TRÉSORS DISNEY

Tous les courts métrages, créateurs et raretés des studios Disney : secrets de productions, projets avortés de courts métrages, documents originaux...




Sky Scrappers (Bagarreurs en Hauteur) (1928)

Résumé
En plein travail sur un chantier de construction, Oswald est employé à la construction d'un gratte ciel avec d'autres travailleurs. Alors que le chantier bas son plein, c'est déjà l'heure pour Oswald de prendre sa pause-déjeuner. Par chance, son amie Ortensia lui propose d'acheter un en-cas. Alors que nos deux amis déjeunent ensemble, Pete, le chef du chantier, qui se trouve dans les hauteurs, décide de mettre fin à ce tête-à-tête et enlève Ortensia. Bien évidemment, Oswald ne l'entend pas de cette oreille et se met en tête de faire déguerpir Pete...

Analyse
Une fois encore, Pete apparaît comme l'adversaire inévitable d'Oswald. La petite amie de notre lapin chanceux (on remarque au passage qu'elle s'appelle Ortensia ou Sadie) signe ici sa dernière apparition dans la série Oswald qui arrive à son terme pour Disney, avant que ce dernier ne se fasse voler le personnage par Mintz. Dans Sky Scrappers, Oswald rencontre par hasard son amie, et Pete a une certaine jalousie vis à vis d'Oswald. Sans raison particulière, il décide de ravir Ortensia au nez et à la barbe du lapin chanceux. Ce qui entraîne une bagarre dans les hauteurs du gratte ciel en construction entre Oswald et Pete. Sky Scrappers est moins divertissant que Oh, What a Knight (Oh, Quel Chevalier, 1928) mais il offre ça et là quelques gags soignés et une animation satisfaisante. L'action ne commence qu'au moment où Ortensia rejoint Oswald pour le déjeuner.


Sky Scrappers envisage d'autres possibilités pour le personnage d'Oswald qui en arrive à ses derniers épisodes. D'un autre côté, la période Mickey Mouse a déjà commencé à faire des émules, les premiers épisodes sortant à quelques mois d'intervalles de Sky Scrappers. On prête souvent une autre date de sortie à Sky Scrappers, celle du 23 septembre 1928. Il est distribué dans sa version muette par Universal Pictures, comme le prévoit le contrat de Disney avec Robert Winkler Productions. Cinq ans plus tard, le scénario de Mickey Building a Building (Bâtissons) reprend les grandes lignes de Sky Scrappers. Avec plus de succès cette fois, car la popularité de Mickey à ce moment n'est plus à démontrer. L'univers du chantier et des rapports patron-ouvriers fait aussi son chemin dans la série Donald Duck, avec l'épisode The Riveter (Donald le Riveur, 1940).

Vidéos
Sky Scrappers sur Youtube (version originale)

Détails
Date de sortie : 11 juin 1928 (États Unis) par Universal Pictures
Noir & Blanc (muet)

Réalisation :
Walt Disney

Caméra :
Mike Marcus

Animation :
Ub Iwerks

Musique :
Robert Israel (2007)

Dog Watch (Pluto est de garde) (1945)

Résumé
Le capitaine d'un navire investit Pluto d'une mission difficile : garder un navire amarré à quai dans un port et ne laisser personne monter à bord. Lorsqu'il fait son tour de garde, Pluto fait une bienheureuse découverte d'os amassés dans un canot de sauvetage. Pluto aurait pu achever la soirée paisiblement, si seulement il n'avait pas fait la rencontre d'un rat bien turbulent qui débarque à bord. Pluto réussira t-il la mission qui lui est confiée ?

Analyse
Depuis Army Mascot (1942), en passant par Private Pluto (1943), Pluto comme Donald sont partie prenante de la guerre. Alors que l'un devient soldat pour servir son pays - avec plus ou moins de succès -, l'autre en bon chien décide de prendre part à l'effort de guerre en surveillant un bateau dans Dog Watch. L'idée de départ de Dog Watch était de montrer Pluto en gardien d'un navire, alors que les matelots ont une permission sur la terre ferme. En chien docile, Pluto obéit aux ordres et renifle le moindre recoin du navire. Pluto croit pouvoir être tranquille, jusqu'au moment où...  un rat habile, à la recherche de nourriture, parvient à se hisser à bord du navire. Après avoir fait la connaissance de Pluto, le rat continue sa recherche et parvient à trouver le messe des officiers où se trouvent les provisions du navire : fromage, biscuits, brioche...  Mais alors qu'on pourrait croire Pluto lui aussi décidé à chasser cet intrus, c'est l'inverse qui se produit et Pluto n'échappe pas à sa gourmandise... Le rat tel qu'il apparait tout au long de l'histoire n'a pas de nom, c'est d'ailleurs son unique apparition dans la série de Pluto. Il ne prononce aucun mot et s'exprime avec Pluto par des gestes. Dog Watch montre la dualité entre Pluto et le rat, alors que Pluto, sensé jouer les durs, se laisse intimidé par un rat. Ce duo pourrait nous faire penser à celui des cartoons de Tom & Jerry, dans lesquels le chat Tom est à la poursuite de la souris Jerry, qu'il espère bien capturer.
Alors que la guerre n'est pas encore finie, on aura remarqué la brève apparition des caricatures d'Adolphe Hitler et de Benito Mussolini sous la forme de deux silhouettes que Pluto aperçoit dans le canot, à la place de la cachette d'os.
Autre détail intéressant, la boîte à biscuit dans le messe des officiers est tantôt pleine à ras bord de biscuits, lorsque Pluto s'en approche, alors que dans une autre scène de gros plan, où on voit le rat grignoter un biscuit, on ne voit aucun cookie visible dans cette même boîte. Oubli des animateurs ou détail volontaire ? Toujours est-il que Pluto est de garde est un film plaisant à regarder, il nous présente Pluto sous deux aspect : dans l'un, Pluto est obéissant, alors que dans l'autre aspect, il fait appel à son instinct et à sa gloutonnerie. Reste à savoir lequel des deux prendra le dessus sur Pluto...

Références
SHULL (Michael S.), WILT (David E.), Doing their bit: wartime American animated short films, 1939-1945

Vidéos
Pluto est de garde sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 16 mars 1945 (États Unis)
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Charles Nichols

Animation :
Jerry Hathcock
George Nicholas
Norman Tate
Marvin Woodward
Sandy Strother
Bob Youngquist
John McManus

Layout :
Bruce Bushman

Effets :
Andy Engman
Ed Aardal

Backgrounds :
Claude Coats

Scénario :
Eric Gurney

Musique originale :
Oliver Wallace

The Golden Touch : documents originaux




 Dessins originaux de Tom Wood pour The Golden Touch (1935)

The Art of Skiing : documents originaux (2)










Dessins originaux pour The Art of Skiing (1941)

The Art of Skiing : documents originaux (1)














Dessins originaux pour The Art of Skiing (1941)

The Gallopin' Gaucho (Mickey Gaucho) (1928)

Résumé
Mickey a revêtu le costume de gaucho et parcourt la pampa argentine, quand il s'arrête dans une cantina. Pat, un bandit recherché, charmé par les danses de la servante Donna Minnie, décide d'enlever cette dernière. Mickey se lance alors à la poursuite de Pat pour délivrer Minnie...

Analyse
The Gallopin Gaucho est le deuxième court métrage de la série Mickey Mouse à être produit, et le deuxième à être montré au public dans sa version muette, après Plane Crazy (sortie vm. 15 mai 1928). Le récit est bien structuré autour d'une intrigue de départ, entraînant de multiples scènes de péripéties avec quelques gags. De même, les décors et paysages sont de plus en plus soignés. Pat Hibulaire affronte ici Mickey dans une nouvelle aventure pleine de rebondissements dans la pampa sud-américaine. Minnie fait une apparition centrale dans l'histoire puisque c'est suite à son enlèvement que Mickey part à son secours. Pat, qui deviendra l'ennemi juré de Mickey joue un rôle plus important dans The Gallopin' Gaucho que dans Steamboat Willie. En enlevant Minnie, il montre clairement ses intentions.
Pat est l'image même de la brute. En peu de temps, il devient le principal ennemi de Mickey dans la série.
On retrouve aussi de nombreux points communs avec Alice's Spanish Guitar sorti en 1926, où Pat jouait le rôle de méchant. Dans The Cactus Kid (1930) et plus tard dans Mickey in Arabia (1932), on retrouve Pat dans ce rôle de méchant kidnappeur. Les premières évolutions stylistiques sont marquées par l'ajout de traits anthropomorphes : Mickey porte pour la première fois des chaussures, les pupilles de ses yeux sont moins grossiers. Minnie danse pour la première fois sur ses hauts talons. Autre nouveauté, les deux souris partagent un baiser romantique à la fin du film. L'animation a elle aussi évolué dans la fluidité des mouvements des personnages. Les animateurs ont exprimé cette parfaite fluidité des corps dans la danse de tango entre Mickey et Minnie, mais aussi dans les déplacements de la monture du gaucho Mickey, ressemblant à s'y méprendre à une autruche.

Dans The Gallopin' Gaucho, Mickey joue un hors-la-loi activement recherché ; au début de l'histoire, on le voit même fumer une cigarette et boire une choppe de bière bien remplie. Cette attitude rebelle est singulière pour nous aujourd'hui. Mickey n'est pas encore le "monsieur tout le monde" à cette époque, ni le héros populaire pour des millions d'enfants à travers le monde. Ub Iwerks s'inspire librement du film "Le Gaucho" sorti en 1927 et décide d'en faire une parodie sous forme de dessin animé. Ub y fait endosser à Mickey le rôle d'un acteur populaire à l'époque, Douglas Fairbanks. Dans une interview, Iwerks explique que Mickey joue dans The Gallopin' Gaucho, un aventurier ou un duelliste. Ce tournant dans le personnage de Mickey peut s'expliquer par la plus grande liberté qu'Ub a alors concernant le scénario de Mickey dont le personnage se doit d'être différent de son modèle, Oswald. C'est l'occasion de montrer Mickey sous un autre angle, dans le but de séduire le public et de populariser ses aventures. 
Ub prend parti pour un Mickey "monsieur-tout-le-monde" tandis que Walt Disney défend la conception d'un Mickey "aventurier" ("Quand les gens se moquent de Mickey Mouse, c'est parce qu'il est trop humain et c'est le secret de sa popularité" - Walt Disney)
La musique de début, comme celle qui marque la fin du film, est "Kingdom Coming" ou "Jubilo", célèbre dans la guerre civile américaine et chantée par les soldats du nord des États Unis. "Kingdom Coming" a pour thème la fuite des esclavagistes suite à l'arrivée des troupes nordistes, ce qui fait étrangement écho à l'arrivée de Mickey dans la cantina pour délivrer Minnie. L'air interprété par Carl Stalling deviendra célèbre pour la série Mickey Mouse pendant plusieurs années. La production de The Gallopin' Gaucho s'étend de juin à fin juillet 1928, à un rythme effréné. Après la production de Plane Crazy, parodie du vol transatlantique de Lindbergh, les animateurs mettent sur pied un autre court métrage de Mickey. Ub Iwerks en réalise la plupart des dessins, dans le plus grand secret puisque la production des derniers courts de la série "Oswald, le lapin chanceux" n'est pas encore finie (voir Plane Crazy). Une cadence qui le conduit à réaliser plus de 700 dessins par jour !

Pour un budget qui avoisine 4,249 $, The Gallopin' Gaucho est déjà plus cher que son prédécesseur Plane Crazy qui avait coûté à lui seul plus de 3,500 $ ! Le 28 août 1928, la version muette du film est projetée à Los Angeles. Walt, ses deux premiers films de Mickey en main, prend un train pour New York afin de convaincre les distributeurs. En version muette, le film peine à trouver preneur auprès des distributeurs. Mais après le succès de la sonorisation de Steamboat Willie, The Gallopin Gaucho bénéficie d'une ressortie en version sonorisée, tout comme Plane Crazy. Le 26 octobre 1928, Stalling rejoint Disney à New York pour enregistrer la bande son de The Gallopin' Gaucho en vue de sa ressortie sonore. Le son est enfin ajouté en novembre 1928 et permet à The Gallopin' Gaucho de rencontrer enfin son public. La version sonore de The Gallopin' Gaucho peut sortir le 30 décembre 1928 dans les salles de cinéma. Cependant lors des sorties en 1928 sur les écrans, plusieurs scènes sont coupées : la première où Minnie danse le tango et une autre où Mickey est en train de fumer. Il n'empêche : Mickey a acquis une popularité bien ancrée auprès du public à la fin de l'année 1928...

Vidéos
The Gallopin' Gaucho sur Youtube (version sonorisée)

Détails
Date de sortie :
28 août 1928 (version muette) (États Unis) : première à Los Angeles
30 décembre 1928 (version sonore) (États Unis) : première au Mark Strand Theater de New York
Noir & Blanc

Autre(s) date(s) :
9 août 1930 : dépôt de copyright

Réalisation :
Ub Iwerks

Animation :
Ub Iwerks
Les Clark
Johnny Cannon
Wilfred Jackson

Scénario :
Ub Iwerks

Musique originale :
Carl W. Stalling


 
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