Affiche originale de Goofy and Wilbur (1939)
Goofy and Wilbur (Dingo et Wilbur) (1939)
Résumé
Wilbur, le grillon mais aussi l'ami de Dingo aide ce dernier à attraper des poissons dans une zone pourtant interdite à la pêche. Mais en s'approchant trop près des poissons, Wilbur prend un risque énorme après avoir attisé la colère d'une carpe très friande des petits orthoptères. Mais dans la fuite, Wilbur est avalé par un crapaud. Et de fil en aiguille, Dingo perd la trace de son grillon, en désespérant de le revoir. Et fort heureusement, la providence n'est pas loin.
Analyse
Goofy and Wilbur marque le début officiel de la série des courts de Dingo, même si une première mais brève apparition du personnage avait eu lieu quelques années auparavant en 1932 dans Mickey's Revue (Mickey au Théâtre) en tant que figurant. Cette fois, Dingo est le personnage principal de l'histoire en compagnie de son grillon Wilbur, dont ce sera la première et dernière apparition. George Johnson réalise pour sa première fois la voix originale de Dingo, et c'est ainsi qu'il poursuivra cette tâche pour une douzaine de dessins animés de la série Dingo, en particulier les cartoons dédiés aux sports comme The Art of Skiing (Leçon de ski, 1941) ou The Olympic Champ (Dingo champion olympique, 1942). Pour palier au départ de Colvig en 1937, les studios font appel à d'autres imitateurs susceptibles de remplacer la voix originale de Dingo : ils pensent à George Johnson ou à Bob Jackman. De 1939 à 1943, c'est Johnson qui est choisit pour imiter la voix originale de Dingo dans plusieurs épisodes de la série, à commencer par Goofy and Wilbur.
Ce premier court métrage ne lance pas vraiment la popularité de Dingo, dont le potentiel émerge surtout avec le succès de How to Ride a Horse (Comment faire de l'équitation) sorti en 1941 et avec la série des "How to" où "Goofy" se ridiculise comme jamais mais témoigne d'une certaine sensibilité par moments. Une promotion de Goofy and Wilbur a été assurée par le dessinateur et journaliste du magazine Good Housekeeping, Tom Wood, lequel a rejoint les studios Disney en 1932. Ce magazine assure également la publicité d'autres courts métrages de la firme, jusqu'à la fin des années 1940, date à laquelle le studio cesse de faire cette promotion, en raison des coûts de publicité devenus trop élevés. Lorsque Goofy and Wilbur est diffusé à la télévision dans les années 1950 aux Etats Unis, le grillon Wilbur y est présenté comme un neveux de Jiminy Cricket, qui s'était fait remarqué dans Pinocchio, sans doute parce que Pinocchio était sorti quelques mois plus tard après Dingo et Wilbur.
Références
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors: A Biographical Dictionary
LENBURG (Jeff), Who's who in animated cartoons
PERI (Don), Working with Walt: interviews with Disney artists
Vidéos
Dingo et Wilbur sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 17 mars 1939 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)
Réalisation :
Dick Huemer
Animation :
Wolfgang Reitherman
Berny Wolf
Art Babbitt
Isadore Klein
John Meador
Ed Love
Scénario :
Otto Englander
Musique originale :
Paul J. Smith
Voix originales :
George Johnson (Dingo)
Wilbur, le grillon mais aussi l'ami de Dingo aide ce dernier à attraper des poissons dans une zone pourtant interdite à la pêche. Mais en s'approchant trop près des poissons, Wilbur prend un risque énorme après avoir attisé la colère d'une carpe très friande des petits orthoptères. Mais dans la fuite, Wilbur est avalé par un crapaud. Et de fil en aiguille, Dingo perd la trace de son grillon, en désespérant de le revoir. Et fort heureusement, la providence n'est pas loin.
Analyse
Goofy and Wilbur marque le début officiel de la série des courts de Dingo, même si une première mais brève apparition du personnage avait eu lieu quelques années auparavant en 1932 dans Mickey's Revue (Mickey au Théâtre) en tant que figurant. Cette fois, Dingo est le personnage principal de l'histoire en compagnie de son grillon Wilbur, dont ce sera la première et dernière apparition. George Johnson réalise pour sa première fois la voix originale de Dingo, et c'est ainsi qu'il poursuivra cette tâche pour une douzaine de dessins animés de la série Dingo, en particulier les cartoons dédiés aux sports comme The Art of Skiing (Leçon de ski, 1941) ou The Olympic Champ (Dingo champion olympique, 1942). Pour palier au départ de Colvig en 1937, les studios font appel à d'autres imitateurs susceptibles de remplacer la voix originale de Dingo : ils pensent à George Johnson ou à Bob Jackman. De 1939 à 1943, c'est Johnson qui est choisit pour imiter la voix originale de Dingo dans plusieurs épisodes de la série, à commencer par Goofy and Wilbur.
Entre 1939 et 1944, Pinto Colvig ne double la voix de "Goofy" que très rarement : deux fois en 1940, un fois seulement en 1941 et une autre en 1943.Par la suite, Johnson laisse le champ libre à Pinto Colvig qui assumera la voix officielle de Dingo jusqu'en 1967. De son côté, l'animateur Joshua Meador est intervenu pour les effets spéciaux, en particulier lors des scènes très rapides où Wilbur sautille ça et là dans tous les sens. Le réalisateur, Dick Huemer, lequel a rejoint les studios Disney en 1933 en tant qu'animateur dirige pour la première fois un dessin animé, bien qu'auparavant, il a été animateur dans plusieurs épisodes dans la série Silly Symphonies comme The Wise Little Hen (La petite poule avisée), où il anime lui-même Donald dans sa première scène. Au cours de sa carrière chez Disney, Dick Huemer ne réalise que deux courts métrages, Dingo and Wilbur en 1939 et Chasseurs de baleines, sorti un an plus tôt, où il travaille aux côtés de David Hand. Dans une interview, Dick Huemer ressent de la fierté et de l'admiration pour ces deux participations comme directeur, mais exprime aussi son regret de n'avoir pas pu poursuivre cette expérience. Walt en a décidé autrement, préférant que Dick Huemer s’attelle à la production de Pinocchio en 1939. Dingo et Wilbur est de la sorte réalisé par plusieurs artistes qui ont rejoint les studios Disney au début des années 1930, comme Dick Huemer et Ed Love.
Ce premier court métrage ne lance pas vraiment la popularité de Dingo, dont le potentiel émerge surtout avec le succès de How to Ride a Horse (Comment faire de l'équitation) sorti en 1941 et avec la série des "How to" où "Goofy" se ridiculise comme jamais mais témoigne d'une certaine sensibilité par moments. Une promotion de Goofy and Wilbur a été assurée par le dessinateur et journaliste du magazine Good Housekeeping, Tom Wood, lequel a rejoint les studios Disney en 1932. Ce magazine assure également la publicité d'autres courts métrages de la firme, jusqu'à la fin des années 1940, date à laquelle le studio cesse de faire cette promotion, en raison des coûts de publicité devenus trop élevés. Lorsque Goofy and Wilbur est diffusé à la télévision dans les années 1950 aux Etats Unis, le grillon Wilbur y est présenté comme un neveux de Jiminy Cricket, qui s'était fait remarqué dans Pinocchio, sans doute parce que Pinocchio était sorti quelques mois plus tard après Dingo et Wilbur.
Références
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors: A Biographical Dictionary
LENBURG (Jeff), Who's who in animated cartoons
PERI (Don), Working with Walt: interviews with Disney artists
Vidéos
Dingo et Wilbur sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 17 mars 1939 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)
Réalisation :
Dick Huemer
Animation :
Wolfgang Reitherman
Berny Wolf
Art Babbitt
Isadore Klein
John Meador
Ed Love
Scénario :
Otto Englander
Musique originale :
Paul J. Smith
Voix originales :
George Johnson (Dingo)
Orphan's benefit (Le gala des orphelins) (1934)
Résumé
Une soirée théâtrale est donnée en l'honneur des petits orphelins. Donald sait mettre l'ambiance dans la salle, jusqu'à faire rire les petits bambins lorsqu'il récite les poèmes "Mary Had a Little Lamb" et Little Boy Blue, une autre chanson pour enfants. Un autre numéro fait apparaitre Horace, Clarabelle et Dingo dans ce qui semble être un ballet très acrobatique, où Dingo et Horace jouent tour à tour avec Clarabelle. De retour sur scène, Donald ne fait pas l'unanimité pour les orphelins qui se moquent de lui. Puis c'est au tour de Mickey de refaire son apparition au piano, aux côtés de la poule vedette d'opéra, Clara Cluck, avec un succès qui enthousiasme toute la salle.
Analyse
C'est la première fois où Mickey apparaît aux côtés de Donald Duck, qui avait fait une première apparition dans la Silly Symphony The Wise Little Hen (Une petite poule avisée) sorti la même année, deux mois auparavant ! On y voit Donald comme parfait numéro, toujours prêt à se montrer en spectacle - et si possible en ridicule - devant le public. Curieusement, c'est aussi la première fois où Donald se met en colère, avec la mimique qui lui correspondra toute sa carrière, dans sa "pose de combat" ou fighting pose selon les termes de l'animateur Dick Lundy qui a lui même fait l'animation de ces scènes. La personnalité caractérielle de Donald apparait avec ce court métrage, ce qui signifie pour certains spécialistes que Donald est vraiment né avec Orphan's Benefit, son apparition précédente ayant essentiellement levé le voile sur l'apparence du personnage.
D'un autre côté, ce court métrage fait de Mickey, comme Donald, des personnages moins solitaires, entourés de leurs amis Clarabelle, Horace et Dingo. Le personnage de Clara Cluck, dont la voix originale n'est autre que celle de Florence Gill, fait sa première apparition comme cantatrice. On peut d'ailleurs penser que le personnage de Clara Cluck est inspiré de la poule de The Wise Little Hen. Les imitations de Donald sont nombreuses avec d'abord la récitation de poèmes comme "Mary Had a Little Lamb" qui ont fait connaitre entre autres Clarence Nash comme il l'annonce dans une interview. Son interprétation de "The Sailor's Hornpipe" met en lumière le réel talent de Clarence Nash et sa capacité à imiter aussi bien les voix que les chansons ou les poèmes.
Le thème des orphelins revient ainsi dans d'autres courts métrages comme Orphan's Picnic. Orphan's Benefit, du point de vue de l'historien Marcia Blitz, met en scène le slapstick, un genre comique impliquant qu'un personnage se fasse mal de façon exagérée afin de provoquer le rire parmi les spectateurs. Donald est donc aussi le vilain petit canard malchanceux dans Orphan's Benefit. Le thème du music-hall et du spectacle revient dans d'autres courts métrages comme Mickey's Grand Opera sorti en 1942. Pour Ward Kimbal, le studio avait des retombées formidables de la part du public qui avait été voir Orphan's Benefit. Les gosses dans le théâtre aimait, haissaient ou huaient Donald Duck. Le gala des orphelins, d'abord sorti en noir et blanc en 1934, ressort quelques années plus tard en 1941 dans une version colorisée Technicolor, sous le titre français de Mickey Bienfaiteur. C'est l'un des rares courts métrages de Disney à être revue par les studios, ce n'est d'ailleurs par la même équipe d'animateurs qui s'occupe de ce remake. Dans cette dernière version en couleur, les apparences des personnages ont été modernisées, et la dernière phrase que lance Donald aux bambins "Aw... Nuts" est remplacée par "Ow... Phooey", remplacement que l'on ne voit que dans la version originale du court métrage.
Références
Orphan's Benefit sur le site imdb.com (anglais)
Orphan's Benefit sur le site disneyshorts.org (anglais)
Vidéos
Le gala des orphelins (1934) sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 11 août 1934 (États Unis) par United Artists
Noir & Blanc
Direction :
Burt Gillett
Animation :
Johnny Cannon
Norman Ferguson
Ward Kimball
Dick Lundy
Voix originales :
Walt Disney (Mickey Mouse)
Pinto Colvig (Dingo)
Clarence Nash (Donald Duck)
Florence Gill (Clara Cluck)
Musique :
Frank Churchill
Une soirée théâtrale est donnée en l'honneur des petits orphelins. Donald sait mettre l'ambiance dans la salle, jusqu'à faire rire les petits bambins lorsqu'il récite les poèmes "Mary Had a Little Lamb" et Little Boy Blue, une autre chanson pour enfants. Un autre numéro fait apparaitre Horace, Clarabelle et Dingo dans ce qui semble être un ballet très acrobatique, où Dingo et Horace jouent tour à tour avec Clarabelle. De retour sur scène, Donald ne fait pas l'unanimité pour les orphelins qui se moquent de lui. Puis c'est au tour de Mickey de refaire son apparition au piano, aux côtés de la poule vedette d'opéra, Clara Cluck, avec un succès qui enthousiasme toute la salle.
Analyse
C'est la première fois où Mickey apparaît aux côtés de Donald Duck, qui avait fait une première apparition dans la Silly Symphony The Wise Little Hen (Une petite poule avisée) sorti la même année, deux mois auparavant ! On y voit Donald comme parfait numéro, toujours prêt à se montrer en spectacle - et si possible en ridicule - devant le public. Curieusement, c'est aussi la première fois où Donald se met en colère, avec la mimique qui lui correspondra toute sa carrière, dans sa "pose de combat" ou fighting pose selon les termes de l'animateur Dick Lundy qui a lui même fait l'animation de ces scènes. La personnalité caractérielle de Donald apparait avec ce court métrage, ce qui signifie pour certains spécialistes que Donald est vraiment né avec Orphan's Benefit, son apparition précédente ayant essentiellement levé le voile sur l'apparence du personnage.
D'un autre côté, ce court métrage fait de Mickey, comme Donald, des personnages moins solitaires, entourés de leurs amis Clarabelle, Horace et Dingo. Le personnage de Clara Cluck, dont la voix originale n'est autre que celle de Florence Gill, fait sa première apparition comme cantatrice. On peut d'ailleurs penser que le personnage de Clara Cluck est inspiré de la poule de The Wise Little Hen. Les imitations de Donald sont nombreuses avec d'abord la récitation de poèmes comme "Mary Had a Little Lamb" qui ont fait connaitre entre autres Clarence Nash comme il l'annonce dans une interview. Son interprétation de "The Sailor's Hornpipe" met en lumière le réel talent de Clarence Nash et sa capacité à imiter aussi bien les voix que les chansons ou les poèmes.
Le thème des orphelins revient ainsi dans d'autres courts métrages comme Orphan's Picnic. Orphan's Benefit, du point de vue de l'historien Marcia Blitz, met en scène le slapstick, un genre comique impliquant qu'un personnage se fasse mal de façon exagérée afin de provoquer le rire parmi les spectateurs. Donald est donc aussi le vilain petit canard malchanceux dans Orphan's Benefit. Le thème du music-hall et du spectacle revient dans d'autres courts métrages comme Mickey's Grand Opera sorti en 1942. Pour Ward Kimbal, le studio avait des retombées formidables de la part du public qui avait été voir Orphan's Benefit. Les gosses dans le théâtre aimait, haissaient ou huaient Donald Duck. Le gala des orphelins, d'abord sorti en noir et blanc en 1934, ressort quelques années plus tard en 1941 dans une version colorisée Technicolor, sous le titre français de Mickey Bienfaiteur. C'est l'un des rares courts métrages de Disney à être revue par les studios, ce n'est d'ailleurs par la même équipe d'animateurs qui s'occupe de ce remake. Dans cette dernière version en couleur, les apparences des personnages ont été modernisées, et la dernière phrase que lance Donald aux bambins "Aw... Nuts" est remplacée par "Ow... Phooey", remplacement que l'on ne voit que dans la version originale du court métrage.
Références
Orphan's Benefit sur le site imdb.com (anglais)
Orphan's Benefit sur le site disneyshorts.org (anglais)
Vidéos
Le gala des orphelins (1934) sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 11 août 1934 (États Unis) par United Artists
Noir & Blanc
Direction :
Burt Gillett
Animation :
Johnny Cannon
Norman Ferguson
Ward Kimball
Dick Lundy
Voix originales :
Walt Disney (Mickey Mouse)
Pinto Colvig (Dingo)
Clarence Nash (Donald Duck)
Florence Gill (Clara Cluck)
Musique :
Frank Churchill
Snow Babies (projets avortés) (1936)
Résumé
Les personnages de Snow Babies sont sans doute les mêmes que ceux présents dans la Silly Symphonie Water Babies, dans une ambiance hivernale comme le suggère le titre, où les enfants jouent dans la neige. On pourrait traduire le titre, dans l'esprit des autres courts métrages, par "Bébés de la neige". Et à l'image de Water Babies, on peut imaginer que l'histoire mettait en scène des enfants vivants en parfaite harmonie avec la neige, les animaux d'hiver (le cerf par exemple), tantôt jouant dans une ambiance de fête en faisant des bonhommes de neige, tantôt se déplaçant dans un paysage enneigé. Ce ne sont là que des hypothèses.
Analyse
Ce court métrage aurait dû s'ajouter à la série Silly Symphonies, et devait être la suite de Water Babies (Bébés d'eau) sorti en 1935. C'est un projet qui remonte à l'année 1936. Walt Kelly, futur dessinateur du personnage de Pogo, avait sans doute commencé à dessiner les personnages et à travailler sur le scénario. Il n'est pas anodin de rappeler les débuts difficiles de Walt Kelly au studios Disney (qu'il quitte quelques années après en 1941). Entré en 1936 aux studios, il envisage de réaliser des suites à des courts métrages comme Hiawatha, qui sont toutes mises au placard, sans doute parce que Walt Disney était opposé au principe de suite pour les courts métrages. Dans une autre hypothèse, on peut penser que la série Silly Symphonies se terminant en 1939, le projet de Snow Babies ne parvient pas à convaincre les animateurs de sa pertinence. Par ailleurs, l'année 1935 avait été particulièrement faste pour les studios, non seulement pour les épisodes produits pour la série Silly Symphonies, mais aussi pour les autres séries animées. Il y a enfin le projet Snow White and The Seven Dwarfs (Blanche Neige et les Sept Nains) qui commence à occuper sérieusement les studios à partir de 1935, tant d'un point de vue humain que d'un point de vue financier pour Disney. Voilà pour les hypothèses qui peuvent expliquer l'abandon du projet. Mais pour des raisons multiples restées inconnues, le projet est annulé et mis au placard en 1936 et c'est finalement un autre court métrage, Merbabies (Les Bébés de l'océan) qui succède à Water Babies en 1938.
Références
Snow Babies sur le site bcdb.com (anglais)
Détails
Pays : États Unis
Walt Disney Studios
Série : Silly Symphonies
Date du projet : 1936
Réalisation :
Walt Kelly
Les personnages de Snow Babies sont sans doute les mêmes que ceux présents dans la Silly Symphonie Water Babies, dans une ambiance hivernale comme le suggère le titre, où les enfants jouent dans la neige. On pourrait traduire le titre, dans l'esprit des autres courts métrages, par "Bébés de la neige". Et à l'image de Water Babies, on peut imaginer que l'histoire mettait en scène des enfants vivants en parfaite harmonie avec la neige, les animaux d'hiver (le cerf par exemple), tantôt jouant dans une ambiance de fête en faisant des bonhommes de neige, tantôt se déplaçant dans un paysage enneigé. Ce ne sont là que des hypothèses.
Analyse
Ce court métrage aurait dû s'ajouter à la série Silly Symphonies, et devait être la suite de Water Babies (Bébés d'eau) sorti en 1935. C'est un projet qui remonte à l'année 1936. Walt Kelly, futur dessinateur du personnage de Pogo, avait sans doute commencé à dessiner les personnages et à travailler sur le scénario. Il n'est pas anodin de rappeler les débuts difficiles de Walt Kelly au studios Disney (qu'il quitte quelques années après en 1941). Entré en 1936 aux studios, il envisage de réaliser des suites à des courts métrages comme Hiawatha, qui sont toutes mises au placard, sans doute parce que Walt Disney était opposé au principe de suite pour les courts métrages. Dans une autre hypothèse, on peut penser que la série Silly Symphonies se terminant en 1939, le projet de Snow Babies ne parvient pas à convaincre les animateurs de sa pertinence. Par ailleurs, l'année 1935 avait été particulièrement faste pour les studios, non seulement pour les épisodes produits pour la série Silly Symphonies, mais aussi pour les autres séries animées. Il y a enfin le projet Snow White and The Seven Dwarfs (Blanche Neige et les Sept Nains) qui commence à occuper sérieusement les studios à partir de 1935, tant d'un point de vue humain que d'un point de vue financier pour Disney. Voilà pour les hypothèses qui peuvent expliquer l'abandon du projet. Mais pour des raisons multiples restées inconnues, le projet est annulé et mis au placard en 1936 et c'est finalement un autre court métrage, Merbabies (Les Bébés de l'océan) qui succède à Water Babies en 1938.
Références
Snow Babies sur le site bcdb.com (anglais)
Détails
Pays : États Unis
Walt Disney Studios
Série : Silly Symphonies
Date du projet : 1936
Réalisation :
Walt Kelly
The Grasshopper and the Ants (La cigale et la fourmi) (1934)
Résumé
La cigale ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue lorsque la bise fût venue... C'est d'après la fable bien connue du français Jean de La Fontaine, et d'après celle moins connue du grec Esope, que les studios Disney se sont inspirés pour cette Silly Symphony. Alors que la saison est belle et que la cigale chante - avec son violon s'il vous plaît ! - les fourmis s'attardent à leur travail et amassent les provisions pour l'hiver qui s'annonce. La naïveté et l'oisiveté de la cigale ne parvient même pas à décourager les braves fourmis qui pour la plus grande partie d'entre elles poursuivent le travail. De son côté, la cigale n'écoute pas les sages recommandations de la reine des fourmis, et préfère se laisser vivre. Mais l'hiver arrive vite et prend de vitesse la cigale, qui affamée, est contrainte d'aller demander secours aux fourmis.
Analyse
La cigale est le personnage principal de cette histoire, sans doute inspiré par un oncle que Walt Disney avait particulièrement apprécié dans sa jeunesse. L'oncle Elf, à la peau tannée, au dos légèrement voûté aurait aussi servi de modèle pour Jiminy Cricket dans Pinocchio ou Simplet dans Blanche Neige et les sept nains. On doit à l'animateur Albert Hurter sa participation au scénario, mais aussi le design de la cigale, qui est particulièrement soigné, notamment son torse. A la fin de l'année 1933, les directeurs des courts métrages participent de moins en mois à l'écriture du scénario et la création du scénario de The Grasshopper and the Ants (La cigale et la fourmi) n'échappe pas à cette logique. Bien que Wilfred Jackson soit le directeur du court métrage, Billy Cottrell est largement responsable de l'écriture du scénario, du dialogue ainsi que des paroles de la musique.
On doit à Pinto Colvig la voix originale de la cigale - qui ressemble à s'y méprendre à celle de Dingo. La chanson "The World Owes Me a Living" (en français, "Crois-moi il faut se laisser vivre"), chantée par Pinto Colvig, sera plus tard la musique associée au personnage de Dingo. La musique, écrite tout spécialement pour le court métrage par Leigh Harline (musique) et Larry Morey pour les paroles, parle de ceux qui se reposent aujourd'hui et qui devront travailler le lendemain. Sur le même air, la musique est chantée à la fin du récit, mais montre cette fois-ci que la cigale a compris la leçon, ce n'est plus "Crois-moi il faut se laisser vivre" mais "C'est à vous que je dois la vie".
The Grasshopper and the Ants est, après le succès et la popularité de The Three Little Pigs (Les Trois Petits Cochons), une histoire "anti-dépression" selon les mots de Nicholas Sammond. D'un autre côté, le court métrage est une parabole "qui enseigne les vertus de politesse et d'entraide dans l'esprit des fables de Disney, comme Playful Pluto, montrant aussi le compromis entre le travail et le repos. La morale de l'histoire est la même que celle voulue par La Fontaine : tu dois travailler et ne jamais manquer à tes devoirs, pour pouvoir te reposer par la suite.Walt Disney fut critiqué pour sa réinterprétation de la fable de Jean de La Fontaine, notamment d'avoir ôté l'aspect tragique de la fable originale, qui veut que la cigale meurt de froid et de faim. Douglas Brode en fait l'analyse suivante : au lieu de la mort de la cigale, la reine des fourmis ordonne de la ramener dans la maison des fourmis.
La communauté d'esprit libérale, guidée par la raison et dirigée par un leader féminin (Disney défendait la cause des femmes), permet de réhabiliter la cigale. Elle peut rester, seulement si elle accepte de faire du violon." Brode poursuit : "Walt Disney mettait en évidence que le travail créatif , plutôt que l'effort physique, mène au succès. C'est ce qu'il fit pour La cigale et la fourmi." La dernière image du film est purement intentionnelle à destination de son frère, qui, lorsque les enfants grandissaient, disait à Walt et à Roy que "le diable était dans le violon".
Références
BARRIER (Michael), Hollywood Cartoons: American Animation in Its Golden Age
BRODE (Douglas), From Walt to Woodstock: how Disney created the counterculture
BURNES (Brians), VIETS (Dan), BUTLER (Robert W.), Walt Disney's Missouri: The Roots of a Creative Genius
SAMMOND (Nicholas), Babes in Tomorrowland : Walt Disney and the making of the american child 1930-1960
Vidéos
La cigale et la fourmi sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 10 février 1934 (États Unis) par United Artists
Couleur (Technicolor)
Autre(s) date(s) :
1er février 1934 : dépôt de copyright
Réalisation :
Wilfred Jackson
Animation :
- équipe principale :
Dick Huemer
Frenchy de Trémaudan
Leonard Sebring
Dick Lundy
Bill Roberts
Art Babbitt
Ham Luske
Les Clark
- équipe de Ben Sharpsteen :
Tom McKimson
Cy Young
Ed Smith
Hugh Hennesy (layout)
Scénario :
Bill Cottrell
Albert Hurter
Musique originale :
Leigh Harline (The World Owes Me a Living)
Larry Morey
Voix originales :
Pinto Colvig (la cigale)
Voix Françaises :
Gérard Rinaldi (la cigale)
La cigale ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue lorsque la bise fût venue... C'est d'après la fable bien connue du français Jean de La Fontaine, et d'après celle moins connue du grec Esope, que les studios Disney se sont inspirés pour cette Silly Symphony. Alors que la saison est belle et que la cigale chante - avec son violon s'il vous plaît ! - les fourmis s'attardent à leur travail et amassent les provisions pour l'hiver qui s'annonce. La naïveté et l'oisiveté de la cigale ne parvient même pas à décourager les braves fourmis qui pour la plus grande partie d'entre elles poursuivent le travail. De son côté, la cigale n'écoute pas les sages recommandations de la reine des fourmis, et préfère se laisser vivre. Mais l'hiver arrive vite et prend de vitesse la cigale, qui affamée, est contrainte d'aller demander secours aux fourmis.
Analyse
La cigale est le personnage principal de cette histoire, sans doute inspiré par un oncle que Walt Disney avait particulièrement apprécié dans sa jeunesse. L'oncle Elf, à la peau tannée, au dos légèrement voûté aurait aussi servi de modèle pour Jiminy Cricket dans Pinocchio ou Simplet dans Blanche Neige et les sept nains. On doit à l'animateur Albert Hurter sa participation au scénario, mais aussi le design de la cigale, qui est particulièrement soigné, notamment son torse. A la fin de l'année 1933, les directeurs des courts métrages participent de moins en mois à l'écriture du scénario et la création du scénario de The Grasshopper and the Ants (La cigale et la fourmi) n'échappe pas à cette logique. Bien que Wilfred Jackson soit le directeur du court métrage, Billy Cottrell est largement responsable de l'écriture du scénario, du dialogue ainsi que des paroles de la musique.
On doit à Pinto Colvig la voix originale de la cigale - qui ressemble à s'y méprendre à celle de Dingo. La chanson "The World Owes Me a Living" (en français, "Crois-moi il faut se laisser vivre"), chantée par Pinto Colvig, sera plus tard la musique associée au personnage de Dingo. La musique, écrite tout spécialement pour le court métrage par Leigh Harline (musique) et Larry Morey pour les paroles, parle de ceux qui se reposent aujourd'hui et qui devront travailler le lendemain. Sur le même air, la musique est chantée à la fin du récit, mais montre cette fois-ci que la cigale a compris la leçon, ce n'est plus "Crois-moi il faut se laisser vivre" mais "C'est à vous que je dois la vie".
The Grasshopper and the Ants est, après le succès et la popularité de The Three Little Pigs (Les Trois Petits Cochons), une histoire "anti-dépression" selon les mots de Nicholas Sammond. D'un autre côté, le court métrage est une parabole "qui enseigne les vertus de politesse et d'entraide dans l'esprit des fables de Disney, comme Playful Pluto, montrant aussi le compromis entre le travail et le repos. La morale de l'histoire est la même que celle voulue par La Fontaine : tu dois travailler et ne jamais manquer à tes devoirs, pour pouvoir te reposer par la suite.Walt Disney fut critiqué pour sa réinterprétation de la fable de Jean de La Fontaine, notamment d'avoir ôté l'aspect tragique de la fable originale, qui veut que la cigale meurt de froid et de faim. Douglas Brode en fait l'analyse suivante : au lieu de la mort de la cigale, la reine des fourmis ordonne de la ramener dans la maison des fourmis.
"Si Disney avait suivi la fable d'origine, cela aurait fait de lui un défenseur du darwinisme social (ndlr : doctrine qui veut que les plus aptes survivent tandis que les moins aptes disparaissent). Au lieu de cela, c'est une démocratisation du mythe."
Références
BARRIER (Michael), Hollywood Cartoons: American Animation in Its Golden Age
BRODE (Douglas), From Walt to Woodstock: how Disney created the counterculture
BURNES (Brians), VIETS (Dan), BUTLER (Robert W.), Walt Disney's Missouri: The Roots of a Creative Genius
SAMMOND (Nicholas), Babes in Tomorrowland : Walt Disney and the making of the american child 1930-1960
Vidéos
La cigale et la fourmi sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 10 février 1934 (États Unis) par United Artists
Couleur (Technicolor)
Autre(s) date(s) :
1er février 1934 : dépôt de copyright
Réalisation :
Wilfred Jackson
Animation :
- équipe principale :
Dick Huemer
Frenchy de Trémaudan
Leonard Sebring
Dick Lundy
Bill Roberts
Art Babbitt
Ham Luske
Les Clark
- équipe de Ben Sharpsteen :
Tom McKimson
Cy Young
Ed Smith
Hugh Hennesy (layout)
Scénario :
Bill Cottrell
Albert Hurter
Musique originale :
Leigh Harline (The World Owes Me a Living)
Larry Morey
Voix originales :
Pinto Colvig (la cigale)
Voix Françaises :
Gérard Rinaldi (la cigale)
Clarence Nash : "J'ai fais environ neuf films avec la voix de Mickey."
Vous trouverez ci-dessous une interview avec Clarence Nash, réalisée par Don Peri le 11 janvier 1977, que j'ai l'honneur de vous présenter dans une version française inédite traduite du livre "Working with Walt : interviews with Disney Artists."
Don Peri : Vous avez déclaré connaître Harry Truman (ndlr : le 33e président des Etats Unis de 1945 à 1953) quand vous étiez jeune ?
Clarence Nash : Oui, c'était un bon copain. Je croyais, comme beaucoup d'autres gens aussi, qu'il entrerait vraiment dans l'histoire comme un des grands présidents. C'était un homme avec des principes. Quand je le connaissais, j'étais un jeune travaillant dans une épicerie, il voulait y rentrer et rendre visite à un de ses amis de l'armée dont le beau-père possédait le magasin.
D.P : Vous avez aussi livré des journaux.
C.N : Oui, je distribuais le même journal [Le Kansas City Star] que Walt Disney autrefois, mais je distribuais aussi le Kansas City Journal. Plus tard, il devint le Journal-Post. Là-bas, il y avait une ligne de tramway , et on avait des sacs de journaux qu'on accrochait à un poteau de telle sorte que les gens pouvaient acheter les journaux sur le chemin du travail et déposer la monnaie dans le sac. Bien des fois je retrouvais le sac rempli et la monnaie disparue. Je n'ai jamais eu à compenser [la perte]. Les journaux étaient vraiment bons avec moi. Ils me payaient bien mieux que ce que je gagnais quand je travaillais à l'épicerie.
D.P : J'ai lu plusieurs interprétations sur comment vous en êtes venu à travailler aux studios Disney.
C.N : Je vais vous dire comment cela s'est passé si vous voulez bien. Lorsque j'ai fais la connaissance de ma femme [ndlr : Margaret Seamans], je faisais ce que ma famille voulais que je fasse ; ils voulaient que je me marrie, que je m'installe. Avant ça, j'ai voyagé dans le spectacle, le lycée Chautauqua et quelques vaudevilles. Après une tournée avec le Canadian Chautauqua en 1928, je suis retourné dans une petite ville dans le nord de la Californie où j'ai travaillé et où j'ai rencontré ma future épouse. Après, nous nous sommes mariés à San Francisco où j'ai travaillé pour le Post Telegraph. Un jour où je recevais du monde à un dîner, un homme, Jay Dutter, s'assit à côté de moi et me dit : "Si un jour tu es à Los Angeles, j'aimerais que tu passes me voir". Quelques mois après mon mariage, j'avais perdu mon travail. La Dépression commençait à s'installer. Alors, j'ai décidé de me rendre à Los Angeles. On a pris le moyen de transport le moins cher, le cargo. Puis, j'ai contacté Jay Dutter qui était avec le California Dairy Council. Il s'arrangea pour que j'apparaisse dans un programme de la radio KHJ et ensuite il me demanda de participer au pique-nique de la Dairyman's Association. Jay passa me prendre moi et un autre gars qui allait devenir le vice président de la Milk Company. Il m'engageait parce que je pouvais amuser. Je ne pouvais pas décrocher un job si je ne pouvais pas divertir. Je suis quelqu'un relativement pieux. Je crois que c'est ce que le Bon Dieu voulait. A un moment, j'étudiais la médecine et me voilà le plus grand coin-coin du pays ! Environ deux ans plus tard, quelques amis m'ont écris de San Francisco. Ils me disaient : "On ne t'a pas entendu à la radio récemment". Alors je repartis pour le même programme de la radio et offrit de travailler sans être payé.
Le jour de l'an de 1931, j'ai conduis ce petit chariot à la "Rose Parade" derrière la voiture du livreur de lait Adhor. Je me rendais dans les écoles et dans les réunions d'école. J'imitais les oiseaux pour les enfants. Les professeurs ne semblaient pas y faire attention. Je leur donnais des petits puzzles et des objets avec de la publicité. Quelques fois, les gens me disaient : "Vous devriez rencontrer Walt Disney". A dire vrai, je n'avais jamais entendu parler de Mickey Mouse. Je n'avais pas les moyens d'aller voir les spectacles. Deux jours après mon apparition à la radio, je conduisais le chariot sur Hyperion Boulevard [Avenue] et je passais devant cet immeuble et devant un affichage de Mickey Mouse avec dessus "Walt Disney Studios. Home of Mickey Mouse". Je me suis rangé sur la bordure du trottoir et je partis avec ma tenue d'Adhor. C'était une petite entreprise. Le standardiste était à la fois le réceptionniste. Je lui donna un petit prospectus de mon travail à Adhor Milk Company."C'était cette nuit où Walt Disney m'entendait. Je ne le connaissais pas encore, bien sûr. Entre-temps, je voulais travailler à la Adhor Milk Company. Je voulais conduire un chariot de lait en miniature avec des petits chevaux. On les appelait les chevaux de Peter Pan."
Quelques jours après, Wilfred Jackson me contactait. Il avait besoin de quelques sons d'oiseaux pour une Silly Symphonie. Je lui fis quelques imitations d'oiseaux. "Vous pouvez faire autre chose ?". Je lui répondis "Oui, je vous donnerai ce que j'ai appris sur scène." J'ai imité des bébés poulets, des bébés dindes, des bébés canards, un canari chantant. J'ai aussi fait le canard chantant "Mary Had a Little Lamb". Wilfred Jackson se mit à son bureau et tira sur un levier qui envoya le son au bureau de Walt. Walt avait accouru. Je n'avais pas encore fini "Mary Had a Little Lamb" qu'il se tournait vers Jackson et lui dit : "Voilà notre canard parlant." Je ne savais pas ce que cela signifiait. En quittant le studio, je fis la connaissance de Ted Osborne qui était le producteur de l'émission de radio The Merry Makers. Il me dit : "Hé, Walt t'a entendu cette nuit. Il était à ta recherche." On venait juste de se rencontrer, c'est tout ! J'ai toujours appelé ce petit personnage Mary parce que je faisais "Mary Had a Little Lamb" quand j'étais au Chautauqua.
D.P : Je crois que lorsque vous étiez au Chautauqua, vous avez appris comment bouger vos mains afin que vous puissiez jouer "Qui a peur du grand méchant loup ?"
C.N : Oh oui, un jour, tôt dans la matinée, Walt et moi on venait juste de se rencontrer. Je lui dit : "Hé Walt, j'ai un nouveau son". Il me dit "Bien, je veux l'entendre." Je fis le son et il me dit "Un jour, on trouvera une place pour mettre ça". Et il s'en est souvenu. J'ai refais le son dans une production à la télévision, A Day in the Life of Donald Duck [ndlr : Une journée dans la vie de Donald, que vous pouvez voir en version sous titrée français sur Youtube]
D.P : Lorsque vous avez fait "Mary Had a Little Lamb", est ce que c'était la même version que celle d'"Orphan's Benefit" [ndlr : épisode de la série Mickey Mouse] ?
C.N : Oui, ça sonnait mieux - vous savez, la voix de Donald était plus développée que celle de Mary. Mais je ne voulais plus revoir Mary. Seulement Donald.
D.P : Je n'ai jamais vu The Wise Little Hen mais je devine que c'était le premier film...
C.N : C'était le premier film où il est apparu. Il faisait juste un petit rôle. Comme Pierre le cochon. J'ai fais sa voix également.
D.P : Que pensez vous de Cliff Edwards, Pinto Colvig, et de Jim McDonald ?
C.N : Jimmy Mac Donald faisait très bien les effets spéciaux. Il a fait la voix de Mickey, mais pas pour un film, seulement pour des enregistrements. Walt faisait la voix originale de Mickey. Quand Walt était partit en voyage, j'ai fais environ neuf films avec la voix de Mickey.
D.P : Vous avez aussi réalisé la voix de Mickey ? Je ne savais pas.
C.N : Oui.
D.P : Que pensez vous de Pinto Colvig ? J'ai lu des choses sur lui lorsqu'il travaillait dans un cirque et ainsi de suite.
C.N : Une histoire que j'ai entendu sur lui était qu'il avait quitté le studio pour rejoindre un cirque. Il pouvait jouer de la clarinette à merveille.
D.P : Cela a toujours semblé être l'histoire américaine par excellence.
C.N : Quelques années plus tard, il jouait dans sa ville natale à Medford dans l'Oregon, marchant avec sa fanfare. Sa mère le vit là-bas et elle le sortit de la fanfare. A chaque fois que le cirque venait en ville quand Pinto y habitait, il prenait sa clarinette et partait jouer avec la fanfare. Wally Berry venait et dorlotait les éléphants. Il avait l'habitude d'entraîner les éléphants du cirque. J'ai aussi connu Wally. Je revenais de l'école avec quelques uns de ses cousins dans le Missouri.
D.P : Avez vous fait un autre travail aux Studios Disney, à côté des imitations de voix ?
C.N : Ils ne semblaient pas vouloir de moi à d'autres endroits, juste que je sois là pour l'enregistrement du son. J'ai reçu différents invités à travers le studio. J'y ai reçu quelques sultans dans le temps. Des célébrités d'opéra et de ballet aussi.
D.P : Vous aviez aussi l'habitude de visiter les hôpitaux, n'est-ce pas ?
C.N : Oui, j'ai joué dans beaucoup d'hôpitaux.
D.P : Il y a quelques temps, j'ai écouté une émission de radio des années 1940 et ils y jouaient un extrait d'un spectacle de Edgar Bergen et de Charly McCarthy avec Walt Disney et Donald Duck.
C.N : J'ai assisté à l'émission de Bergen deux fois. Il y avait "Mickey Mouse on the Air", sponsorisé par Lever Brothers. Je me souviens, cependant, que lors de l'enregistrement à la radio, il [Walt] avait un peu de faux courage dans sa poche !
D.P : Lorsque vous travailliez à la radio, était-ce plus facile de travailler devant un public ?
C.N : Je me suis toujours amusé lors des émissions. C'est pourquoi j'ai aimé le Chautauqua - Je m'amusais bien plus que lorsque je travaillais devant un microphone pour enregistrer.
D.P : Comment pouvez vous décrire Walt Disney ?
C.N : Walt pouvait être amical par moments. Une fois, je me suis un peu disputé avec lui, et généralement, quand on se disputait là-bas, on partait aussitôt. Lorsque je suis parti de son bureau, je sifflais. Quelques semaines plus tard, j'avais une hausse de salaire. Il était gentil envers moi. En ce temps-là, ils avaient une politique qui faisaient que les imitateurs n'étaient pas supposés toucher de la publicité et d'une façon ou d'une autre, mon nom s'ébruitait. Je n'avais rien à voir avec ça (...), il pouvait vous sermonner. Il faisait ça très bien. Il pouvait vous dire des choses assez méprisantes.
D.P : Il pouvait aussi aller dans l'autre sens et faire prendre de l'élan aux gens.
C.N : Oui. Je pense que c'était un homme très franc, mais si quelqu'un le croisait, ça pouvait prendre du temps [à reprendre le dessus]. Une fois, il a eu un problème avec Pinto Colvig. Plus tard, tout était oublié. De même avec Ub Iwerks.
D.P : Pensez-vous que l'image de Walt Disney à la télévision, lorsqu'il animait ses shows, était aussi celle de la figure paternelle ?
C.N : J'aimais bien ses shows. Je trouvais qu'il était vraiment lui-même. Il faisait ça très bien. C'était un génie. J'ai vraiment eu de la chance de faire sa connaissance.
D.P : Avez-vous doublé une voix dans "Mélodie du sud" (Song of the South) ?
C.N : Non, je n'ai fais aucune voix, seulement l'oiseau bleu. "Mr Bluebird's on my shoulder" [ndlr : Clarence fait référence au bruit que fait l'oiseau bleu dans la chanson "Zip-A-Dee-Doo-Dah"]
Références
PERI (Don), Working with Walt: interviews with Disney artists, pp 49-54 (anglais)
Clarence Nash : la biographie
Tout au long de sa vie et de sa carrière aux studios Disney, Clarence, le bien nommé "Ducky" en référence au célèbre canard, s'est voué corps et âme à imiter la voix de Donald Duck, le personnage qui a réussi à surpasser Mickey Mouse en popularité dans les années 1930 et 1940. Son secret pour imiter la voix si nasillarde de Donald, il le doit à la poche d'air qu'il forme dans sa joue, tout en parlant à la fois. Essayez seulement, vous verrez que ce n'est pas si facile que ça ! Enfin, Clarence avait un vrai génie pour ce genre d'imitations. Je vous propose de revoir ensemble la vie de Clarence, son parcours qui l'a mené aux studios Disney et sa participation à différents rôles, qui l'ont mené à prendre un réel essor.
Clarence Nash est né en 1904, quelques années après Walt Disney, à Watonga, une petite ville de campagne située en Oklahoma aux Etats Unis. Il grandit parmi les animaux de la ferme qu'il imite pour s'amuser. Dans les années 1920, Clarence Nash voyage dans le Midwest où il joue de la mandoline et peint des animaux lors du circuit "Redpath Chautauqua" et "Lyceum vaudeville". Le mouvement des Chautauquas est un mouvement américain essentiellement culturel, très populaire dans le monde rural au début du XXe siècle, en particulier porté sur l'éducation des adultes. Les Chautauquas se déplacent en tournée où la troupe itinérante voyage de ville en ville et produit des spectacles, des débats ou des représentations composées des futurs intellectuels, écrivains, artistes ou acteurs de cinéma, imitateurs et chanteurs qui se rencontrent. C'est ainsi qu'aux côtés du jeune Clarence Nash, on retrouve au Chautauqua des futurs acteurs américains comme Edgar Bergen qui passent d'abord au Chautauqua, puis sont embauchés à la radio et ensuite trouvent une place au cinéma.
C'est ainsi qu'en 1923, Clarence est engagé par la section de Chicago du Redpath Chautauqua comme imitateur. Parmi d'autres représentations auprès du public jeune et adulte, Nash imite avec la voix d'un canard la chanson enfantine "Mary Had a Little Lamb". La voix si particulière de Donald était-elle née ? Quoi qu'il en soit, Clarence quitte le circuit Redpath en 1926 et part pour Los Angeles où il poursuit sa carrière d'imitateur à la radio KHJ lors de l'émission The Merrymakers. C'est en 1933 que Walt Disney le remarque à la radio, où Clarence imitait comme à son habitude la voix du canard. Le studio Disney le remarque et Walt Disney le choisit pour une première imitation du canard Donald Duck dans Orphan's Benefit (Le gala des orphelins) en 1934, où le canard essaye de faire le récital de "Mary Had a Little Lamb", malgré le bruit que font les enfants. Mais c'est officiellement à la fin de l'année que Clarence fait la voix officielle de Donald Duck dans The Wise Little Hen (Une Petite Poule Avisée). Cette première rencontre entre Clarence et les studios Disney est plus compliquée que cela, comme vous pouvez le voir dans une interview de Clarence Nash que vous pouvez lire sur le site.
Une longue carrière commençait alors pour Clarence qui double essentiellement Donald pendant près de 50 ans jusque dans les années 1980, mais aussi quelques voix de Daisy Duck, Riri, Fifi et Loulou. Son talent sans limite fait qu'il réalise la voix originale de Donald en français, espagnol, portugais, allemand, chinois ou encore japonais, qu'on parvient très difficilement à comprendre même dans la langue française, dans un langage que Clarence Nash appelait "Duckspeak". En outre, Nash réalise quelques apparitions dans les longs métrages Disney, dont la voix de Jiminy Cricket dans Pinocchio (qui devait être faite par Cliff Edwards à l'origine) ou encore la voix d'une grenouille dans Bambi. Il apparait aussi personnellement dans le Dragon récalcitrant de 1941. C'est dans les années 1955 que Clarence Nash participe de moins en mois à doubler la voix de Donald Duck, étant donné que la série commence à s’essouffler, il double la voix de Donald pour la dernière fois dans Le noël de Mickey en 1983 et s'éteint d'une leucémie en 1985.
Références
PERI (Don), Working with Walt: interviews with Disney artists, pp 49-54 (anglais)
TAPIA (John. E), Circuit chautauqua, p 168 (anglais)
![]() |
| Clarence Nash (à gauche) |
C'est ainsi qu'en 1923, Clarence est engagé par la section de Chicago du Redpath Chautauqua comme imitateur. Parmi d'autres représentations auprès du public jeune et adulte, Nash imite avec la voix d'un canard la chanson enfantine "Mary Had a Little Lamb". La voix si particulière de Donald était-elle née ? Quoi qu'il en soit, Clarence quitte le circuit Redpath en 1926 et part pour Los Angeles où il poursuit sa carrière d'imitateur à la radio KHJ lors de l'émission The Merrymakers. C'est en 1933 que Walt Disney le remarque à la radio, où Clarence imitait comme à son habitude la voix du canard. Le studio Disney le remarque et Walt Disney le choisit pour une première imitation du canard Donald Duck dans Orphan's Benefit (Le gala des orphelins) en 1934, où le canard essaye de faire le récital de "Mary Had a Little Lamb", malgré le bruit que font les enfants. Mais c'est officiellement à la fin de l'année que Clarence fait la voix officielle de Donald Duck dans The Wise Little Hen (Une Petite Poule Avisée). Cette première rencontre entre Clarence et les studios Disney est plus compliquée que cela, comme vous pouvez le voir dans une interview de Clarence Nash que vous pouvez lire sur le site.
Une longue carrière commençait alors pour Clarence qui double essentiellement Donald pendant près de 50 ans jusque dans les années 1980, mais aussi quelques voix de Daisy Duck, Riri, Fifi et Loulou. Son talent sans limite fait qu'il réalise la voix originale de Donald en français, espagnol, portugais, allemand, chinois ou encore japonais, qu'on parvient très difficilement à comprendre même dans la langue française, dans un langage que Clarence Nash appelait "Duckspeak". En outre, Nash réalise quelques apparitions dans les longs métrages Disney, dont la voix de Jiminy Cricket dans Pinocchio (qui devait être faite par Cliff Edwards à l'origine) ou encore la voix d'une grenouille dans Bambi. Il apparait aussi personnellement dans le Dragon récalcitrant de 1941. C'est dans les années 1955 que Clarence Nash participe de moins en mois à doubler la voix de Donald Duck, étant donné que la série commence à s’essouffler, il double la voix de Donald pour la dernière fois dans Le noël de Mickey en 1983 et s'éteint d'une leucémie en 1985.
Références
PERI (Don), Working with Walt: interviews with Disney artists, pp 49-54 (anglais)
TAPIA (John. E), Circuit chautauqua, p 168 (anglais)
Officer Duck (Agent Canard) (1939)
Résumé
L'agent Donald se repose dans sa voiture, lorsqu'un appel du poste radio le charge d'une mission : aller capturer Petit Tom.
Analyse
Officer Duck est le court métrage du genre, opposant un bandit à un héros qui n'est pas censé en être un, Donald. Clarence Nash y double comme à son habitude la voix originale du canard, tandis qu'un autre artiste, Billy Bletcher double celle du truand Tiny Tom, qui ressemble à s'y méprendre à Pat Hibulaire. Cette première rivalité entre Donald et Pat n'est pas nouvelle, et les tentatives de Donald d'arrêter Tiny Tom, le Petit Tom, semblent très incertaines face à la bêtise sans limite du malfaiteur. Donald ne se met d'ailleurs pas en colère comme à son habitude, ce qui renforce sa stature de "héros malgré lui" à la fin du court métrage.
L'année 1939 est bien "l'année Donald". En effet, aux épisodes précédents de la série, s'ajoutent huit autres courts métrages qui sortiront dans la même année. On peut nuancer cette analyse puisque la série Donald produit à peu près le même nombre d'épisodes en 1938 qu'en 1939, soit entre sept et huit par an. Plusieurs scènes d'Officer Duck ont été censurées à la sortie du court métrage en 1939 aux États Unis. Ce sont surtout des scènes où figurent des armes à feu lorsque Tiny Tom arme la mitrailleuse et tire à bout portant sur Donald, mais aussi où Tiny Tom fume un cigare, qui ont été coupée.
Dans le court métrage d'origine, Donald apparaît avec une casquette bleue adoptée par les agents de la police américaine alors. Malgré la portée limitée de ce court métrage réalisé parmi tant d'autres à cette période, plusieurs produits dérivés comme des figurines, mais aussi une adaptation du court métrage en bande dessinée, parue dans le numéro 4001 du magazine "Good Housekeeping" de janvier 1940. L'histoire y est entièrement revue, mettant de côté le personnage de Tiny Tom. Donald apparaît plus comme un policier tentant avec peine de faire respecter les règles de circulation à Jojo et Michou, installés dans une caisse sur roulettes tirée par Pluto...
Références
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors: A Biographical Dictionary
WATTS (Steven), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life
Vidéos
Officer Duck sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 10 octobre 1939 (États-Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)
Réalisation :
Clyde Geronimi
Animation :
Al Eugster
David Hilberman
George Rowley
Norm Ferguson
John Lounsbery
Ed Love
Lee Morehouse
Judge Whitaker
Ed Dunn
Art Riley
Grant Simmons
Ken Peterson
Musique originale :
Oliver Wallace
Voix originales :
Clarence Nash (Donald Duck)
Billy Bletcher (Tiny Tom)
L'agent Donald se repose dans sa voiture, lorsqu'un appel du poste radio le charge d'une mission : aller capturer Petit Tom.
Analyse
Officer Duck est le court métrage du genre, opposant un bandit à un héros qui n'est pas censé en être un, Donald. Clarence Nash y double comme à son habitude la voix originale du canard, tandis qu'un autre artiste, Billy Bletcher double celle du truand Tiny Tom, qui ressemble à s'y méprendre à Pat Hibulaire. Cette première rivalité entre Donald et Pat n'est pas nouvelle, et les tentatives de Donald d'arrêter Tiny Tom, le Petit Tom, semblent très incertaines face à la bêtise sans limite du malfaiteur. Donald ne se met d'ailleurs pas en colère comme à son habitude, ce qui renforce sa stature de "héros malgré lui" à la fin du court métrage.
L'année 1939 est bien "l'année Donald". En effet, aux épisodes précédents de la série, s'ajoutent huit autres courts métrages qui sortiront dans la même année. On peut nuancer cette analyse puisque la série Donald produit à peu près le même nombre d'épisodes en 1938 qu'en 1939, soit entre sept et huit par an. Plusieurs scènes d'Officer Duck ont été censurées à la sortie du court métrage en 1939 aux États Unis. Ce sont surtout des scènes où figurent des armes à feu lorsque Tiny Tom arme la mitrailleuse et tire à bout portant sur Donald, mais aussi où Tiny Tom fume un cigare, qui ont été coupée.
Dans le court métrage d'origine, Donald apparaît avec une casquette bleue adoptée par les agents de la police américaine alors. Malgré la portée limitée de ce court métrage réalisé parmi tant d'autres à cette période, plusieurs produits dérivés comme des figurines, mais aussi une adaptation du court métrage en bande dessinée, parue dans le numéro 4001 du magazine "Good Housekeeping" de janvier 1940. L'histoire y est entièrement revue, mettant de côté le personnage de Tiny Tom. Donald apparaît plus comme un policier tentant avec peine de faire respecter les règles de circulation à Jojo et Michou, installés dans une caisse sur roulettes tirée par Pluto...
Références
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors: A Biographical Dictionary
WATTS (Steven), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life
Vidéos
Officer Duck sur Youtube (français)
Détails
Date de sortie : 10 octobre 1939 (États-Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)
Réalisation :
Clyde Geronimi
Animation :
Al Eugster
David Hilberman
George Rowley
Norm Ferguson
John Lounsbery
Ed Love
Lee Morehouse
Judge Whitaker
Ed Dunn
Art Riley
Grant Simmons
Ken Peterson
Musique originale :
Oliver Wallace
Voix originales :
Clarence Nash (Donald Duck)
Billy Bletcher (Tiny Tom)
The Barn Dance (Bal de Campagne) (1929)
Résumé
Mickey et Pat se rendent chez Minnie pour l'inviter au bal du village...
Analyse
The Barn Dance est le quatrième épisode de la série Mickey Mouse. Sa production commence à la fin de l'année 1928, alors même que Disney est à New York, à la recherche d'un procédé d'enregistrement. C'est Pat Powers et le système Cinéphone qui sont finalement choisis pour cette mission. En septembre, la bande son de Steamboat Willie (Willie, le Bateau à vapeur) est enregistrée par un orchestre restreint sous la direction de Carl Edouarde. Dans l'euphorie, Walt Disney pense qu'il pourra réaliser cinquante deux cartoons de Mickey par an, soit un par semaine : "Je pense que nous avons la base d'une bonne organisation, il faut y ajouter quelques bons animateurs et tout systématiser."
Mais plusieurs animateurs ont quitté Disney, alors qu'il perdait les droits sur Oswald, si bien qu'Ub Iwerks est le seul animateur suffisamment expérimenté aux studios. Tout ou presque repose sur ses épaules. Dans les semaines qui suivent, Walt montre Steamboat Willie aux distributeurs potentiels à New York qui refusent tous son offre. Mais le papa de Mickey ne s'avoue pas vaincu et reste optimiste. A la demande de Walt qui lui demande de finir The Barn Dance aussi vite que possible, Iwerks accélère la cadence de la production. Alors qu'il dispose plus de liberté - son patron se trouvant à New York et lui en Californie -, Ub redouble d'efforts et finit la production de The Barn Dance en un temps record ; à la mi-octobre, plus de la moitié du cartoon est achevé. Le 26 octobre, Stalling rejoint Walt à New York. C'est dans une suite de deux-pièces de l'hôtel Knickerbocker que les deux amis travaillent à la composition des musiques de Plane Crazy (L'Avion Fou), The Gallopin' Gaucho (Mickey Gaucho), et The Barn Dance.
Entre-temps, Disney trouve un distributeur pour Steamboat Willie : ce sera le Colony Theater de Broadway. Le 13 et le 14 novembre, une semaine avant la première de Steamboat Willie au Colony Theater, Stalling et Disney supervisent l'enregistrement de la bande son de Plane Crazy, The Gallopin’ Gaucho, et The Barn Dance. La musique originale de Stalling reprend des airs bien connus, comme "Old Gray Mare", "Pop Goes the Weasel" ou "Reuben and Rachel". Le thème de la campagne n'est pas anodin chez Disney, et Mickey côtoie depuis ses débuts le milieu rural. The Barn Dance est entièrement consacré à ce thème, et inaugure une série de cartoons où Mickey est à la campagne : The Plow Boy (Mickey laboureur), The Barnyard Concert (Concert rustique)...
The Barn Dance est synonyme d'une première évolution pour les personnages de la série. A commencer par le rival de Mickey, Pat Hibulaire. Alors qu'on le voyait très menaçant auparavant - il avait enlevé Minnie dans The Gallopin' Gaucho - Pat se conduit cette fois-ci en parfait gentleman auprès de Minnie qu'il invite à danser lors du bal. De son côté, Mickey fait office de prétendant malheureux qui tente ses chances auprès de sa bien-aimée, avec peu de succès il faut bien le dire : marchant grossièrement sur les pieds de sa cavalière, Mickey s'avère être un piètre danseur, contrairement à Pat qui excelle sur la piste de danse. Dans The Barn Dance, Mickey est plus émotif que jamais et connait même son premier chagrin d'amour à la fin de l'histoire.
A ce stade de la série, Mickey ne parle toujours pas et s'exprime par pantomime comme il le fait depuis ses débuts à l'écran ; il faudra attendre The Karnival Kid (1929) pour le voir prononcer ses premiers mots. Comme un clin d'oeil à Steamboat Willie, le perroquet qui se moquait de Mickey refait son apparition dans The Barn Dance puis en 1930 dans The Gorilla Mystery (Gare au gorille). Au total, le budget de The Barn Dance s'élève à plus de 5,100$ de l'époque ; par comparaison, The Gallopin' Gaucho avait coûté à lui seul la somme de 4,249$. Le 14 mars 1929, Walt Disney assiste à la projection de The Barn Dance au Strand Theatre. Comme il l'écrit à Lilian par la suite : "Mickey Mouse est en train de devenir un personnage très connu à Broadway - il est ce qu'on appelle un succès".
Références
BARRIER (Michael), The Animated Man : A Life of Walt Disney
Vidéos
The Barn Dance sur Youtube
Détails
Date de sortie : 14 mars 1929 (États Unis) par Celebrity Production
Noir & Blanc
Autre(s) date(s) :
14 mars 1929 : première au Strand Theatre de New York
Réalisation :
Walt Disney
Animation :
Ub Iwerks
Les Clark
Musique originale :
Carl W. Stalling
Voix originales :
Walt Disney (Mickey)
Marcellite Garner (Minnie)
Mickey et Pat se rendent chez Minnie pour l'inviter au bal du village...
Analyse
The Barn Dance est le quatrième épisode de la série Mickey Mouse. Sa production commence à la fin de l'année 1928, alors même que Disney est à New York, à la recherche d'un procédé d'enregistrement. C'est Pat Powers et le système Cinéphone qui sont finalement choisis pour cette mission. En septembre, la bande son de Steamboat Willie (Willie, le Bateau à vapeur) est enregistrée par un orchestre restreint sous la direction de Carl Edouarde. Dans l'euphorie, Walt Disney pense qu'il pourra réaliser cinquante deux cartoons de Mickey par an, soit un par semaine : "Je pense que nous avons la base d'une bonne organisation, il faut y ajouter quelques bons animateurs et tout systématiser."
Mais plusieurs animateurs ont quitté Disney, alors qu'il perdait les droits sur Oswald, si bien qu'Ub Iwerks est le seul animateur suffisamment expérimenté aux studios. Tout ou presque repose sur ses épaules. Dans les semaines qui suivent, Walt montre Steamboat Willie aux distributeurs potentiels à New York qui refusent tous son offre. Mais le papa de Mickey ne s'avoue pas vaincu et reste optimiste. A la demande de Walt qui lui demande de finir The Barn Dance aussi vite que possible, Iwerks accélère la cadence de la production. Alors qu'il dispose plus de liberté - son patron se trouvant à New York et lui en Californie -, Ub redouble d'efforts et finit la production de The Barn Dance en un temps record ; à la mi-octobre, plus de la moitié du cartoon est achevé. Le 26 octobre, Stalling rejoint Walt à New York. C'est dans une suite de deux-pièces de l'hôtel Knickerbocker que les deux amis travaillent à la composition des musiques de Plane Crazy (L'Avion Fou), The Gallopin' Gaucho (Mickey Gaucho), et The Barn Dance.
Entre-temps, Disney trouve un distributeur pour Steamboat Willie : ce sera le Colony Theater de Broadway. Le 13 et le 14 novembre, une semaine avant la première de Steamboat Willie au Colony Theater, Stalling et Disney supervisent l'enregistrement de la bande son de Plane Crazy, The Gallopin’ Gaucho, et The Barn Dance. La musique originale de Stalling reprend des airs bien connus, comme "Old Gray Mare", "Pop Goes the Weasel" ou "Reuben and Rachel". Le thème de la campagne n'est pas anodin chez Disney, et Mickey côtoie depuis ses débuts le milieu rural. The Barn Dance est entièrement consacré à ce thème, et inaugure une série de cartoons où Mickey est à la campagne : The Plow Boy (Mickey laboureur), The Barnyard Concert (Concert rustique)...
The Barn Dance est synonyme d'une première évolution pour les personnages de la série. A commencer par le rival de Mickey, Pat Hibulaire. Alors qu'on le voyait très menaçant auparavant - il avait enlevé Minnie dans The Gallopin' Gaucho - Pat se conduit cette fois-ci en parfait gentleman auprès de Minnie qu'il invite à danser lors du bal. De son côté, Mickey fait office de prétendant malheureux qui tente ses chances auprès de sa bien-aimée, avec peu de succès il faut bien le dire : marchant grossièrement sur les pieds de sa cavalière, Mickey s'avère être un piètre danseur, contrairement à Pat qui excelle sur la piste de danse. Dans The Barn Dance, Mickey est plus émotif que jamais et connait même son premier chagrin d'amour à la fin de l'histoire.
A ce stade de la série, Mickey ne parle toujours pas et s'exprime par pantomime comme il le fait depuis ses débuts à l'écran ; il faudra attendre The Karnival Kid (1929) pour le voir prononcer ses premiers mots. Comme un clin d'oeil à Steamboat Willie, le perroquet qui se moquait de Mickey refait son apparition dans The Barn Dance puis en 1930 dans The Gorilla Mystery (Gare au gorille). Au total, le budget de The Barn Dance s'élève à plus de 5,100$ de l'époque ; par comparaison, The Gallopin' Gaucho avait coûté à lui seul la somme de 4,249$. Le 14 mars 1929, Walt Disney assiste à la projection de The Barn Dance au Strand Theatre. Comme il l'écrit à Lilian par la suite : "Mickey Mouse est en train de devenir un personnage très connu à Broadway - il est ce qu'on appelle un succès".
Références
BARRIER (Michael), The Animated Man : A Life of Walt Disney
Vidéos
The Barn Dance sur Youtube
Détails
Date de sortie : 14 mars 1929 (États Unis) par Celebrity Production
Noir & Blanc
Autre(s) date(s) :
14 mars 1929 : première au Strand Theatre de New York
Réalisation :
Walt Disney
Animation :
Ub Iwerks
Les Clark
Musique originale :
Carl W. Stalling
Voix originales :
Walt Disney (Mickey)
Marcellite Garner (Minnie)
The Barn Dance : documents originaux (1)
Dessin original pour The Barn Dance (Bal de campagne, 1929)
Steamboat Willie (Willie, le Bateau à Vapeur) (1928)
Résumé
La scène s'ouvre sur un bateau à vapeur à bord duquel se trouve une souris aux oreilles rondes, Mickey, qui tient la barre tout en sifflotant. Apparait de façon surprenante le chat capitaine du bateau, qui ressemble étrangement à Pat Hibulaire (Pete en anglais). Le capitaine vocifère et chasse Mickey de la barre. En escale pour embarquer à son bord des animaux, le bateau poursuit son parcours, lorsque Minnie parvient à rejoindre Mickey. Avec plusieurs instruments de toutes sortes dont des animaux, Mickey et Minnie produisent une musique enjouée qui fait danser tout le monde. Mais cet intermède musical n'est pas pour plaire au capitaine du navire qui apparait pour punir Mickey de son attitude.
Analyse
Tout le monde se souvient de la première apparition de la souris Mickey Mouse, sifflotant en tournant la barre de son bateau voguant très certainement sur un fleuve américain. En réalité, Steamboat Willie n'est pas le 1er court métrage où apparaît Mickey mais bien le 3e, puisque c'est Plane Crazy, court métrage sorti en 1928, qui marque sa toute première naissance sur les écrans. Comme les autres personnages qui l'entourent, notre souris se contente essentiellement de chanter et de danser. Steamboat Willie reste à la postérité comme le premier Mickey - sonorisé - d'une longue série de cartoons en noir et blanc.
Ub Iwerks, dont le nom apparaît au tout début, a joué un rôle important dans ce court métrage, dont la production s'étend de juin à septembre 1928. Il est non seulement co-réalisateur et co-scénariste avec Walt Disney, mais aussi un des animateurs de Steamboat Willie. De l'avis d'Iwerks, qui a aussi écrit quelques gags pour la série des Oswald, la maquette du 3e court métrage de Mickey est "terrible". Ub a d'ailleurs écrits quelques uns des gags et même tapé à la machine à écrire des résumés pour chacune des scènes de Steamboat Willie, mais il a aussi animé une grande partie du court métrage. En effet, en l'espace de quelques semaines de l'été 1928, il réalise jusqu'à 700 dessins par jour !
A l'instar d'autres cartoons, Disney a choisit de couper certaines scènes lors de la première de Steamboat Willie, comme les scènes de violences faites à des animaux. Ces scènes ont depuis été réhabilitées et de nouveau admises à leur juste place, pour le plus grand bonheur des fans. Steamboat Willie inaugure une série de plusieurs cartoons de Mickey où le monde rural américain transparait. De l'avis de Steven Watts, c'est surtout avec des épisodes comme Barnyard Battle sorti en 1929 ou Musical Farmer sorti en 1932 qu'émergent des stéréotypes de la ville et de la campagne, destinés à faire rire en raison de leur opposition ; et certains paysages de Steamboat Willie, en particulier les animaux de la ferme, se rapprochent de l'univers rural que connut Walt Disney dans la ville de son enfance, Marceline. Steamboat Willie est une adaptation parodique de l'acteur américain Buster Keaton apparu dans le rôle de Steamboat Bill Junior.
La version sonorisée de Steamboat Willie est distribuée par Celebrity Productions. A la sortie du film en novembre 1928, les critiques de journaux sont conquis. The New York Times émet un avis des plus favorables : "Ce film s'appelle "Steamboat Willie" et met en scène un nouveau personnage de dessin animé, désormais connu comme "Mickey Mouse". C'est une oeuvre astucieuse avec beaucoup de distraction. On y entend des grognements, des couinements, des grincements et d'autres sons divers qui s'ajoutent à la qualité du dessin animé". La critique du Review's Variety en date du 21 novembre 1928, quelques jours après la première sonore du court, est élogieuse:
Références
BARRIER (Michael), Hollywood Cartoons: American Animation in Its Golden Age
BARRIER (Michael), The Animated Man: A Life of Walt Disney
EAGAN (Daniel), America's Film Legacy
KRASNIEWICZ (Louise), Walt Disney: A Biography
WATTS (Steven), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life,
Vidéos
Steamboat Willie sur Youtube
Détails
Date de sortie :
29 juillet 1928 (États Unis) : première présentée en version muette aux studios Disney
18 novembre 1928 (États Unis) : première présentée en version sonorisée au Colony Theater de Broadway.
Noir & Blanc
Réalisation:
Walt Disney
Ub Iwerks
Animation :
Les Clark
Ub Iwerks
Wilfred Jackson
Scénario :
Walt Disney
Ub Iwerks
Musique :
Wilfred Jackson
Bert Lewis
Carl Stalling
Chef d'orchestre :
Carl Edouarde
La scène s'ouvre sur un bateau à vapeur à bord duquel se trouve une souris aux oreilles rondes, Mickey, qui tient la barre tout en sifflotant. Apparait de façon surprenante le chat capitaine du bateau, qui ressemble étrangement à Pat Hibulaire (Pete en anglais). Le capitaine vocifère et chasse Mickey de la barre. En escale pour embarquer à son bord des animaux, le bateau poursuit son parcours, lorsque Minnie parvient à rejoindre Mickey. Avec plusieurs instruments de toutes sortes dont des animaux, Mickey et Minnie produisent une musique enjouée qui fait danser tout le monde. Mais cet intermède musical n'est pas pour plaire au capitaine du navire qui apparait pour punir Mickey de son attitude.
Analyse
Tout le monde se souvient de la première apparition de la souris Mickey Mouse, sifflotant en tournant la barre de son bateau voguant très certainement sur un fleuve américain. En réalité, Steamboat Willie n'est pas le 1er court métrage où apparaît Mickey mais bien le 3e, puisque c'est Plane Crazy, court métrage sorti en 1928, qui marque sa toute première naissance sur les écrans. Comme les autres personnages qui l'entourent, notre souris se contente essentiellement de chanter et de danser. Steamboat Willie reste à la postérité comme le premier Mickey - sonorisé - d'une longue série de cartoons en noir et blanc.
Ub Iwerks, dont le nom apparaît au tout début, a joué un rôle important dans ce court métrage, dont la production s'étend de juin à septembre 1928. Il est non seulement co-réalisateur et co-scénariste avec Walt Disney, mais aussi un des animateurs de Steamboat Willie. De l'avis d'Iwerks, qui a aussi écrit quelques gags pour la série des Oswald, la maquette du 3e court métrage de Mickey est "terrible". Ub a d'ailleurs écrits quelques uns des gags et même tapé à la machine à écrire des résumés pour chacune des scènes de Steamboat Willie, mais il a aussi animé une grande partie du court métrage. En effet, en l'espace de quelques semaines de l'été 1928, il réalise jusqu'à 700 dessins par jour !
La production de Steamboat Willie n'est pas encore terminée que Disney organise une projection du film devant un public restreint - quelques animateurs du studio et leurs épouses - lors d'une séance qui a lieu le 29 juillet 1928.La projection a lieu tout près du bureau de Walt, qui a souhaité montrer le film avec un fond sonore. Roy avait placé le projecteur à l'extérieur et le film fut projeté à travers une fenêtre, de sorte que le public puisse entendre la musique et les bruitages du film. C'est Wilfred Jackson, animateur dans Steamboat Willie, qui joua de l'harmonica pour les musiques "Turkey in the Straw" et "Steamboat Bill" lors de la projection, tandis qu'Ub Iwerks faisait des bruitages sonores en tapant sur des casseroles. De son côté, Johnny Cannon utilisa d'autres instruments pour imiter le bruit des cloches. Walt fournit lui-même les dialogues, les grognements, les rires... La projection du 28 juillet s'avère concluante pour Disney, qui se souviendra plus tard : "L'effet sur notre petit public était électrique. Ils ont réagi, presque instinctivement, à cette union du son et du mouvement. Je pensais qu'ils me faisaient marcher. Alors, ils m'ont mis dans le public et on a repassé le film. C'était terrible, mais c'était merveilleux ! Et c'était quelque chose de nouveau !". Ub Iwerks conserve aussi un souvenir mémorable de cette projection : "Je n'ai jamais été aussi excité de ma vie. Rien n'a jamais égalé ce moment." . Convaincu que le son serait un moyen de plus grande promotion de ses dessins animés auprès du public, Disney décide en 1928 de sonoriser Steamboat Willie, c'est à dire de synchroniser la version muette avec une bande sonore. Walt se rend donc à New York pour y chercher un procédé d'enregistrement adapté et trouver une entreprise qui puisse produire le système de sonorisation.
"Sur la route, Walt Disney se rendit chez un de ses vieux amis et musicien de Kansas City, Carl Stalling, qui composa rapidement une partition musicale pour le cartoon" - Steven WattsUne fois la piste sonore du film mise sur le papier, Disney se rendit à RCA pour l'enregistrement. Mais devant le refus de RCA, c'est finalement le système Cinéphone de Pat Powers qui est choisit pour le court métrage. Il est décidé d'enregistrer la bande-son de Steamboat Willie en montant un orchestre restreint qui produira la musique. Une première cession d'enregistrement a lieu le 15 septembre 1928 avec Carl Edouarde, le chef d'orchestre, pour adapter la musique de Carl Stalling, et avec les frères Joe et Lew Green, chargés de chronométrer la musique. En effet, cet effort de sonorisation a nécessité l'usage de technique nouvelles, comme le métronome qui permit aux musiciens de jouer dans les temps. Mais la première séance d'enregistrement est un échec. Walt en organise donc une deuxième le 30 septembre, avec plus de réussite cette fois. Dans les semaines qui suivent, Walt montre Steamboat Willie aux distributeurs potentiels à New York mais tous refusent son offre. Disney reste optimiste, en dépit de l'attitude frileuse des distributeurs. De plus, la situation financière est tendue : Stalling n'a pas été payé pour son travail, et les animateurs n'ont touché aucun salaire, si bien que Disney doit se séparer de sa voiture, une superbe Moon roadster, afin de payer les salaires de ses employés. Mais la chance sourit bientôt : Harry Reichenbach, agent de presse, rend visite à Walt et lui propose de diffuser Steamboat Willie au Colony Theater de Broadway. Après quelques réticences, Disney accepte son offre et Steamboat Willie reste 13 jours de suite à l'affiche du Colony Theater, diffusé à la suite d'un film appelé "Gang War".
A l'instar d'autres cartoons, Disney a choisit de couper certaines scènes lors de la première de Steamboat Willie, comme les scènes de violences faites à des animaux. Ces scènes ont depuis été réhabilitées et de nouveau admises à leur juste place, pour le plus grand bonheur des fans. Steamboat Willie inaugure une série de plusieurs cartoons de Mickey où le monde rural américain transparait. De l'avis de Steven Watts, c'est surtout avec des épisodes comme Barnyard Battle sorti en 1929 ou Musical Farmer sorti en 1932 qu'émergent des stéréotypes de la ville et de la campagne, destinés à faire rire en raison de leur opposition ; et certains paysages de Steamboat Willie, en particulier les animaux de la ferme, se rapprochent de l'univers rural que connut Walt Disney dans la ville de son enfance, Marceline. Steamboat Willie est une adaptation parodique de l'acteur américain Buster Keaton apparu dans le rôle de Steamboat Bill Junior.
La version sonorisée de Steamboat Willie est distribuée par Celebrity Productions. A la sortie du film en novembre 1928, les critiques de journaux sont conquis. The New York Times émet un avis des plus favorables : "Ce film s'appelle "Steamboat Willie" et met en scène un nouveau personnage de dessin animé, désormais connu comme "Mickey Mouse". C'est une oeuvre astucieuse avec beaucoup de distraction. On y entend des grognements, des couinements, des grincements et d'autres sons divers qui s'ajoutent à la qualité du dessin animé". La critique du Review's Variety en date du 21 novembre 1928, quelques jours après la première sonore du court, est élogieuse:
"Steamboat Willie représente un haut niveau atteint dans l'inventivité du dessin animé, habilement combiné à des effets sonores. Les fous rires éclataient si rapidement au Colony (note : Colony Theater de Broadway) qu'ils se mêlaient les uns aux autres." - Review's Varity, 21 novembre 1928Il y a aussi cet éloge du même journal : "Le plus superbe travail de synchronisation réalisé, brillant, accrocheur et parfaitement approprié à la situation". Walt Disney et Carl Stalling assistent à la première sonore du court métrage au Colony. Carl Stalling en dira plus tard : "On était quasiment assit au dernier rang et on arrivait quand même à entendre les éclats de rires tout autour de nous". Le public américain semble lui aussi conquis. Bientôt, Steamboat Willie part à la conquête du monde. En Allemagne, Mickey fait ses débuts à l'écran dans Steamboat Willie qui est diffusé en 1930. La plus-value qu'a apporté la sonorisation donne aussi l'occasion de promouvoir le système Cinephone que Disney adopte pendant une durée de dix ans. Steamboat Willie sert aussi de véritable tremplin pour Walt qui peut, grâce à la publicité apportée, envisager de lancer une série d'épisodes de Mickey Mouse; cependant, le contrat signé avec le distributeur Pat Powers est très inégal et Walt, se sentant manipulé par la suite, en retire des faibles rentrées d'argent. Cette déconvenue entraîne la fin du contrat entre Powers et Disney, lequel signe avec Columbia Pictures pour la distribution des futurs courts métrages animés, dont ceux de Mickey et des Silly Symphonies.
Références
BARRIER (Michael), Hollywood Cartoons: American Animation in Its Golden Age
BARRIER (Michael), The Animated Man: A Life of Walt Disney
EAGAN (Daniel), America's Film Legacy
KRASNIEWICZ (Louise), Walt Disney: A Biography
WATTS (Steven), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life,
Vidéos
Steamboat Willie sur Youtube
Détails
Date de sortie :
29 juillet 1928 (États Unis) : première présentée en version muette aux studios Disney
18 novembre 1928 (États Unis) : première présentée en version sonorisée au Colony Theater de Broadway.
Noir & Blanc
Réalisation:
Walt Disney
Ub Iwerks
Animation :
Les Clark
Ub Iwerks
Wilfred Jackson
Scénario :
Walt Disney
Ub Iwerks
Musique :
Wilfred Jackson
Bert Lewis
Carl Stalling
Chef d'orchestre :
Carl Edouarde
Plight of the Bumble Bee (projets avortés) (1951)
Résumé
Mickey se balade en ville et fait la connaissance d'un bourdon, Hector, qui n'est pas un bourdon ordinaire. Hector chante le bebop et sa voix peut même se transformer en virtuose, ce que Hector semble ne pas savoir. En effet, Hector peut transformer sa voix, mais de façon involontaire, en ténor. Mickey remarque tout de suite son talent et lui propose de devenir son producteur afin d'en faire une célébrité. Hector accepte de travailler pour Mickey et, pour fêter l'évènement, ils boivent ensemble. Mais le bourdon accepte mal de boire et à chaque fois qu'il boit le nectar des fleurs, il se retrouve ivre. De retour dans le studio d'enregistrement de musique de Mickey en haut d'un immeuble, Hector peine à retrouver sa voix de virtuose, et montre à nouveau son penchant pour les fleurs. Mais avec l'aide de Mickey, Hector devient un vrai ténor et tente aussi sa chance à la radio, qui diffuse ses chansons, la presse et les magazines parlent de lui, apportant au bourdon la fortune et une popularité immense, jusqu'à jouer à l'opéra comme ténor ! Au début de la représentation à l'opéra, tout semble aller du tonnerre, jusqu'à la scène du carnaval des fleurs où Mickey retient son souffle : Hector pourra t-il résister au doux parfum des fleurs sur la scène ?
Analyse
Les studios Disney ont depuis leur existence réalisé plusieurs projets de dessins animés, dont certains ont vu le jour, tandis que d'autres sont restés dans l'oubli, pour notre plus grand regret. Parmi eux, un projet presque achevé mais resté dans les cartons, dont le titre est Plight of the Bumble Bee, que l'on pourrait traduire en français par "la mésaventure du bourdon" ou "la faiblesse du bourdon". Le titre se rapproche du morceau de musique "le vol du bourdon" composé par Nikolai Rimsky-Korsakov. Mickey, dessiné de façon plus moderne, y prend une place secondaire, devancé par le bourdon Hector qui y joue une place de premier choix.
Pligt of the Bumble Bee a depuis quelques temps fait sa réapparition sur la toile, sous la forme d'une vidéo que vous pouvez voir ici, non colorisée et en version originale. C'est d'ailleurs une des rares vidéos que vous pouvez voir concernant un projet avorté des studios Disney, ce qui laisse penser que ce projet aurait bien pu voir le jour et semblait très crédible pour en faire un vrai court métrage, du moins c'était l'avis de certains. Jack Kinney, qui supervise le projet, est renommé pour avoir participé à la réalisation des meilleurs courts métrages des studios, en particulier les épisodes de la série Dingo dans les années 1940 et 1950, pour lesquels il s'est investi. Il est en outre le réalisateur de courts métrages sortis en 1951, comme Home Made Home (Dingo architecte) ou Cold Storage (Pluto et la Cigogne) pour n'en citer que deux. Grâce aux talents de Freddy Moore et des animateurs comme Hal King et Cliff Nordberg, le projet est presque achevé en 1951 et comprend un storyboard, un dialogue et une narration, une piste sonore et une animation bien avancée comme on peut le constater.
Selon certains, c'est Walt Disney qui aurait mis fin au projet, jugeant que les scènes à connotation alcoolique, notamment lorsque le bourdon Hector sirote un verre avec Mickey et se retrouve vite ivre, n'étaient pas appropriées pour le jeune public. Une autre raison est avancée par le directeur du projet, Jack Kinney, celle de la durée du dessin animé : "Le meilleur Mickey de tous les temps ne fut jamais achevé. Il s'appelait The Plight of the Bumble Bee, et son animation était finie. Il avait une durée très embarrassante (note : la durée du court métrage est d'environ 6 minutes 50), mais Fred (Freddy Moore) et Sib (?) savaient qu'on ne pouvait pas le raccourcir, alors on l'a mis au placard." D'après le site Disney animation archive, au début de l'année 1999, au moment où les studios travaillent sur la série télévisée Mickey Mania, il est envisagé d'inclure Plight of the Bumble Bee dans la série, ce qui est rejeté finalement. Néanmoins, les fans résistent et tentent de plaider pour une restauration de ce court inachevé, certains ont même écrit à John Lasseter pour réhabiliter Plight of the Bumble Bee et enfin le montrer au grand public dans une forme aboutie et colorisée. Affaire à suivre...
Références
Plight of the Bumble Bee sur le site Disney animation archive (anglais)
Plight of the Bumble Bee sur le site Cartoonz for U (anglais)
Plight of the Bumble Bee sur le site Allociné (français)
D'autres storyboards originaux de "Plight of the Bumble Bee" sur le site scribd.com
Vidéo originale
Plight on the Bumble Bee (anglais) sur le site Rutube.ru
Détails
Pays : États Unis
Walt Disney Studios
Série : Mickey Mouse
Date du projet : 1951
Réalisation :
Jack Kinney
Animation :
Hal King
Cliff Nordberg
Freddy Moore
Inscription à :
Messages (Atom)

















































