TRÉSORS DISNEY

Tous les courts métrages, créateurs et raretés des studios Disney : secrets de productions, projets avortés de courts métrages, documents originaux...





Straight Shooters (1947)

Résumé
Donald gère un stand de tirs dans une fête foraine et tente de tenir en échec ses neveux, déterminés à remporter plus de lots...

Analyse
L'année 1947 voit le rebond de la production des courts métrages de Donald, passant de cinq en 1946 à huit en 1947, marquant ainsi le début d'une nouvelle ère pour le canard. De nouveaux personnages émergeront ainsi sur le devant de la scène, à commencer par Pépé le grillon dans Bootle Beetle, ou encore Tic et Tac, apparus en 1943 dans Private Pluto, mais qui seront pour la première fois confrontés à Donald dans Chip an' Dale (1947). Parallèlement à ces courts métrages, Donald influencera de nombreuses bandes dessinées et publications dans le monde entier, donnant une nouvelle dimension au personnage. L'oncle Picsou apparaîtra ainsi pour la première fois aux côtés de son neveu Donald dans une histoire dessinée par Carl Barks, Christmas on Bear Mountain, publiée en décembre 1947.

En 1947, Donald surpassait de loin en popularité son principal rival, Mickey, dont la production des courts métrages avaient été freinée depuis 1942, avec deux films voire moins réalisés chaque année. Dans un article du New York Time Magazine de 1947, Frank Nugent soulignait ce changement historique, estimant que "Mickey était devenu contraint par son image policée. Donald n'avait pas de telles limites, il pouvait être diabolique".


Straight Shooters offre à Donald une occasion de plus de démontrer sa mauvaise fois face à ses neveux. Alors qu'il tient un stand de tir, l'irascible canard s'aperçoit que ces joueurs, très doués à la carabine, risquent de gagner plusieurs lots. Donald à un plan pour éviter ses clients de gagner : tricher à chaque occasion pour les faire perdre, y compris quand les joueurs sont ses propres neveux. Comme on peut s'y attendre, les triplés ne vont pas se laisser faire plus longtemps et vont riposter à leur oncle en imaginant un stratagème. Au terme d'un jeu de rôles assez bien mené, où Riri, Fifi et Loulou vont se déguiser en femme dans un décor égyptien pour attirer leur oncle dans un piège, Donald sera remit à sa juste place et recevra une petite leçon bien méritée de la part de ses neveux.

L'histoire de Straight Shooters, assez prévisible par moments, conserve cependant tout son charme et son humour, avec un Donald et des neveux au plus haut de leurs formes. Le scénario imaginé par MacDonald MacPherson et Jack Huber semble, en effet, toujours rebondir sur de nouveaux gags, tous aussi rafraîchissants, maintenant le spectateur en haleine à chaque instant.

Références
GRANT (John), Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors : A Biographical Dictionary
HOLLISS (Richard), SIBLEY (Brian), The Disney Studio Story
LENBURG (Jeff), The Encyclopedia of Animated Cartoons
MALTIN (Leonard), The Disney Films
SMITH (Dave), Disney A to Z : The Updated Official Encyclopedia
WATTS (Steven), The Magic Kingdom : Walt Disney and the American Way of Life

Vidéos
Straight Shooters (1947) sur Youtube (VO sous titrée français)

Détails
Date de sortie : 18 avril 1947 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Jack Hannah

Animation :
Bill Justice
Volus Jones
Judge Whitaker
Fred Jones
Thelma Witmer (background)
Yale Gracey (layout)

Scénario :
MacDonald MacPherson
Jack Huber

Musique originale :
Oliver Wallace

Voix originales :
Clarence Nash (Donald / Riri, Fifi & Loulou)

Mother Goose Melodies (Les Chansons de la Mère l'Oie) (1931)

Résumé
Divers personnages d'un livre de contes prennent vie, chantent et dansent, au grand amusement du roi Cole...

Analyse
En 1931, la série musicale Silly Symphonies connut un tournant majeur avec le développement d'histoires basées sur les contes et autres légendes populaires. Les comptines pour enfants et la mythologie ont alors influencé de nombreux courts métrages, comme c'est le cas dans Playful Pan (1930), un cartoon où le demi-dieu Pan de la mythologie grecque occupe le rôle principal. Passé le départ d'Iwerks et de Stalling, les animateurs se libérèrent de certaines contraintes en mettant davantage l'accent sur le récit et les personnages, et cela est particulièrement vrai dans Mother Goose Melodies.

Pour réaliser ce court métrage, les animateurs puisèrent en grande partie dans la littérature européenne, les Contes de la Mère l'Oie de Charles Perrault et dans d'autres histoires, ce qui leur permit de faire référence à de nombreux personnages haut en couleurs. Cette idée d'utiliser des contes intemporels pour en faire des cartoons remonte en réalité aux Laugh-O-Grams des années 1920, où Disney s'était inspiré des contes de Cendrillon et du Petit Chaperon Rouge pour ses courts métrages.

Mother Goose Melodies reprend à son compte plusieurs personnages issus de ces contes populaires, comme ceux de la Mère l'Oie, mais aussi ceux des histoires pour enfants comme Humpty Dumpty, Jack Horner ou encore le Vieux Roi Cole pour n'en citer que quelques uns. Ces différents personnages sont présentés comme sortant d'un livre pour enfants, dans lequel ils étaient inanimés jusqu'à présent. Une fois le livre "Mother Goose" ouvert, les personnages prennent vie et dansent, pour le plus grand plaisir du roi Cole.

Si certains personnages nous sont familiers – c'est le cas du Roi Cole, lequel sera un personnage clé du court métrage Old King Cole (1933) –, d'autres semblent à l'inverse complètement tombés en désuétude de nos jours. Rappelons ainsi Little Miss Muffett, Jack et Jill (ils rencontreront Simple Simon au somment d'une colline), Humpty Dumpty, Little Jack Horner, Little Bo Peep, Little Boy Blue ou encore Hey Diddle Diddle.

Mother Goose Melodies passe pour un court métrage divertissant et original, nous faisant découvrir des personnages de comptines dans une atmosphère toujours joyeuse et musicale. Malgré un fil conducteur décousu, en raison des nombreux personnages apparaissant méli-mélo les uns avec les autres, Mother Goose Melodies offre une des meilleures animation de l'époque, démontrant une certaine maturité atteinte pour la série Silly Symphonies.

La critique du Moving Picture Herald en date du 9 mai 1931 saluera ainsi "l'illusion de la vie réelle de certains personnages" de Mother Goose Melodies et une "animation autant réussie". Le court métrage connaîtra une suite dans Mother Goose Goes Hollywood (1938), où les stars d'Hollywood seront remplaceront les personnages de contes. Mother Goose Melodies inspirera enfin les studios Fleischer pour leur cartoon Mother Goose Land (1933), lequel reprend dans les grandes lignes le film de Disney, en ajoutant, cette fois, le personnage de Betty Boop...

Références
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors : A Biographical Dictionary
HOLLISS (Richard), SIBLEY (Brian), The Disney Studio Story
LENBURG (Jeff), The Encyclopedia of Animated Cartoons
MALTIN (Leonard), Of Mice and Magic : A History of American Animated Cartoons
MALTIN (Leonard), The Disney Films
MERRITT (Russell.), KAUFMAN (J.-B), Walt Disney's Silly Symphonies : A Companion to the Classic Cartoon Series
MOEN (Kristian), Film and Fairy Tales : The Birth of Modern Fantasy
SMITH (Dave), Disney A to Z : The Updated Official Encyclopedia

Vidéos
Mother Goose Melodies (1931) sur Youtube

Détails
Date de sortie : 16 ou 17 avril 1931 (États Unis) par Columbia Pictures
Noir & Blanc

Autre(s) date(s) :
23 avril 1931 : dépôt de copyright
1 au 17 mai 1931 : première à Chicago au McVicker

Réalisation :
Burt Gillett

Animation :
Ben Sharpsteen
David Hand
Norm Ferguson
Jack King
Rudy Zamora
Johnny Cannon
Les Clark
Dick Lundy
Tom Palmer
Emil Flohri (background)
Carlos Manriquez (background)

Musique originale :
Bert Lewis
Frank Churchill
"Old King Cole"
"Little Jack Horner"
"Little Boy Blue" 
"I'm a Little Bo Peep"

Voix originales :
Marion Darlington (sifflements)
Walt Disney (Jack Horner)
Allan Watson (Roi Cole)



 
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