TRÉSORS DISNEY

Tous les courts métrages, créateurs et raretés des studios Disney : secrets de productions, projets avortés de courts métrages, documents originaux...




Modern Inventions (Inventions Modernes) (1937)

Résumé
Donald se rend au musée des Merveilles contemporaines pour y voir les toutes dernières avancées en matières d'automates : un robot-majordome, une machine à emballer les paquets, un robot-nourrice, un robot auto-stoppeur et même jusqu'au robot barbier-coiffeur. Dés son arrivée, il fait la connaissance du robot majordome lequel s'empresse de lui enlever son chapeau, avec une politesse anglaise, ce qui - on le devine - ne manque pas d'agaçer le braillard. Donald change d'ailleurs plusieurs fois de chapeau malgré lui, refusant de rester la tête nue : de son béret de marin traditionnel, il adopte successivement un haut de forme, un bicorne nous rappelant le chapeau de Napoléon, un bonnet pour bébé. Mais au fur et à mesure que notre ami parcoure les allées du musée, il fait la rencontre de plusieurs inventions, qui bousculent ses habitudes...



Analyse
Ce court ouvre une pléiade d'épisodes où Donald se retrouve confronté à l'univers des machines et des robots, qui prennent le contrôle sur l'homme. Inventions modernes sort en 1937, autrement dit dix ans après la sortie au cinéma du célèbre film allemand "Métropolis" de Fritz Lang; d'autres films et cartoons sur le même thème sortent dans les années 1920 et 1930, dont la série Donald Duck n'échappe évidemment pas. Sous des allures très futuristes, ce cartoon se veut moins sévère et moralisateur que les films du genre qui fleurissent à cette période, dont Métropolis. On peut cependant y voir de l'ironie vis à vis de tant d'inventions si peu utiles finalement à l'homme qui peut parfaitement être majordome, emballer des paquets ou même s'occuper d'enfants.

Les scénaristes se sont essentiellement appuyées sur certaines inventions où il y avait matière à réaliser des gags avec Donald, comme le robot-nurse ou le robot-emballeur, reléguant aux inventions anecdotiques l'ouvre bouteille mécanique ou encore l'éplucheur d'oignons automatiques qui figurent aussi dans le musée des Merveilles contemporaines. Carl Barks, dont vous pouvez voir un storyboard original plus loin, signe sa première contribution chez Disney pour le scénario de la scène avec le robot barbier, qui intervient vers la fin, où Donald peine à dompter la machine. C'est aussi la première fois que Jack King dirige un dessin animé aux Studios de Mickey. Coté imitation se joignent des acteurs américains comme Billy Bletcher (la voix originale du robot majordome) et Cliff Edwards (la voix originale du robot coiffeur-barbier), qui ont collaboré avec le talentueux Clarence "Ducky" Nash. Côté musique enfin, Les berceuses qu'écoute Donald sont tirées de la culture populaire anglaise, avec des chansons pour enfants comme "London Bridge is falling down" ou encore "Rock-a-Bye Baby".



Les années 1930 sont marquées par l'ère des machines, et comme le remarque Steven Watts, les studios Disney produisent d'autres courts métrages où apparait la "potentielle horreur de la science et de la technologie", comme le court The Mad Doctor (1933) où apparait Mickey. Watts y voit que "la plupart du temps, Disney avait comme objectif d'atteindre un juste milieu satirique, utilisant l'humour pour suggérer que le triomphe de la technologie avait été le germe de la discorde". Selon lui, Modern Inventions est un pastiche du film de Charlie Chaplin "Les Temps Modernes", où Donald entre dans un musée des merveilles contemporaines pour y être une victime. 

Références
Le musée des inventions modernes sur le site "2719 Hyperion" (anglais) 
Modern Inventions sur le site "Disney Shorts" (anglais)
WATTS (Steven), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life, p 75, 257 (anglais) 

Vidéos
Inventions Modernes sur Youtube (français)

Détails
Date de sortie : 29 mai 1937 (États Unis)
Couleur (Technicolor)

Directeur :
Jack King

Animation :
Jack Hannah
Paul Allen
Johnny Cannon

Scénario :
Carl Barks

Musique :
Oliver Wallace

Wilfred Jackson : " Walt était mon maître à penser"

Interview de Wilfred Jackson réalisée par Bob Thomas le 28 juillet 1973


Wilfred Jackson : Lorsque j'étais un petit garçon, j'ai toujours voulu être soit dessinateur dans un journal, ou, plus encore, un animateur. Je faisais des folioscopes (flipbooks en anglais) sur mes livres d'école. Une fois à Otis Art Institue, j'ai réalisé que tous les animateurs étaient à New York. Je ne voulais pas y aller. Puis j'ai entendu parler de Disney. Lorsque j'ai appelé le Studio, Walt répondit au téléphone. A l'époque, c'était lui ou Roy qui répondaient. Je partis pour le Studio avec des spécimens et Walt me dit : "Vous n'êtes pas encore prêt, il faut encore vous entraîner." Je lui dis :"Que dois-je étudier ?" Il me dit : "Il n'y a aucune manière pour apprendre"."Je travaillerai gratuitement ou je payerai les frais de scolarité si vous m'apprenez." "Parfait, Je vais vous embaucher pour une semaine et voir si vous être utile." Après la première ou la deuxième semaine, personne ne m'a dit que c'était terminé, alors je suis resté

Walt était mon maître à penser.

C'était une relation professeur à élève. Il savait comment faire ce que je voulais faire.  En étant le petit doigt de ​​la main gauche de Walt, j'ai pu accomplir plus par moi-même. D'autres animateurs et directeurs gagnaient plus, mais je ne lui en voulais pas. Je me sentais trop payé.

Références
GHEZ (Didier), Walt's People, volume 10, p 46 (anglais)

Donald's Better Self : documents originaux (1)

Document original pour Donald's Better Self (1939)

The Chain Gang : documents originaux (1)




Dessins originaux pour The Chain Gang (1930)

The Chain Gang (Symphonie enchaînée) (1930)

Résumé
Mickey s'évade d'un pénitencier où il était retenu prisonnier...

Analyse
Pluto apparait pour la première fois de sa carrière - relativement courte par comparaison avec les autres "super-stars" de Disney - dans The Chain Gang (titre que l'on pourrait traduire en français par "Symphonie enchaînée"), le 21e épisode de la série Mickey Mouse. Le nom de Pluto ainsi que ceux des autres chiens qui poursuivent Mickey dans sa fuite n’apparaît à aucun moment dans le dessin animé. D'ailleurs, les deux chiens qui le poursuivent sont identiques. Pour la petite histoire, le nom définitif de Pluto apparaît pour la première fois dans The Moose Hunt (La Chasse à l'élan). En 1930, Pluto n'est pas envisagé par les animateurs comme un personnage de premier plan avec un potentiel suffisant pour de futures histoires et encore moins pour donner naissance à une série spécifique (qui verra le jour en 1937 avec Pluto's Quin-puplets (Les Quintuplés de Pluto). De même, il n'est pas encore le fidèle chien de Mickey mais plutôt son adversaire puisqu'il le poursuit. Après avoir été un héros dans les courts métrages précédents, Mickey devient un vrai "dur" en étant captif de Pat Hibulaire, le gardien du pénitencier. Clarabelle - dont le nom apparaît pour la première fois dans The Shindig (La Fête joyeuse), est elle aussi détenue dans le pénitencier où Mickey se trouve.


The Chain Gang fait partie de ces quelques cartoons produits par Walt Disney après le départ d'Ub Iwerks des studios en 1930. L'animateur Norm Ferguson a contribué à d'autres courts métrages de la série Silly Symphonies, notamment dans les cartoons où apparaît le grand méchant loup, c'est aussi lui qui a dessiné le roi Midas en 1935 dans The Golden Touch (Le Roi Midas). C'est à Ferguson encore que l'on doit le dessin des limiers de la prison dans The Chain Gang, et la forme allongée des oreilles des chiens. La voix qui réalise les aboiements des chiens de la prison est celle de Pinto Colvig (qui doublera aussi Pluto de façon définitive). Walt Disney en personne double dans la version originale la voix de Mickey et de Minnie.

L'histoire de The Chain Gang est en réalité un remake d'un épisode de la série Alice comedies (Alice and the Jail Bird de 1925), où les gardes ressemblaient tous plus ou moins à Pat. On remarque en effet quelques ressemblances avec le cartoon de 1925, y compris lorsque les prisonniers défilent les uns derrière les autres, ou encore lorsqu'un chat tente d'arracher son boulet, ce que fait lui aussi Mickey en 1930 dans The Chain Gang. Concernant les scènes coupées dont il est toujours très intéressant de remarquer leur retrait, The Chain Gang ne manque pas à la règle : quelques scènes où les gardiens de la prison tirent sur les prisonniers en fuite ont été retirées à la sortie du film en 1930. The Chain Gang semble éclore dans une période où le thème de la prison et du milieu carcéral, en particulier aux États Unis, émerge au cinéma puisque qu'un film intitulé Je suis un évadé (le titre original est I am a fugitive from the chain gang) et réalisé par Mervin LeRoy sort aux États Unis en 1932. Ce film évoque la vie d'un prisonnier injustement condamné à la prison qui tente de s'évader, mais qui retourne vite en prison. Simple coïncidence ?

Références
WATTS (Steven), The Magic Kingdom: Walt Disney and the American Way of Life

Vidéos
The Chain Gang (1930) (français)

Détails
Date de sortie : 18 août 1930 (États Unis) par Columbia Pictures
Noir & Blanc

Autre(s) date(s) :
5 septembre 1930 : dépôt de copyright

Réalisation :
Burt Gillett

Animation :
David Hand
Charles Byrne

Voix originales :
Walt Disney (Mickey, Minnie)
Pinto Colvig (chiens de la prison)


 
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