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The Grasshopper and the Ants (La Cigale et la Fourmi) (1934)

Résumé La cigale ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue lorsque la bise fût venue... Analyse C'est d'après la ...


Résumé
La cigale ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue lorsque la bise fût venue...

Analyse
C'est d'après la fable bien connue du français Jean de La Fontaine, et d'après celle moins connue du grec Esope, que les studios Disney se sont inspirés pour cette Silly Symphony. Alors que la saison est belle et que la cigale chante - avec son violon s'il vous plaît ! - les fourmis s'attardent à leur travail et amassent les provisions pour l'hiver qui s'annonce. La naïveté et l'oisiveté de la cigale ne parvient même pas à décourager les braves fourmis qui pour la plus grande partie d'entre elles poursuivent le travail. De son côté, la cigale n'écoute pas les sages recommandations de la reine des fourmis, et préfère se laisser vivre. Mais l'hiver arrive vite et prend de vitesse la cigale, qui affamée, est contrainte d'aller demander secours aux fourmis...

La cigale est le personnage principal de cette histoire, sans doute inspiré par un oncle que Walt Disney avait particulièrement apprécié dans sa jeunesse. L'oncle Elf, à la peau tannée, au dos légèrement voûté aurait aussi servi de modèle pour Jiminy Cricket dans Pinocchio ou Simplet dans Blanche Neige et les sept nains. On doit à l'animateur Albert Hurter sa participation au scénario, mais aussi le design de la cigale, qui est particulièrement soigné, notamment son torse.

A la fin de l'année 1933, les directeurs des courts métrages participent de moins en mois à l'écriture du scénario et la création du scénario de The Grasshopper and the Ants (La Cigale et la Fourmi) n'échappe pas à cette logique. Bien que Wilfred Jackson soit le directeur du court métrage, Billy Cottrell est largement responsable de l'écriture du scénario, du dialogue ainsi que des paroles de la musique.

La chanson "The World Owes Me a Living" (en français, "Crois-moi il faut se laisser vivre"), chantée par Pinto Colvig, la voix originale de la cigale, sera plus tard la musique associée au personnage de Dingo. La musique, écrite tout spécialement pour le court métrage par Leigh Harline (musique) et Larry Morey pour les paroles,  parle de ceux qui se reposent aujourd'hui et qui devront travailler le lendemain. Sur le même air, la musique est chantée à la fin du récit, mais montre cette fois-ci que la cigale a compris la leçon, ce n'est plus "Crois-moi il faut se laisser vivre" mais "C'est à vous que je dois la vie".

The Grasshopper and the Ants est, après le succès retentissant de Three Little Pigs (Les Trois Petits Cochons, 1933), une histoire "anti-dépression" selon les mots de Nicholas Sammond. D'un autre côté, le court métrage est une parabole "qui enseigne les vertus de politesse et d'entraide dans l'esprit des autres histoires de Disney, comme Playful Pluto (1934), montrant aussi le compromis entre le travail et le repos.

La morale de l'histoire est la même que celle voulue par La Fontaine :  il faut d'abord travailler et ne jamais manquer à ses devoirs, pour pouvoir se reposer par la suite. Walt Disney fut critiqué pour sa réinterprétation de la fable de Jean de La Fontaine, notamment pour avoir ôté l'aspect tragique de la fable originale, qui veut que la cigale meurt de froid et de faim. Au lieu de la mort de la cigale, la reine des fourmis ordonne de ramener le violoniste dans la maison des fourmis.

Selon Douglas Brode, "si Disney avait suivi la fable d'origine, cela aurait fait de lui un défenseur du darwinisme social (ndlr : doctrine qui veut que les plus aptes survivent tandis que les moins aptes disparaissent). Au lieu de cela, c'est une démocratisation du mythe. La communauté d'esprit libérale, guidée par la raison et dirigée par un leader féminin (Disney défendait la cause des femmes), permet de réhabiliter la cigale. Elle peut rester, seulement si elle accepte de faire du violon."

Douglas Brode poursuit : "Walt Disney mettait en évidence que le travail créatif , plutôt que l'effort physique, mène au succès. C'est ce qu'il fit pour The Grasshopper and the Ants." La dernière image du film est purement intentionnelle à destination de son frère, qui, lorsque les enfants grandissaient, disait à Walt et à Roy que "le diable était dans le violon".

Note
4.5/5

Détails
Date de sortie : 10 février 1934 (États Unis) par United Artists
Couleur (Technicolor)

Autre(s) date(s) :
1er février 1934 : dépôt de copyright

Réalisation :
Wilfred Jackson

Animation :
- équipe principale : 
Dick Huemer
Frenchy de Trémaudan
Leonard Sebring
Dick Lundy
Bill Roberts
Art Babbitt
Ham Luske
Les Clark

- équipe de Ben Sharpsteen :
Tom McKimson
Cy Young
Ed Smith

Layout :
Hugh Hennesy

Scénario :
Bill Cottrell
Albert Hurter

Musique originale :
Leigh Harline ("The World Owes Me a Living")
Larry Morey

Voix originales :
Pinto Colvig (la cigale)

Voix françaises :
Gérard Rinaldi (la cigale)

L'équipe
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Wilfred Jackson Réalisateur
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Dick Lundy Animateur
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Les Clark Animateur
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Leigh Harline
Compositeur
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Pinto Colvig
Voix originale
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