TRÉSORS DISNEY

Tous les courts métrages, créateurs et raretés des studios Disney : secrets de productions, projets avortés de courts métrages, documents originaux...




Pluto's Quin-puplets : documents originaux (1)

Illustration de Paul Murry (1955)
pour Pluto's Quin-puplets (1937)

Pluto's Quin-puplets (Les Quintuplés de Pluto) (1937)

Résumé
Pluto est chargé par sa compagne Fifi de surveiller leurs cinq petits chiots. Cette tâche s'avère difficile à surmonter pour Pluto, qui doit affronter seul des quintuplés assez turbulents...

Analyse
Pluto's Quin-puplets marque le premier court métrage de la série officielle de Pluto, dont la première apparition remonte à 1930 aux côtés de la souris Mickey dans The Chain Gang. A l'inverse des autres personnages de Disney, Pluto est un animal qui se contente d'aboyer pour exprimer sa joie, ou de serrer des dents quand une menace approche. En un mot, Pluto est le chien que l'on aimerait tous avoir, il est l'image même du chien fidèle à son maître - Donald ou Mickey. Au fur et à mesure de ses succès, Pluto a une série qui lui est consacrée, à l'image de Donald.

Pluto's Quin-puplets annonce la série "Pluto the Pup" c'est à dire Pluto le chiot ; cette mention sera par la suite gommée pour céder la place au titre définitif de la série Pluto. Dans ce court métrage, on apprend que Pluto a une compagne du nom de Fifi, une chienne pékinoise dont c'est la première apparition à l'écran. Sa carrière se poursuit dans la série de Pluto où elle apparaît dans d'autres épisodes comme Society Dog Show (Mickey à l'exposition canine). Le personnage de Fifi associé à celui de Pluto permet aux animateurs de montrer Pluto en éternel amoureux de Fifi. Cette dernière repousse souvent ses avances et sait se montrer elle aussi explosive par moments.


Dans ses apparitions précédentes à l'écran, Pluto était destiné à rester un chien fidèle à un maître. Avec le début de la série officielle en 1937, le personnage de Pluto évolue sensiblement : l'équipe d'animateurs souhaite que Pluto exprime des émotions humaines associées à son comportement animal. Ainsi dans Pluto's Quin-puplets, où Pluto veut apparaître en bon père de famille, avec plus ou moins de succès. Pluto, d'ordinaire un chien tranquille, se montre aussi très patient à de nombreuses reprises, face aux tours que lui jouent les quintuplés. C'est l'occasion pour les animateurs d'associer Pluto à des scènes de gags délivrées en série. Le début de Pluto's Quin-puplets fait penser au court métrage Mother Pluto (Papa Pluto) sorti un an auparavant en 1936, dans lequel Pluto apparaît en mère de famille. Malgré un faible écho apparent, Pluto's Quin-puplets fait cependant l'objet de plusieurs bandes dessinées sorties les années suivantes, en plus des traditionnels dessins de Tom Wood parus dans le magazine "Good Housekeeping" en 1937.

Références
Pluto's Quin-puplets sur Chronique Disney (français)
Pluto's Quin-puplets sur affiches Disney (français)
Pluto's Quin-puplets sur imdb.com (anglais)

Vidéos
Les Quintuplés de Pluto sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 26 novembre 1937 (États Unis)
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Ben Sharpsteen

Animation :
Shamus Culhane
Norman Ferguson
Nick George
Charles A. Nichols
Bill Roberts
Fred Spencer
Bob Wickersham

Musique :
Paul J. Smith

Oliver Wallace : la biographie

Avec d'autres compositeurs, Oliver Wallace est connu pour avoir donné vie aux dessins animés, grâce à leur musique. C'est ce compositeur et chef d'orchestre talentueux qui est à l'origine de plusieurs bandes sons de courts métrages, dont la plupart ont été réalisées pour les courts métrages Donald Duck et Mickey Mouse.

Oliver Wallace (à gauche) avec Walt Disney
Né le 6 août 1887 à Londres, Oliver Wallace apprend la musique dés son plus jeune âge dans sa famille et à l'école. Il apprend à jouer aussi bien du piano, que de l'harmonica. Cette intérêt pour la musique le pousse à partir d'abord pour le Canada, puis pour les États Unis en 1904 où il devient citoyen américain en 1914. En 1906, il joue de la musique dans les vaudeville. Par la suite, Oliver travaille dans un premier temps comme organiste au théâtre Granada à San Francisco, où il fait l'accompagnement musical avec son piano pour des films muets. Dés cette période, il commence aussi à écrire ses propres musiques, comme le populaire "Hindustan" réalisé en 1918 et finit par rejoindre dans les années 1930 les départements de musique des studios Columbia et Universal. Wallace se fait remarquer et entre aux studios Disney en 1936, où il commence à composer les musiques de courts métrages de la série Donald Duck. Pour l'historien de la musique dans l'animation, Ross Care, "Ses partitions de musique pour les courts métrages de Donald Duck et Mickey Mouse constituent dans leur ensemble un manuel virtuel - encore peu lu - pour les arrangements musicaux dans l'animation." La musique extraordinaire d'Oliver Wallace, ou "Ollie" comme on l'appelle amicalement aux studios, produit une véritable petite révolution. C'est surtout la composition de la musique originale Der Fuehrer's Face qui contribua à rendre Oliver Wallace célèbre. Wallace aurait mis la musique sur le papier en l'espace d'une heure et demie, après être rentré du marché avec sa femme, Claire Burch Wallace.

Oliver a aussi un rôle non négligeable dans la création des musiques originales pour des courts métrages de propagandes commandés par le gouvernement américain. En l'espace d'une vingtaine d'années aux studios, Wallace travaille sur les musiques de plus de cent courts métrages mais aussi sur celles de Peter Pan ou Cendrillon. Au total, il aurait écrit environ 30 miles de partitions musicales, soit l'équivalent de 50 kilomètres ! Cet acharnement au travail lui vaut d'être vu par Franck Thomas comme "fou, drôle, excentrique, bruyant, inattendu - et aimé par tout le monde. (...) C'était un génie à qui l'on doit de nombreuses musiques dans les films". A la fin de sa carrière, Wallace réalise des musiques pour les documentaires sur la nature (True Life Adventures) et pour des films avec acteurs. Oliver Wallace travaille aux studios Disney jusqu'à sa mort le 15 septembre 1963 à Los Angeles à l'âge de 76 ans.

Citations originales...
"Je n'improvise pas, je ramène à la lumière. Un homme peut être un puits d'idée, il lui faut le temps de pomper ses idées. Quelques fois cela vient très vite, quelques fois rien ne sort." - Oliver Wallace
"C'était un génie à qui l'on doit de nombreuses musiques dans les films" - Franck Thomas à propos d'Oliver Wallace
Apparitions
Walt Disney présente Crazy Over Daisy (1950)

Ses participations chez Disney
- comme compositeur :
1937 : Mickey's amateurs (Amateurs de Mickey)
1937 : Modern Inventions (Inventions modernes)
1937 : Donald's Ostrich (L'Autruche de Donald)
1938 : Self Control (Le Sang-froid de Donald)
1938 : Donald's Nephews (Les Neveux de Donald)
1938 : Donald's Golf Game (Donald Joue au Golf)
1939 : Society Dog Show (Mickey à l'exposition canine)
1939 : The Hockey Champ (Champion de hockey)
1939 : Sea Scouts (Scouts marins)
1939 : The Autograph Hound (Chasseur d'autographes)
1940 : Mr. Mouse Takes a Trip (Le Voyage de Mickey)
1943 : Der Fuehrer's Face
1943 : Chicken Little (Petit Poulet)
1944 : Commando Duck
1944 : Springtime for Pluto (Le Printemps de Pluto)
1944 : The Plastics Inventor
1944 : First Aiders (Premiers Secours)
1944 : Donald Duck and the Gorilla (Donald et le Gorille)
1945 : Dog Watch (Pluto est de garde)
1945 : African Diary
1945 : Canine Casanova (Casanova canin)
1945 : Duck Pimples (Imagination débordante)
1945 : The Legend of Coyote Rock (La Légende du rocher coyote)
1945 : No Sail (Donald et Dingo marins)
1945 : Cured Duck (Donald a sa crise)
1945 : Canine Patrol (Patrouille canine)
1945 : Old Sequoia (Le Vieux Séquoia)
1946 : A Knight for a Day (Chevalier d'un jour)
1946 : Pluto's Kid Brother (Le Petit Frère de Pluto)
1946 : Sleepy Time Donald (Dodo Donald)
1946 : In Dutch (Pluto au Pays des Tulipes)
1946 : Donald's Double Trouble (Donald et son double)
1946 : The Purloined Pup (Pluto détective)
1946 : Wet Paint (Peinture fraîche)
1946 : Dumb Bell of the Yukon (Donald dans le Grand Nord)
1946 : Lighthouse Keeping (Donald gardien de phare)
1946 : Bath Day
1946 : Double Dribble
1947 : Pluto's Housewarming (Ça chauffe chez Pluto)
1947 : Rescue Dog (Les Chiens de secours)
1947 : Straight Shooters
1947 : Figaro and Frankie
1947 : Clown of the Jungle (Le Clown de la jungle)
1947 : Donald's Dilemma (Le Dilemme de Donald)
1947 : Crazy with the Heat (Déboires sans boire)
1947 : Bootle Beetle (Pépé le grillon)
1947 : Wide open Spaces (Donald et les Grands Espaces)
1947 : Mickey's Delayed Date (Rendez-vous retardé)
1947 : Foul Hunting
1947 : Chip an' Dale (Donald chez les écureuils)
1947 : Pluto's Blue Note (Pluto chanteur de charme)
1948 : Mickey Down Under (Mickey, Pluto et l'Autruche)
1948 : They're Off
1948 : The Big Wash (Dingo et Dolorès)
1948 : Drip Dippy Donald
1948 : Daddy Duck (Papa canard)
1948 : Bone Bandit
1948 : Donald's Dream Voice (Voix de rêve)
1948 : Pluto's Purchase
1948 : The Trial of Donald Duck (Le Procès de Donald)
1948 : Cat Nap Pluto (Pluto et Figaro)
1948 : Inferior Decorator (Donald décorateur)
1948 : Pluto's Fledgling
1948 : Soup's On (À la soupe !)
1948 : Three for Breakfast (Le petit déjeuner est servi)
1948 : Mickey and the Seal (Mickey et le Phoque)
1948 : Tea for Two Hundred (Donald et les Fourmis)
1949 : Pueblo Pluto (Mickey et Pluto au Mexique)
1949 : Donald's Happy Birthday (Pile ou farces)
1949 : Pluto's Surprise Package
1949 : Sea Salts
1949 : Pluto's Sweater
1949 : Winter Storage (Donald forestier)
1949 : Bubble Bee (Pluto et le Bourdon)
1949 : Honey Harvester (Le Miel de Donald)
1949 : Tennis Racquet (Dingo joue au tennis)
1949 : All in a Nutshell (Donald fait son beurre)
1949 : Goofy Gymnastics (Dingo fait de la gymnastique)
1949 : The Greener Yard (Jardin paradisiaque)
1949 : Sheep Dog
1949 : Slide Donald Slide
1950 : Pluto's Heart Throb
1950 : Lion Around (Attention au lion)
1950 : Pluto and the Gopher
1950 : Wonder Dog
1950 : Crazy Over Daisy (Donald Amoureux)
1950 : Morris the Midget Moose
1951 : Corn Chips (Une partie de pop-corn)
1951 : Bee on Guard
1952 : Let's Stick together
1952 : Pluto's Party (La Fête de Pluto)
1952 : Two Weeks Vacation (Dingo en vacances)
1953 : Rugged Bear
1953 : Toot Whistle Plunk and Boom (Les Instruments de musique)
1953 : Working for Peanuts (Les Cacahuètes de Donald)
1953 : Canvas Back Duck
1954 : Spare the Rod
1954 : The Lone Chipmunks
1954 : Pigs Is Pigs
1954 : Casey Bats Again
1954 : Dragon Around (Le Dragon mécanique)
1954 : Grin and Bear it (Donald visite le parc de Brownstone)
1954 : Social Lion
1954 : The Flying Squirrel
1954 : Grand Canyonscope (Donald visite le Grand Canyon)
1955 : No Hunting
1955 : Bearly Asleep
1955 : Beezy Bear (Donald et les Abeilles)
1955 : Up a Tree (Donald flotteur de bois)
1956 : Chips Ahoy
1956 : Hooked Bear (Humphrey va à la pêche)
1959 : How to Have an Accident at Work

Références
THOMAS (Bob), L'art du dessin animé : Histoire du studio Walt Disney
Oliver Wallace sur Disney Legends (anglais)

Wilfred Jackson : la biographie

Wilfred Jackson a eu une carrière brillante aux studios Disney, surtout dans les années 1920 et 1930 où il a été à la fois animateur et réalisateur de courts métrages.


Wilfred Jackson est né le 24 janvier 1906 à Chicago (États Unis). Dans un entretien avec Bob Thomas, Jackson  parle de son enfance et de sa passion pour l'animation dés son plus jeune âge. C'est dont logiquement qu'il suit des études à l'Otis Art Institute en 1925. Le 16 avril 1928, il rejoint l'équipe Disney et se porte volontaire pour assister les animateurs des studios pour nettoyer les cellulos.

A cette époque, les studios Disney travaillent encore sur le personnage d'Oswald et se concentrent peu à peu sur le dernier-né, Mickey Mouse. Jackson arrive à l'occasion de la réalisation du troisième court métrage de Mickey, Steamboat Willie, qui est le premier épisode de la série Mickey Mouse à adopter un nouveau procédé d'enregistrement synchronisé du son avec l'image. Wilfred Jackson est aussi à l'origine de cette invention, qui a véritablement révolutionné les techniques d'animation au cinéma. Selon lui, "Personne n'avait jamais vu un dessin produire un son, et il n'y avait aucun moyen d'être sûr que les gens le croient. (..) Mais Walt voulait que ça semble réel."  Les concurrents de Disney ont d'ailleurs cherché plusieurs mois à percer le secret et à imiter ce procédé de synchronisation entre le son et l'image.

Wilfred Jackson, ou Jaxon comme il était nommé aux studios, gravit rapidement les échelons et travaille aussi sur la série "Silly Symphonies" qu'il contribue largement à faire éclore. Mais son engagement aux côtés de Disney ne s'arrête pas à l'animation, ni aux quelques 35 courts métrages qu'il dirige. Jackson est aussi compositeur de musique, il aurait ainsi fait le son de l'harmonica dans Steamboat Willie, aux côtés de Disney, son "maître à penser", mais aussi d'Ub Iwerks et de Johnny Cannon. Par la suite, "Jaxon" s'illustre brillamment dans l'animation de longs métrages comme Cendrillon, Peter Pan ou La Belle et le Clochard pour n'en citer que quelques uns. Il réalise aussi des séquences d'animation pour Mélodie du sud. Dans les années 1950, il est est aussi connu pour être le réalisateur de la célèbre émission "Disneyland" diffusée à la télévision.

Dans leur livre "Disney Animation: The Illusion of Life", les animateurs Franck Thomas et Ollie Johnston parlent de Jackson en ces termes : "Jackson était de loin le directeur le plus créatif mais il était aussi le plus "difficile". Son ambition le pousse à rechercher la perfection sans cesse. Les historiens spécialistes de l'animation s'accordent pour dire que c'est un des meilleurs réalisateurs de courts métrages des studios Disney. En 1961, à l'âge de 55 ans, il quitte les studios pour prendre sa retraite et décède le 7 août 1988. Wilfred Jackson reçoit la récompense "Disney Legends" à titre posthume.

Ses participations
- comme animateur :
1928 : Steamboat Willie (Willie, le Bateau à vapeur)
1929 : The Skeleton Danse (La Danse macabre)
1929 : El Terrible Toreador
1929 : Springtime (Printemps)
1929 : Hell's Bells (Les Cloches de l'Enfer)
1929 : The Merry Dwarfs
1930 : Summer (Été)
1930 : Autumn (Automne)
1930 : Cannibal Capers
1930 : Frolicking Fish
1930 : Arctic Antics
1930 : Midnight in a Toy Shop
1930 : Night (Nuit)
1930 : Monkey Melodies
1930 : Winter
1930 : Playful Pan

- comme réalisateur :
1929 : Mickey's Follies (Les folies de Mickey)
1930 : Midnight in a Toy Shop
1931 : The Castaway
1931 : The China Plate (L'Assiette de porcelaine)
1931 : The Busy Beavers (En plein boulot)
1931 : Egyptian Melodies (Mélodies égyptiennes)
1931 : The Cat's Out
1931 : The Clock Store
1931 : The Spider and the Fly
1931 : The Fox Hunt
1931 : The Ugly Duckling
1932 : The Bird Store
1932 : The Grocery Boy
1932 : Barnyard Olympics
1932 : Mickey's Revue (Mickey au Théâtre)
1932 : The Bears and Bees
1932 : Musical Farmer
1932 : Mickey in Arabia
1932 : The Whoopee Party
1932 : Touchdown Mickey
1932 : The Klondike Kid
1932 : Santa's Workshop
1933 : Mickey's Mellerdrammer
1933 : Father Noah's Ark
1933 : Mickey's Mechanical Man
1933 : Lullaby Land
1933 : Puppy Love
1933 : The Pied Piper
1933 : The Pet Store
1933 : The Night Before Christmas
1934 : The Tortoise and the Hare
1934 : The China Shop (Le Magasin de Porcelaine)
1934 : The Grasshopper and the Ants (La cigale et la fourmi)
1934 : Funny Little Bunnies
1934 : The Wise Little Hen (Une petite poule avisée)
1934 : Peculiar Penguins
1934 : The Goddess of Spring
1935 : La Fanfare
1935 : Water Babies
1935 : Mickey's Garden
1935 : Music Land
1936 : Mickey's Grand Opera
1936 : Elmer Elephant
1936 : Le Rival de Mickey
1936 : Toby Tortoise Returns
1936 : The Country Cousin
1936 : More Kittens
1937 : Woodland Café
1937 : The Old Mill (Le Vieux Moulin)
1938 : Mother Goose Goes Hollywood
1941 : Golden Eggs
1942 : Aquarela do Brasil
1948 : Johnny Appleseed
1952 : The Little House (La Petite Maison)

Références
Wilfred Jackson sur Disney legends (anglais)

The Good Samaritan (projets avortés) (1934)

Résumé
Pluto vient à la rescousse d'un bébé chiot perdu dans la neige. Une fois sauvé, le chiot commence peu à peu à semer la zizanie dans la maison où il se trouve.

Analyse
Le Bon samaritain se rapporte sans doute à l'attitude de Pluto qui sauve le bébé chiot de la neige, comme le veut la parabole dans L’Évangile de Luc, destinée à expliquer la compassion envers un prochain. Pluto vient en effet en aide à un chiot qu'il ne connaît pas. Traditionnellement, c'est Dingo qui représente "le bon samaritain crédule" comme le décrivait l'animateur Art Babbitt dans une analyse de 1935. Mais Pluto s'illustre aussi en sauveur dans d'autres courts métrages comme Lend a Paw (Tends la patte), sorti en octobre 1941, dans lequel il sauve la vie à un chaton qui est accueilli dans la maison de Mickey. Pluto se retrouve en revanche confronté à la difficile mission de surveiller un petit chiot dans Pluto Junior (1942), dans lequel il endosse cette fois-ci le rôle de père.

The Good Samaritan (1934) est un court métrage prévu pour la série Pluto, dans une optique de donner suite à un autre court métrage de la série probablement. Clyde Geronimi est nommé directeur du projet alors que trois animateurs dont Ollie Johnston, Ward Kimball, et John Lounsbery sont prévus pour animer les différentes scènes du court métrage. Plus de 5,550$ sont au total consacrés pour l'animation. La production de The Good Samaritan est interrompue et finalement abandonnée définitivement en 1944. Le site This Day in Disney History avance la date du 14 août 1944 le jour où le projet a été enterré pour de bon. Il aura donc fallu dix ans pour que le projet soit enterré pour des raisons inconnues, sans doute pour ne pas faire doublon avec Lend a Paw sorti quelques années auparavant...

Références
The Good Samaritan sur le site bcdb.com (anglais)

Détails 
Pays : États Unis
Walt Disney Studios
Série : Pluto
Date du projet : 1934-(1944 ?)

Réalisation :
Clyde Geronimi

Animation :
Ollie Johnston
Ward Kimball
John Lounsbery

Plane Crazy (L'Avion Fou) (1928)

Résumé
Mickey décide de construire un avion avec du matériel de la ferme. Une fois l'avion terminé, il demande à Minnie de monter avec lui pour faire un vol dans les airs à bord de l'appareil...

Analyse
Tout fan de Disney connaît nécessairement Steamboat Willie, mais on ignore trop souvent que c'est Plane Crazy qui marque la toute première apparition de Mickey Mouse en mai 1928. Alors qu'il vient de perdre les droits sur le personnage d'Oswald, le lapin chanceux, Walt Disney invente le personnage de Mickey, qui ne s'appelle d'ailleurs pas encore ainsi, dans un train qui le ramène de New York comme le veut la légende. C'est à ce moment que Disney décide de lancer une nouvelle série avec un nouveau personnage tout en choisissant de le protéger de tout vol comme cela avait été le cas avec Oswald. En mars 1928, Disney vient de perdre ses droits sur Oswald qui est récupéré par Charles Mintz. A cette mauvaise nouvelle s'ajoute le départ de plusieurs animateurs proches de Disney que Mintz a récupéré à son compte. Seuls quelques animateurs, Ub Iwerks, Les Clark ou encore Johnny Cannon lui sont restés fidèles. Au cours d'une réunion de soirée à Lyric Avenue, Disney a l'idée de parodier la traversée en avion de l'Atlantique par Charles Lindbergh à bord du "Spirit of Saint Louis", qui avait eu lieu l'année précédente en mai 1927. Tandis que Walt réalisera le scénario, Ub s'occupera de l'animation. Il est aussi décidé que le court métrage s'appellera Plane Crazy (L'Avion Fou) comme le propose Disney.
Le chantier de Plane Crazy débute à la fin du mois d'avril 1928 dans une relative atmosphère de secret. 
Plusieurs collaborateurs qui ont quitté Disney pour Mintz finalisent les trois derniers épisodes d'Oswald aux studios Disney comme le veut le contrat, avant de rejoindre Mintz définitivement. Il est donc vital pour Walt de garder au secret la production du premier court métrage de Mickey, Plane Crazy. Ub Iwerks en réalise les dessins dans une arrière salle avec Ben Clopton en tant qu'assistant. Le travail d'animation d'Ub Iwerks pour Plane Crazy dure deux semaines à un rythme effréné d'environ 700 dessins par jour. Au cours de cette période, Ub réalise tous les arrières-plans du film ainsi que des affiches pour en faire la promotion et ce, dans le plus grand secret. Walt lui même ainsi que sa femme Lilian, la soeur de Lilian (Hazel Sewell) et la femme de Roy (Edna) ajoutent par la suite l'encre et la peinture aux cellulos dans le garage de la maison des Disney à Lyric Avenue, où des tables ont été installées. Par la suite, les cellulos étaient amenés aux studios et filmés tard dans la nuit par le caméraman Mike Marcus. Cependant, Clopton quitte l'entreprise le 12 mai 1928, une semaine après les départs successifs de Harman, Paul Smith et Hamilton. De plus, il semble que des fuites de la part de Ben Clopton ont eu lieu s'agissant de la production de Plane Crazy.
"Lorsque Walt acheva le scénario de Plane Crazy, le premier cartoon de Mickey, j'étais presque en état de choc. Il m'a lu le scénario et soudain, toute mon angoisse se transforma en une forte objection vis à vis du script. Je m'exclamais : "Mortimer est affreux pour une souris" - Lilian Disney
Plane Crazy est présenté au public au cours d'une séance à Los Angeles le 15 mai 1928, avec un accompagnement musical. Walt y assiste, au fond de la salle, ce qui lui permet de noter les réactions du public face aux différents gags. D'après Ub Iwerks, il y avait à peine quelques rires dans la salle : Plane Crazy n'attire malheureusement pas les foules. En mai 1928, il devient urgent pour Disney de trouver un distributeur pour diffuser son court métrage, afin de rembourser les dettes qu'il a contracté : à lui seul, Plane Crazy a coûté plus de 3,500$. La version muette de du film ne séduit pas les distributeurs, alors que la mode devient le cinéma parlant, débuté avec The Jazz Singer (1927) de la Warner. De plus, les distributeurs estiment que Mickey Mouse est une pâle copie du personnage d'Oswald, sans grand intérêt pour eux. Deux représentants de la Metro Goldwin Mayer (MGM) apprécient Plane Crazy en version muette et le conseillent auprès de Nicholas Schenck, président de la compagnie Loew, en organisant une séance de projection. Cependant, Schenck refuse de signer un contrat pour diffuser le film.


Plane Crazy bénéficie d'une ressortie en version sonorisée au même titre que Steamboat Willie. Le 26 octobre 1928, Carl W. Stalling rejoint Walt Disney à New York. Les deux amis se partagent une suite de deux chambres à l'Hôtel Knickerbocker ; la cohabitation fait que Walt et Carl lavent leurs chaussettes dans le même évier de salle de bain. Mais si tous deux se réunissent, c'est avant tout pour discuter de la bande son des courts métrages de Mickey : Plane Crazy, Gallopin' Gaucho et The Barn Dance (Bal de campagne). Plusieurs musiques sont ajoutées à la bande son de Plane Crazy dont "Yankee Doodle", "Dixie" ou encore "London Bridge", ainsi que des effets sonores comme les bruits de moteur d'avion. Le son est enfin ajouté au court métrage le 29 décembre 1928. La ressortie de la version sonorisée du film le 17 mars 1929 est donc salutaire pour la carrière de Mickey Mouse et pour le devenir des studios Disney. Cependant l'ajout de la nouvelle technique de synchronisation, qui avait véritablement permis à Steamboat Willie de crever les écrans, n'a pas eu le même effet sur Plane Crazy car les sons ajoutés sont purement décoratifs dans un récit où il y a encore peu de dialogues entre les personnages. Cependant, la version sonore du court est mieux appréciée par le public, déjà conquis par l'arrivée du son synchronisé dans les courts métrages d'animation.

Références
BARRIER (Michael), The Animated Man: A Life of Walt Disney
GITLIN (Martin), Walt Disney: Entertainment Visionary 
KRASNIEWICZ (Louise), Walt Disney : A Biography
TELOTTE (J.P), Animating space: from Mickey to Wall-E
WILLIAMS (Pat), DENNEY (Jim), How to Be Like Walt

Vidéos
Plane Crazy sur Youtube (version sonorisée)

Détails
Date(s) de sortie :
15 mai 1928 (version muette) (États Unis)
17 mars 1929 (version sonore) (États Unis)
Noir & Blanc

Direction :
Walt Disney
Ub Iwerks

Encrage :
Edna Disney
Lillian Disney
Hazel Sewell 

Animation :
Hugh Harman
Rudolf Ising
Ub Iwerks

Musique :
Carl W. Stalling

Home Defense : documents originaux (1)

Planche du magazine Good Housekeeping pour la promotion 
du court métrage Home Defense (1943)

Plane Crazy : documents originaux (2)






 Dessins originaux pour Plane Crazy (1928)

Home Defense (A l'attaque) (1943)

Résumé
L'amiral Donald, en poste à l'arrière, est chargé d'une mission : observer avec son poste d'écoute le ciel pour prévenir toute attaque de l'ennemi. Pour mener cette tâche à bien, Riri, Fifi et Loulou l'assistent tant bien que mal...

Analyse
Avec un scénario mettant en scène plusieurs personnages dont Donald et ses trois neveux turbulents, ainsi qu'une abeille (Barrington Bee), Home Defense s'inscrit dans la continuité des courts métrages Disney destinés à mobiliser le public américain pendant la seconde guerre mondiale. Il reste donc bien évidemment un court métrage de propagande. Dans Fall out, Fall in (Gauche... Droite, 1943), Home Defense (1943) et Commando Duck (1944), Donald apprend les rudiments de la discipline militaire, la réaction à avoir en cas d'alerte, et comment se battre derrière les lignes ennemies, il devient le citoyen américain par excellence. Cependant, dans Home Defense, ce sont les thèmes de l'observation du ciel et de la défense du territoire américain qui sont mis en avant.



Clarence Nash, la voix de Donald, réalise aussi les voix de Riri, Fifi et Loulou, charmants neveux de Donald apparus pour la première fois dans Donald's Nephews (Les Neveux de Donald) quelques années plus tôt en avril 1938. Au début du court métrage, on voit Donald souffler dans le clairon l'air de la musique "Who's Afraid of the Big bad Wolf" (Qui a peur du grand méchant loup ?), emprunt au célèbre court métrage The Three Little Pigs (Les Trois Petits Cochons) sorti dix ans plus tôt en 1933. C'est dire la popularité de ce court métrage à travers le temps. Comme il est courant pour la plupart des courts métrages Disney sortis à cette époque, le magazine Good Housekeeping se fait l'écho de la sortie de Home Defense en publiant de magnifiques dessins de Hank Porter dans le numéro d'août 1943 pour faire la publicité du court métrage

Vidéos
Home Defense (A l'attaque) sur Dailymotion (français)

Détails
Date de sortie : 26 novembre 1943 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Direction :
Jack King

Animation :
Bill Justice
Dick Lundy
Harvey Toombs
Paul Allen
Nick Nichols
Judge Whitaker
Hal King
Ray Patterson
Marvin Woodward

Scénario :
Carl Barks
Jack Hannah

Musique :
Paul J.Smith

Voix originales :
Clarence Nash (Donald, Riri, Fifi & Loulou)

Springtime (Printemps) (1929)

Résumé
Le printemps arrive et tout s'anime dans la nature pour fêter ce changement saisonnal : les fleurs, les oiseaux chantent et dansent, les corbeaux dansent. Au gré du temps, tantôt du soleil, tantôt de l'orage pendant un bref instant, les grenouilles et les araignées se rejoignent près du marais pour la "Danse des heures"...

Analyse
En 1929, alors que la série Mickey Mouse gagne en popularité, Carl Stalling, directeur musical et ami proche de Walt Disney propose à ce dernier de créer une série dont le thème s'articule autour d'une musique originale ou déjà existante. Selon Stalling, il est question d'une "série musicale (...) avec des figures inanimées comme des squelettes, des arbres, des fleurs, etc... venant à la vie, dansant et faisant d'autres mouvements ajustés à de la musique dans une ambiance plus ou moins rythmée et joyeuse." Ce projet voit le jour avec la naissance de la série Silly Symphonies et - plus précisément - avec la sortie de The Skeleton Dance en août 1929.


La production de Springtime intervient en été 1929, au même moment que celle de Mickey's Choo Choo. Avec ce 3e épisode, les studios Disney orientent la série Silly Symphonies vers plus de réalisme : le lyrisme de la nature ambiante et un minimum de gags sont les caractéristiques de ces quatre épisodes. Cependant, les Silly Symphonies évoluent par la suite en empruntant aux contes pour enfants ou à la mythologie avec des épisodes comme King Neptune (1932) ou Artic Antics (1930).  Springtime inaugure ainsi une série de quatre Silly Symphonies consacrées aux saisons : en 1930 sortent Summer (Eté) et Autumn (Automne). Cependant, Winter (Hiver)- qui achève ce cycle dédié aux saisons de la nature - n'est pas dirigé par Ub Iwerks, parti des studios Disney le 25 janvier 1930 pour mener sa propre carrière indépendamment de celle de Disney. En tant que compositeur associé au projet de Springtime, Carl Stalling utilise plusieurs extraits de musique sur un ton lyrique et enjoué, dans l'esprit de cette évolution des Silly Symphonies : un extrait de la "Danse des heures" tiré de l'opéra "La Gioconda" d'Almicare Ponchielli, mais aussi un extrait de "Morning" tiré de la pièce "Pee Gynt" du compositeur norvégien Edvard Grieg.

Springtime sort à la fin de l'année 1929 dans les salles de cinéma de Los Angeles et de New York aux côtés de films américains comme "Hallelujah !" de King Vidor. Le thème du printemps et des saisons reste cependant porteur pour la firme Disney, puisqu'en 1944 sort Springtime for Pluto (Le Printemps de Pluto), épisode dans lequel le chien fait face à la métamorphose de la nature à cette période. On peut cependant noter une brève apparition de Springtime (la scène du début avec les fleurs) dans le long métrage de (Les) 101 Dalmatiens de 1961. Peu connu jusqu'à une sortie inédite récente dans le DVD "More Silly Symphonies", Springtime comme tous les autres courts métrages noir & blanc des Silly Symphonies, doit être considéré comme une rareté.

Vidéo
Springtime sur Youtube (version originale)

Détails
Date de sortie : 24 octobre 1929 (États Unis) par Columbia Pictures
Noir & Blanc

Réalisation :
Walt Disney

Animation :
Ub Iwerks
Les Clark
Johnny Cannon
Wilfred Jackson
Carlos Manriquez (décors)

Musique originale :
Carl W. Stalling


 
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