TRÉSORS DISNEY

Tous les courts métrages, créateurs et raretés des studios Disney : secrets de productions, projets avortés de courts métrages, documents originaux...





Mickey's Good Deed (Mickey Père Noël) (1932)

Résumé
La veille de Noël, Mickey joue de la musique sous la neige en compagnie de Pluto...

Analyse
Mickey's Good Deed est, après Mickey's Orphans (1931), le deuxième court métrage de la série à s'intéresser à la fête de Noël. Il apporte cela dit un nouvel éclairage sur cette période, particulièrement propice aux actes de charité et plus largement à la solidarité, en faisant figurer Mickey dehors sous la neige, accompagné de son fidèle ami Pluto, jouant des cantiques de Noël afin de recueillir, sans grand succès hélas, de l'argent pour survivre. Fait nouveau dans la série, Mickey et Pluto sont ici montrés comme de pauvres artistes de rue, sans foyer, contrairement à ce qu'ils nous avaient habitués auparavant.

En 1932, la Grande Dépression frappait durement les Etats-Unis depuis plusieurs années déjà, aussi c'est pour lutter contre cette crise économique, d'une façon différente que dans Three Little Pigs (1933) qui jouera sur le ton de l'humour, que Mickey agit en cette période de Noël. Mickey's Good Deed montre bien la dure réalité de la crise qui sévit alors. Pluto et Mickey jouent de la musique dans la rue sous la neige pour se nourrir, et ils passent près d'une maison habitée par un riche cochon et son fils Aldebert qui souhaite avoir Pluto ; un majordome sort alors et propose à Mickey d'acheter son chien pour l'offrir en cadeau au dernier de la famille. L'offre est refusée par Mickey, et les deux amis se retrouvent poursuivis par le majordome et sa liasse de billets.

Dans la fuite, le violoncelle de Mickey est malheureusement cassé par un traîneau. Après avoir fait la découverte d'une famille pauvre et vivant dans la misère (vraisemblablement celle de Pat Hibulaire), Mickey se ravise et accepte de vendre en désespoir de cause Pluto au riche cochon afin de récupérer l'argent et offrir des cadeaux aux petits chats de la famille. Pendant ce temps, le chien de Mickey est littéralement maltraité par le petit Aldebert et subit les caprices du rejeton. Par bonheur, Pluto finira par se sortir de ce mauvais pas, sans oublier d'apporter à Mickey, sans le faire exprès, le repas pour Noël...


Mélancolique en apparence, Mickey's Good Deed offre à la star de l'animation de l'époque un rôle très touchant, le montrant en victime collatérale de la crise économique de 1929, dans une des plus grandes réalisations de Burt Gillett. Mickey n'est plus seulement un gars amusant ou un aventurier prenant des risques, il sait aussi se montrer généreux avec plus pauvre que lui. Après avoir vendu son chien Pluto, il aurait pu garder l'argent pour lui mais au lieu de cela, Mickey décide d'offrir un Noël inoubliable aux enfants pauvres ; c'est la principale morale de l'histoire : soyez généreux avec plus pauvre que vous et votre action sera récompensée.

L'autre message fort porté par Mickey's Good Deed est de redonner espoir aux millions d'Américains subissant durement la crise économique. La situation de Mickey sur le plan économique n'est pas forcément meilleure à la fin de l'histoire qu'au début : il n'est ni plus riche ni plus pauvre mais il a réalisé une bonne action en aidant une famille en difficulté et surtout en offrant des jouets aux enfants ; cela montre que c'est dans les moments difficiles qu'il faut s'entraider pour s'en sortir.

Mêlant à la fois des situations dramatiques, la pauvreté et la faim, à un humour splastick dont Pluto fera les frais, Mickey's Good Deed est aussi un des meilleurs exemples du comique burlesque. Il incarne par ailleurs un des traits de génie de Walt Disney : prendre des situations simples, avec des gags et des personnages très différents, avec beaucoup de personnalité, et en faire un bon divertissement pour toutes les générations. Figurant parmi les courts métrages Disney traitant de Noël, Mickey's Good Deed est un classique de l'animation à voir et à revoir sans hésiter !

Références
BARRIER (Michael), The Animated Man : A Life of Walt Disney
BRODE (Douglas), From Walt to Woodstock : How Disney Created the Counterculture
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors : A Biographical Dictionary
LENBURG (Jeff), The Encyclopedia of Animated Cartoons
SMITH (Dave), Disney A to Z : The Updated Official Encyclopedia
WATTS (Steven), The Magic Kingdom : Walt Disney and the American Way of Life

Vidéos
Mickey's Good Deed (1932) sur Youtube

Détails
Date de sortie : 17 décembre 1932 (États Unis) par United Artists
Noir & Blanc

Autre titre : Mickey's Xmas Picture ?

Réalisation :
Burt Gillett

Animation :
Johnny Cannon
Les Clark
Frenchy De Tremaudan
Norm Ferguson
Gerry "Clyde" Geronimi
Hardie Gramatky
Dick Lundy
Tom Palmer
Ben Sharpsteen

Musique originale :
Bert Lewis

Voix originales :
Walt Disney (Mickey)
Pinto Colvig (Pluto, voix du père)

Bellboy Donald (Donald groom d'hôtel) (1942)

Résumé
Donald, groom dans un hôtel, doit maîtriser ses nerfs face à un client et son fils...

Analyse
Bellboy Donald marque la toute première apparition du fils de Pat Hibulaire, alors connu sous le nom de Junior. Pat, qui était précédemment un patron tyrannique face à Donald dans The Riveter (1940) et Timber (1941), se retrouve ici pour la première fois en riche client d'un hôtel prestigieux où travaille Donald ; lui et son fils se montrent insupportables, Junior rivalisant d'imagination pour martyriser Donald, bien obligé de garder son sang-froid sous peine de se faire licencier par son responsable. A l'image d'autres courts métrages comme Window Cleaners et The Riveter, Bellboy Donald installa dans les esprits l'idée que l'irascible canard avait quitté la campagne pour s'installer en ville et rechercher de meilleures conditions de vie. Mais en fin de compte, il avait perdu son indépendance et sa situation ne s'était pas vraiment améliorée...


Il faut croire que l'irascible canard, essentiellement à cause de son tempérament, ne pouvait pas garder un emploi durablement. A chaque fois qu'il trouvait un nouveau job, il était pour ainsi dire condamné à le quitter peu de temps après et à un trouver un autre et ainsi de suite. Même s'il se force à maîtriser ses nerfs, la vraie nature de Donald finit toujours par prendre le dessus. Il obtient ainsi le dernier mot face au gamin de Pat, après avoir tant supporté de sa part, et décide finalement de régler le problème à sa façon après avoir démissionné de son poste. Bellboy Donald constitue sûrement, avec Trombone Trouble (1944), une des meilleures interactions entre Donald et Pat. Ces situations où le canard était pour ainsi dire le souffre-douleur le rendaient plus sympathique qu'il n'avait été jusqu'à présent.

Références
ANDRAE (Tom), Carl Barks And the Disney Comic Book : Unmasking the Myth of Modernity
HISCHAK (Thomas S.), Disney Voice Actors : A Biographical Dictionary
LENBURG (Jeff), The Encyclopedia of Animated Cartoons
MALTIN (Leonard), Of Mice and Magic : A History of American Animated Cartoons
MALTIN (Leonard), The Disney Films
SMITH (Dave), Disney A to Z : The Updated Official Encyclopedia
WATTS (Steven), The Magic Kingdom : Walt Disney and the American Way of Life

Vidéos
Bellboy Donald (1942) sur Youtube (vo)

Détails
Date de sortie : 18 décembre 1942 (États Unis) par RKO Radio Pictures
Couleur (Technicolor)

Réalisation :
Jack King

Animation :
Paul Allen
Ed Love
Jim Armstrong

Scénario :
Carl Barks
Jack Hannah

Musique originale :
Oliver Wallace

Voix originales :
Clarence Nash (Donald)
John McLeish (Pat Hibulaire / Pat Junior)



 
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