Toy Shop.

Références
BARRIER (Michel), The Animated Man: A Life of Walt Disney, pp 78-83

Vidéos
Midnight in a Toy Shop sur Youtube

Détails
Date(s) de sortie :
3 juillet 1930 (États Unis) par Columbia Pictures
16 août 1930 (États Unis)
Noir & Blanc

Autres dates :
15 août 1930 (dépôt de copyright)
8 septembre 1930 (première à Los Angeles)
24 décembre 1930 (première à New York)

Réalisation :
Wilfred Jackson

Animation :
Wilfred Jackson
David Hand
Johnny Cannon
Les Clark
Tom Palmer
Dick Lundy
Ben Sharpsteen
Jack King
Norman Ferguson
Carlos Manriquez (décors)
Emil Flohri (décors)

Musique originale :
Bert Lewis


 
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