TRÉSORS DISNEY

Tous les courts métrages, créateurs et raretés des studios Disney : secrets de productions, projets avortés de courts métrages, documents originaux...




The Barnyard Battle (Champ de Bataille) (1929)

Résumé
Après un entraînement au combat épuisant et une visite médicale, Mickey s'engage dans une troupe de souris combattantes dans le but de repousser une attaque des chats sur leurs fermes.

Analyse
The Barnyard Battle est le premier court métrage à mettre en scène Mickey en tant que soldat et participant à un conflit. C'est Mickey qui mène la troupe à la victoire. Il doit faire face à une armée de chats dont le chef est Pat Hibulaire, et l'issue de cette bataille donne la victoire au seul "petit gars", Mickey. Ce nouveau rôle accordé à Mickey, celui de soldat, humanise le personnage par rapport à ses fonctions précédentes. Ce n'est pas la première fois que la guerre est traitée par Walt Disney, le lapin Oswald en a déjà fait les frais dans Great Guns (1927) où il est blessé par un canon. The Barnyard Battle emprunte à la fois des éléments de la première guerre mondiale (1914-1918) en Europe, dont les scènes dans les tranchées, et des éléments tirés de la guerre de Sécession au XIXe siècle aux États Unis. Les chansons entonnées par les souris, comme "Battle Cry of Freedom" à la fin, rappellent aussi la guerre civile américaine. Il n'empêche : malgré le thème sérieux qui s'impose, les animateurs ont su habilement glisser quelques gags dans l'histoire.

La sortie de The Barnyard Battle en 1929-1930 correspond à une période où Disney cherche à s'implanter sur le vieux continent européen. Dés le début des années 1930, Mickey Mouse devient un phénomène mondial. En Europe, Disney fait diffuser ses courts métrages sortis quelques mois avant aux États Unis. The Barn Dance (Bal de campagne), sorti en mars 1929 en Amérique sort en Allemagne en 1930. Cinq autres courts métrages, dont The Skeleton Dance (première diffusion en août 1929 aux États Unis) arrivent de la même façon sur le marché allemand en février 1930. Ces courts métrages, même si plusieurs ont des scènes parfois jugées violentes, trouvent un certain écho en Europe, mais un en particulier est censuré en Allemagne, il s'agit de The Barnyard Battle. En effet, le court métrage devait sortir sous le titre Micky im Schützengraben (Mickey dans les tranchées).

Le conseil allemand de contrôle cinématographique (Deutsche Filmbewertungsstelle) jugeait que les scènes de combat entre souris et chats n'étaient pas comiques, étant donné qu'elles représentaient des scènes dans les tranchées similaires à celles de la première guerre mondiale. Autres motifs invoqués : les casquettes des souris ressemblent à celles des français, les casques d'acier des chats aux casques des soldats allemands, et les scènes dans les tranchées ressemblent à celles de la première guerre mondiale. Mais un autre motif est soulevé pour justifier la censure puisque The Barnyard Battle était accusé de souiller l'honneur allemand. D'autres courts métrages de Disney sont censurés à l'étranger, notamment The Skeleton Dance, jugé trop macabre au Danemark.

Références
ESTHER (Leslie), Hollywood Flatlands: Animation, Critical Theory and the Avant-Garde

Vidéos
The Barnyard Battle sur Youtube

Détails
Date de sortie : 25 avril 1929 (États Unis)
Noir & Blanc

Réalisation :
Walt Disney

Direction :
Walt Disney

Animation :
Ub Iwerks
Les Clark

Musique :
Carl W. Stalling

How to play Baseball (Dingo Joue au Baseball) (1942)

Résumé
Dingo nous montre comment jouer au baseball...

Analyse
How to play Baseball est mis en chantier à la demande de Samuel Goldwyn, également producteur du film Vainqueur du destin sorti en 1942. Deuxième de la série des "How to" après How to ride a Horse et sixième court métrage de la série Dingo, How to play Baseball est réalisé en l'espace de trois mois seulement afin de faire correspondre la sortie du court métrage avec celle du film de Goldwyn. Ce n'est pas la première ni la dernière fois que le thème du sport est illustré par les déboires de Dingo, qui à l'évidence, fait l'inverse de tout ce qu'il faudrait faire.  
How to play Baseball est le premier cartoon de Dingo à faire émerger le thème du sport en équipe.
Suivront How to Play Football (Dingo joue au football, 1944), Hockey Homicide (La Castagne, 1945) et Double Dribble (1946) qui traiteront du football américain, du hockey sur glace et du basketball. Dans les précédents épisodes, il était question de sports individuels : le ski dans The Art of Skiing ou la boxe dans The Art of Self Defense. La voix de Dingo est ici doublée par George Johnson, qui a pris le relais de Pinto Colvig de 1939 à 1943 dans environ une douzaine de court métrages Disney, à commencer par Dingo et Wilbur en 1939. Ollie Johnston a pour sa part animé le personnage de Dingo, dont l'apparence est déclinée en plusieurs joueurs sur le terrain. Mais Dingo ne parle quasiment jamais étant donné que c'est le narrateur, en l’occurrence Fred Shields pour la voix originale, qui occupe cette place. Ce choix de privilégier la narration est l'essence même de la série des "How to" lancée dés 1941 par Jack Kinney, marquant une évolution sensible du personnage de Dingo. A sa sortie dans les salles, How to play Baseball est diffusé avant le film "The Pride of the Yankee" ("Vainqueur du destin"), racontant la vie d'un joueur de baseball. Un journaliste du New York Times dira à propos de How to play Baseball que "c'est un dessin animé délicieusement déroutant, une parodie dingo".

Vidéos
How to play Baseball sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 4 septembre 1942 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Jack Kinney

Animation :
Ollie Johnston
Ward Kimball
Les Clark  
Marc Davis
Hugh Fraser
Milt Neil   
John Sibley
Bill Tytla
Al Zinnen

Effets visuels :
Edwin Aardal
Andy Engman

Voix originales :
George Johnson (Dingo)
Fred Shields (narrateur)

Musique originale :
Paul J. Smith

Mickey's Follies : documents originaux (1)


Partition de la musique Minnie's Yoo Hoo
du court métrage Mickey's Follies (1929)

Mickey's Follies (Les Folies de Mickey) (1929)

Résumé
La ferme des animaux est en effervescence et laisse place à la musique et à l'animation, en raison de la venue des "Mickey's Follies". Après le défilé des canards, c'est au tour d'une poule et d'un coq de mettre l'ambiance dans la ferme, en interprétant une scène dramatique. Sous les applaudissement du public animalier, le spectacle se poursuit avec l'interprétation de Patricia Pig d'un air d'opéra avec plus ou moins de succès. Heureusement, Mickey fait son apparition au piano puis sur scène en interprétant des musiques en l'honneur de Minnie.

Analyse
L'ensemble des gags du dessin animé sont tous musicaux, à une période où le personnage de Mickey est lui aussi musical. Le court sort aussi à une période, faut-il le rappeler, où les dessins animés coûtent cher à produire pour les studios : Mickey's Follies coûte à lui seul 4,180$ tandis que The Karnival Kid, sorti quelques mois avant en mai 1929 , coûte beaucoup plus cher (5,357$). Mickey est alors montré comme le personnage central, à la tête de la troupe musicale de la ferme des animaux ; et curieusement, il n’apparaît qu'au tout début et à la fin de l'histoire, comme pour marquer les esprits.


Des films comme Mickey's Follies, Mickey's Choo Choo, The Jazz Fool et The Plow Bow ont eu un grand succès et Mickey Mouse est devenu à la mode d'ici la fin de l'année 1929. Mickey's Follies met en avant la célèbre chanson en l'honneur de Minnie, "Minnie's Yoo Hoo", qui deviendra une chanson très populaire sur les ondes des radios américaines en 1929-1930. L'air de la chanson sera repris par la suite pour le Mickey Mouse Club, dés l'année qui suit la sortie du court métrage. La musique est aussi popularisée dans d'autres courts métrages de la série Mickey Mouse. Au cours de la chanson "Minnie's Yoo Hoo" de Carl Stalling, on retrouve un air issu du folklore américain, il s'agit de "Old Folks At Home" ou "Swanee River" composé par Stephen Foster en 1851.

"Minnie's Yoo Hoo" est avant tout dû au talent de Carl W. Stalling, qui apparaît en tant que compositeur de musique dans plusieurs courts métrages des studios Disney, aussi bien des premiers Mickey Mouse que dans les Silly Symphonies à la fin des années 1920. L'air de Minnie's Yoo Hoo, dont quelques-unes des paroles ont été écrites par Walt Disney, reste d'ailleurs collé au personnage de Mickey et au couple Mickey-Minnie jusque dans les années 1950 où une nouvelle chanson, celle du Mickey Mouse Club March, s'impose pour le personnage de Mickey. Dans la version originale, Walt Disney prête sa voix à Mickey et Marcelitte Garner double celle de Minnie, rôle qu'elle gardera jusqu'à la fin des années 1930 s'agissant du personnage de Minnie. En revanche, la voix originale de Patricia Pig est inconnue. Enfin, ce court métrage est aussi le premier - et de loin le dernier - que Wilfred Jackson supervise en tant que réalisateur.

Références
HISHAK (Thomas S.), ROBINSON (Mark A.), The Disney song encyclopedia
HISHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors: A Biographical Dictionary
WATTS (Steven), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life

Vidéos
Mickey's Follies sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 26 juin 1929 (États Unis) par Celebrity Production
Noir & Blanc

Réalisation :
Wilfred Jackson

Animation :
Ub Iwerks

Musique originale :
Carl W. Stalling

Voix originales :
Walt Disney (Mickey)
Marcellite Garner (Minnie)

The Emperor's New Clothes (projets avortés) (1935)

Résumé
Il était une fois... un empereur qui adorait se vêtir. Il disposait de vêtements différents à chaque occasion et chaque jour. Deux tisserands, qui venaient d'arriver dans la ville où l'Empereur habitait, se firent passer pour les meilleurs tisserands du monde et promirent de lui fabriquer un nouveau vêtement unique, qui serait invisible aux gens stupides et seulement visible aux personnes intelligentes. Les tisserands une fois à l'oeuvre jour et nuit, l'Empereur attendait impatiemment cet habit. Il se rendit chez les deux tisserands. Mais à sa grande surprise, comme pour les ministres qui s'étaient rendus sur place, ils ne virent rien sur le métier à tisser. Ils décidèrent de ne rien dire autour d'eux, de peur de passer pour des idiots aux yeux des gens. Un jour, les deux tisserands annoncèrent que l'ouvrage était achevé et le portèrent à l'Empereur qui le porta et sortit pour se montrer à la foule. Les habitants virent l'Empereur et firent part d'une grande admiration sur le nouvel habit, car eux aussi ne voulaient pas passer pour des idiots. Parmi la foule, un garçon annonça que l'Empereur ne portait aucun vêtement, ce qui était vrai, et la foule entière reconnut que l'Empereur était nu.

Analyse
En 1935, Ted Sears décide d'adapter le conte d'Andersen The Emperor's New Clothes pour la série Silly Symphonies ; mais le scénario manque de consistance pour en faire une Silly Symphony et l'année suivante,  il est envisagé d'adapter le conte d'Andersen pour la série Mickey Mouse dans un épisode où apparaîtraient ensemble Mickey, Donald et Dingo. On peut imaginer qu'ils endossent le rôle de l'Empereur ou ceux des tisserands, Mickey ayant par la suite endossé le rôle d'un souverain dans The Prince and the Pauper (Le Prince et le Pauvre), et Donald et Dingo formant un duo plutôt réussit dans d'autres épisodes. Pour des raisons restées inconnues, le projet The Emperor's New Clothes a été mis au placard en 1936 et n'a jamais vu le jour...

Détails
Pays : États Unis
Walt Disney Studios 
Série : Silly Symphonies / Mickey Mouse
Date du projet : 1935-1936

Sur une idée de :
Ted Stears (?)

Education for Death (Education à la mort) (1943)

Résumé
L'histoire se focalise sur l'éducation d'un jeune allemand, Hans, embrigadé dans la doctrine nazie ("The Making of a Nazi", c'est à dire comme on fabrique un nazi). Au fil des années, le petit Hans devient peu à peu un soldat, recevant une "éducation à la mort" au cours de laquelle il apprend à devenir une machine sans "aucune graine de rire, d'espoir, de tolérance ou de pitié".

Analyse
Education for Death succède à Der Fuehrer's Face (sortie au début de l'année 1943) dans la série des courts métrages de propagande anti-nazie, série qui occupe les studios de la souris aux grandes oreilles pendant quasiment toute la période de la guerre, ce qui l'empêche d'ailleurs de sortir de grandes productions comme les longs métrages. Certaines productions comme Dumbo ou Fantasia ne rencontrent pas le succès espéré et mettent Walt Disney en difficulté sur le plan financier (Fantasia a ainsi coûté 4 fois le budget initial !). De 1941 à 1945, les studios Disney signent un contrat avec l'armée américaine pour réaliser un total de 32 courts métrages animés de propagande pour 4,500 $ pièce. Ce sont précisément ces dessins animés de propagande, très violente dans Education for Death, qui permettent au studio de survivre à la crise. Au moment de sa sortie en 1943, le court métrage est présenté comme un "entertainment show", c'est à dire un film de divertissement, dont l'issue reste très sombre cependant.

De l'avis de l'historien Disney Leonard Maltin, qui dirige aussi la prestigieuse collection DVD "Walt Disney Treasures", les artistes animateurs ont particulièrement travaillé sur les formes humaines, tantôt effrayantes avec des jeux d'ombres, tantôt attendrissantes notamment lorsqu'il s'agit de décrire la naïveté des parents de Hans au début face à un régime autoritaire. Dans sa biographie sur Walt Disney, Louise Krasniewicz résume dans une longue phrase le message du court métrage : dans Education for Death, un court métrage animé de dix minutes sur comment les professeurs nazis "endoctrinent la jeunesse avec la philosophie des surhommes défendue par la trinité diabolique allemande [Hitler, Goebbels, Goering]", les artistes Disney ont eut recours à la satire, à l'humour et aux stéréotypes ethniques pour délivrer leur message"


Ward Kimball réalise l'essentiel du travail d'animation. Le court métrage est une histoire narrée, où finalement les personnages sont des illustrations qui servent le dialogue et les commentaires du narrateur Art Smith. Les personnages parlent exclusivement allemand, leur dialogue est retransmis indirectement en anglais par Art Smith . D'autre part, les animateurs ont puisé dans les archives de guerre notamment en ce qui concerne la voix originale d'Adolph Hitler qui est utilisée dans le court. Parmi la musique du court métrage, les artistes se sont inspirés du folklore allemand avec l'extrait de "La chevauchée des Walkiries" de Richard Wagner, ou encore en parodiant le conte La Belle au bois dormant. Il y a aussi le portrait d'Hitler en chevalier conquérant réalisé par Hubert Lanzinger en 1938 (Der Bannerträger), dont les animateurs ont pu s'inspirer.
Le court métrage est inspiré du livre "Education for Death - The Making of the Nazi" écrit par l'américain Gregor Ziemer, à qui on doit l'adaptation. 
Le livre, qui connait un succès à sa sortie, n'est pas un roman fiction comme on pourrait penser, car Gregor Ziemer a vécu en Allemagne de 1928 à 1939. Son récit s'inspire donc bien de la réalité de l'Allemagne nazie et en particulier de l'endoctrinement des plus jeunes par la société. De toute évidence, le court métrage ne reprend pas la totalité du livre qui se veut d'ailleurs plus narratif, mais fait allusion à certains éléments comme les autodafés de livres d'Albert Einstein, de Voltaire ou de Thomas Mann, ou encore une allusion à l'euthanasie pour ceux considérés comme improductifs par la régime nazi, lorsque le jeune Hans tombe malade. Il y a enfin la politique des naissances sous le IIIe Reich qui est évoquée. Parmi les autres allusions historiques du court métrage, on remarque au début parmi la liste des "noms interdits", ceux de Franklin, Joseph et Winston en référent à Franklin Roosevelt, Joseph Staline et Winston Churchill.

L'ensemble des historiens Disney s'accordent pour dire que Education for Death est le court métrage de propagande le plus "dur" de Disney, avec une fin tragique proche de celle de Chicken Little. Mais alors que Education for Death et Reason and Emotion sont similaires au format de documentaire, Der Fuehrer's Face et Chicken Little pourraient prendre place dans la série des courts métrages Donald Duck ou des Silly Symphonies. Le livre de Gregor Ziemer connait encore d'autres adaptations en film. La même année 1943 sort "Hitler's Children" (Les enfants d'Hitler), cette fois-ci une adaptation en film avec des acteurs réels. Une page du magazine Life de février 1943 est d'ailleurs consacrée à la promotion du court métrage Education for Death et à la fois du film.

Références
BOWDOIN VAN RIPER (A), Learning from Mickey, Donald and Walt: Essays on Disney's Edutainment Films
KRASNIEWICZ (Louise), Walt Disney : A Biography
SHULL (Michael S.), WILT (David E.), Doing their bit: wartime American animated short films, 1939-1945

Vidéos
Education for Death sur Youtube (VO sous titrée français)
La bande annonce du film "Hitler's children" (1943) sur Youtube (anglais)

Détails
Date de sortie : 15 janvier 1943 (Etats Unis)
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Clyde Geronimi

Animation :
Norman Tate
George Rolley
John Lounsbery
Dan MacManus 
Milt Kahl
Ward Kimball
Bill Tytla
Frank Thomas

Layout :
Charles Philippi
Herbert Ryman
Ken O'Connor
Scénario :
Gregor Ziemer

Musique :
Oliver Wallace

Hungry Hoboes (1928)

Résumé
Oswald et son ami Pete montent en cachette dans un train, habillés en clochards. Tous deux montent à bord de ce train rempli d'animaux de ferme à la recherche de nourriture. Affamés, il décident de voler les oeufs à un poulet qui refuse de pondre des oeufs. Oswald se décide alors à tordre la tête du poulet pour obtenir des oeufs. Comme il n'y a pas de cuisinière, Pete fait cuire les oeufs dans une poêle sur le dos d'Oswald. Sur le point de se faire attraper par la police, Oswald et Pete parviennent à s'échapper en se faisant passer pour un joueur de vielle et un singe. En jouant de la musique, la manivelle de la vielle à roue frappe les autres animaux qui se mettent à pousser des cris.

Analyse
On sait peu de choses sur ce court métrage appelé Hungry Hobos (ou Hoboes) d'un peu plus de 5 minutes, ni même les raisons pour lesquelles il est resté perdu pendant des décennies, depuis le début de la seconde guerre mondiale. C'est grâce à une heureuse découverte que le film n'est pas tombé définitivement aux oubliettes. Au début de l'année 2011, Robert Dewar, directeur commercial de Huntley Film Archives (une des plus grandes bibliothèques de films indépendants de Grande-Bretagne) et ses collègues retrouvent lors d'un inventaire la seule copie connue de Hungry Hobos, l'original ayant été perdu depuis des décennies. Hungry Hobos est un des 26 épisodes mettant en vedette Oswald le lapin chanceux, un personnage créé par Disney et le dessinateur Ub Iwerks en 1927 pour Universal Studios. En 1927, après un premier refus par le studio d'Hollywood du court métrage Poor Papa, c'est Trolley Trobles (Mésaventures en Tramway) qui permet de lancer la série Oswald. Réalisé à la fin des années 1920, Hungry Hobos figure parmi les derniers épisodes de la série Oswald, personnage largement considéré comme un prototype de la souris Mickey. Le lapin chanceux est apparu sous plusieurs formes au fil des ans, mais ce qui fait l'importance de Hungry Hobos, c'est que Pete et Oswald, ennemis dans les épisodes précédents, deviennent cette fois-ci amis. Fini les querelles et les duels entre les deux adversaires. Dans  Hungry Hoboes, les animateurs ont insisté sur une forme de violence comique, qui sera aussi présente dans les premiers épisodes de Mickey dans les années 1920, et qui finira par s'effacer progressivement des scénarios.
"[Hungry Hoboes] est un film très divertissant et historiquement important qui fait partie du patrimoine de Disney" - Serge Bromberg
Hungry Hobos a été diffusé le 14 mai 1928, un jour avant la première apparition à l'écran de Mickey Mouse dans Plane Crazy. Il est aussi l'un des seuls épisodes à sortir de l'ombre, parmi d'autres films de la série originale considérés comme définitivement perdus. En 1928, Disney demande plus d'argent à Universal mais sa demande est rejetée, provoquant sa décision de se séparer du studio. Ub Iwerks part avec Walt, et tous deux créent Mickey Mouse, une autre version d'Oswald. Fort heureusement retrouvé, Hungry Hobos est proposé aux enchères à Los Angeles (États Unis) le 14 décembre 2011 où il s'est vendu pour 31,250 $US. C'est Disney, la société de divertissement mondiale, qui, au courant de cette découverte s'est portée acquéreur du précieux film. Le 2 septembre 2012, une version restaurée d'Hungry Hoboes a été présentée au public à l'occasion du 39ème Telluride Film Festival aux États Unis.

Références
Hungry Hobos sur The Telegraph (anglais)
Hungry Hobos sur Dailymail (anglais)
Hungry Hobos sur Wired (anglais)

Détails
Date de sortie : 14 mai 1928 (États Unis) par Universal Pictures
Noir & Blanc (muet)

Réalisation :
Walt Disney

Caméra :
Mike Marcus

Donald's Ostrich (L'Autruche de Donald) (1937)

Résumé
Donald, chef de gare, réceptionne un curieux colis haut sur patte si on peut dire. Une autruche. Mais cette rencontre n'est que le début de toute une série de gags au cours desquels Hortense (c'est le nom de l'autruche) met à rude épreuve les nerfs de notre canard si calme à son habitude...


Analyse
Après Modern Inventions (1937), Donald's Ostrich est le troisième court métrage de Donald, mais le premier à sortir avec le label R.K.O, les épisodes précédents de la série Donald étant distribués par United Artist. On retrouve Donald en solo dans cette histoire, avec une autruche nommée Hortense. C'est d'ailleurs la première fois que Donald agit en solo dans un court métrage animé, depuis que son histoire a commencé quelques années plus tôt en 1934. De son côté, c'est la seule apparition d'Hortense dans un court métrage, elle a aussi une carrière comme animal de compagnie de Donald dans la première parution de la bande dessinée Donald Duck Annual de 1938, parue au Royaume Uni.

Les gags de l'histoire proviennent pour l'essentiel de l'autruche, laquelle avale toutes sortes d'objets (réveil, poste de radio, accordéon et mêmes des ballons...) produisant eux-mêmes différents sons étranges (les appels au secours de la radio, les bulles d'air aspirées par Hortense). Le choix de donner un personnage destiné à agacer Donald est le fait du scénariste Carl Barks, à qui on doit l'essentiel de l'histoire : en effet, Mickey avait déjà été confronté à d'autres personnages animaliers auparavant, notamment le perroquet dans Steamboat Willie (1928), il fallait donc trouver aussi des animaux à apposer au canard irascible. Lorsque Donald fait la rencontre d'Hortense, il ne peut échapper à son destin de l'avoir sur le dos et de s'en occuper, en dépit de son caractère très volatile. C'est ainsi que au moment où Hortense avale la radio, à chaque hoquet produit, la station change.

"Le film atteint son paroxysme au moment où Hortense pourchasse Donald dans la station de train tout en imitant une course automobile. Lorsqu'ils percutent une pile de bagages, elle surgit au milieu des débris pour donner un bisou au canard piégé"
On peut citer l'analyse du rapport entre les deux personnages faite par Tom Andrae : selon lui, Hortense agirait comme un enfant incontrôlable tandis que Donald jouerait le rôle du parent cherchant à rattraper la situation. Le court métrage est principalement destiné à un public enfant, très amusé de voir l'autorité des parents mise en déroute (en effet, au moment où Hortense avale plusieurs objets, Donald est absent de ces scènes) Une autre sorte d'humour est en jeu : à plusieurs reprises, Hortense piège Donald en l'embrassant. Andrae poursuit en voyant dans ce rapport entre Donald et Hortense une figure féminine mettant à mal l'autorité masculine, "une sorte d'humour misogyne typique de l'animation Disney de cette époque". Il y a aussi l'apparition de la radio qui était considérée comme très moderne dans la fin des années 1930, un véritable média de masse pour toute la population. Les voix originales des personnages sont les voix "traditionnelles" avec dans l'ordre Clarence Nash pour Donald, et Pinto Colvig pour l'autruche Hortense, en ce qui concerne ses hoquets. Il y a enfin Billy Bletcher, la voix particulière de Pat Hibulaire mais aussi du grand méchant loup des Silly Symphonies. On le retrouve la même année dans Modern Invention, ainsi que dans Officer Duck (Agent canard) sorti quelques années plus tard en 1939. Dans Donald's Ostrich, Billy Bletcher prête sa voix à la radio avec le concours de Elvia Allman, la voix originale de Clarabelle.

Références
ANDRAE (Tom), Carl Barks and the Disney comic book: unmasking the myth of modernity
HICHAK (Thomas S), Disney Voice Actors: A Biographical Dictionary

Vidéos
L'autruche de Donald sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 10 décembre 1937 (Etats Unis)
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Jack King

Animation :
Jack Hannah
Paul Allen
Johnny Cannon

Scénario :
Carl Barks

Musique :
Oliver Wallace

Donald's Ostrich : documents originaux (1)

Poster original de Donald's Ostrich (L'Autruche de Donald, 1937) 
Origine : (Australie)


 
blogger